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Sophie Marceau reste depuis 20 ans la comédienne française la plus populaire, et l'une des plus "bankable" du système. La quarantaine rayonnante, elle continue de séduire le public avec des comédies modernes, charmantes. On aimerait la revoir dans des films plus dramatiques, filmée par de grands cinéastes... |







(c) Ecran Noir 96 - 10 |
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Coeurs transis ou coeurs brisés, en un clic fixez sa cote.
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Votes : 1225 Cote : 56 %
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FREQUENCE GREG'
Greggory avait l'image d'un jeune beau gars, fade, grand, mal à l'aise dans son corps, le genre de mecs qui ne sait pas ce qu'il fout devant une caméra. Mais qui s'éclate dans la vie. De bars en bars, de boîtes en boîtes, sans allure, il navigue de l'univers de Rohmer - "qui utilise les acteurs pour ce qu'ils sont" - en films oubliables. Pas le genre à s'imposer à un néant total question carrière.
Le destin de Greggory se jouera dans les années 90.
Plus vieux, plus mature, avec une autre tête, un pygmalion, une prise de conscience. Toutes ses révélations qui transforment un homme. Comment un fan de techno comme lui aurait-il pu être dans son élément avant les années 90?
Chéreau et lui se croisent dans un resto du Marais, leur QG. Quartier gay. Patrice Chéreau "recherche les défauts des acteurs et il aime leur faire des choses qu'ils n'ont jamais faites."
Greggory est mauvais comédien. Il va apprendre. Il se déteste. Il rase sa tête, se muscle, part en psychothérapie. Il forge son look et son mental. Il transforme l'essai sur les planches d'abord, puis dans La Reine Margot, en dauphin du roi, homo et violent.
Maintenant qu'il contrôle sa vie, sa carrière, qu'il choisit ses rôles, avec une certaine dose de risques, qu'il cherche l'aventure et non pas le confort, il enchaîne projets sur projets, et parmi les plus ambitieux: Chéreau (homme blessé et introverti), Ruiz (avec Deneuve et Béart), Bounik (en taulard quasi macho), et Besson (dans Jeanne d'Arc).
Ce Dandy des soirées a le sourire ravageur des gens charmants mais cachant bien leur jeu. On le dit d'ailleurs ami du faux nice guy et vrai rebelle Johnny Depp.
Si aujourd'hui, sur le tard, il a une côte jamais atteinte, au sommet donc, il le doit à ce cumul Rohmer-Chéreau, cet étrange mélange entre réalité mélodramatique (innocence) et romantisme flamboyant et gothique (violence froide). Il a la séduction d'un homme jeune et le physique d'un quarantenaire qui assure. Assumant de mieux en mieux sa part de féminité (c'est lui qui le dit), Greggory n'espère qu'une chose: devenir une de ces gueules de ciné qu'on retient.
Car il y a forcément un égo qui s'est réveillé après des années d'auto-indifférence...
Il navigue de rôles violents, des méchants sadiques, en quadras tourmentés par ses sentiments et sa sexualité. Il passe de Dahan à Zulawski, de jeunes auteurs remarquables à des grosses productions type série B. De La confusion des genres à Phèdre (à l'Odéon) en passant par Arsène Lupin.
Pourvu que le cinéma français sache exploiter cette tardive éclosion artistique. Lui-même ne demande qu'à (se) découvrir...
vincy

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