Matt Damon est une star complète. l'un des rares à pouvoir rivaliser avec Di Caprio, Pitt ou encore Washington, sans avoir à être un super-héros. Un film avec Damon c'est presque un film de Damon. Un truc à l'ancienne. le Mans 66 est de cette trempe. Doté d'un solide second-degré, il reste malgré tout très soucieux de ses choix. L'an prochain on le verra dans un Ridley Scott, The Last Duel, qu'il a coécrit avec Ben Affleck et un thriller de Tom McCarthy, coécrit par le français Thomas Bidegain.



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LA CRISE... DE RIRE!





Et de vingt !
Vingt films en quinze ans ; pas mal pour un comique de scène. Avouons qu'un tel talent et un tel mordant ne pouvaient rester cloisonnés dans quelques mètres carrés de planches sans déborder rapidement. Une vague de rire acide va donc bientôt déferler sur les plateaux télé où Timsit redouble d'énergie à faire le pitre, avant de s'essayer au cinéma qui lui fait les yeux doux. Aujourd'hui sous la coupe de son complice Richard Berry, Timsit incarne "l'amant parfait", aux prises avec un entraînement spartiate censé lui apporter vigueur et théorie dans l'art de faire grimper la femme aux rideaux. Et s'il excelle naturellement dans le registre de la comédie, Timsit-acteur brille également dans le contre-emploi, tour à tour émouvant en clochard renfermé, pitoyable en indicateur dépressif ou encore effrayant en tueur sadique. En deux mots : fascinant et tordant.

Patrick Timsit voit le jour sous le soleil d'Alger en 1969, avant de rentrer en France quelques années plus tard avec toute sa famille. Loin d'être l'élève modèle dont rêvait sa mère, le jeune Patrick se passionne essentiellement pour les blagues et autres facéties qui lui confèrent très tôt la réputation de clown auprès de ses camarades et de ses professeurs.
Lassé par des études pourtant sommaires, il quitte le milieu scolaire dès l'obtention du bac pour se lancer dans la vie active. Son premier métier pourrait situer à lui seul le contexte d'un film comique puisque le jeune homme se lance dans l'import-export de ratatouille. Sa capacité à séduire les gens par une "tchatche" impressionnante le prédestine naturellement aux métiers du commerce. À 22 ans, après une indigestion de ratatouille, Timsit se lance alors dans l'immobilier et ouvre sa propre agence. Sa passion pour la communication et le contact, doublée d'un sens de l'humour à toute épreuve, lui assurent une série de ventes faciles et une affaire prolifique.

Découvrant fortuitement le monde du théâtre, il deviendra rapidement membre d'une troupe d'acteurs et participera à la mise en place d'une pièce signée Robert Pinget : "L'architruc". Dès lors, l'optique de vie du jeune agent immobilier change du tout au tout et il se met à écrire sa propre pièce, le soir, après sa journée de travail. Les femmes et les enfants à mort sera présenté avec un certain succès au théâtre de Montparnasse et suscitera l'engouement au Festival d'Avignon. Claude Confortés, le metteur en scène qui l'a aidé à monter cette pièce travaille alors sur un projet de long-métrage et propose un petit rôle à Timsit. Paulette , la pauvre petite milliardaire sera donc l'occasion pour l'apprenti comédien de se confronter à l'oeilleton de la caméra. C'est la révélation, il se débarrasse de l'agence immobilière et décide d'exploiter sa faculté à faire rire pour écrire des spectacles de one-man-show. C'est d'entrée le triomphe avec "Patrick Timsit lâche le morceau" et "Timsit déboule et débile" en 1987. Amateur d'un humour corrosif et un zeste méchant, Timsit trouve vite un public enthousiaste et aussi bon nombre de détracteurs. Cette particularité humoristique lui jouera d'ailleurs un mauvais tour au cours d'une réplique de mauvais goût sur les trisomiques, qui lui vaudra notamment une comparution au tribunal correctionnel.

Au début des années 90, impossible d'échapper à l'humoriste qui participe à un nombre incalculable d'émissions télé et autres caméras cachées. Gérard Jugnot fait appel à lui pour le rôle drôle et pathétique d'un clochard dans Une époque formidable en 1991. Brillant, le comédien ne cessera de tourner pour le grand écran par la suite. L'année suivante, c'est La crise, de Coline Serreau, qui imposera définitivement Patrick Timsit dans l'esprit des spectateurs puisqu'il s'y révèle touchant dans son personnage de paumé maladroit et collant. L'acteur n'en abandonne pas pour autant la scène, et écrit son plus grand spectacle : "Timsit, vite !", qu'il joue en alternance entre les tournages.

Les propositions de cinéma vont s'enchaîner, et Timsit se verra confier des seconds et des premiers rôles dans bon nombre de comédies à succès. Fidèle, il aime surtout travailler et re-travailler avec les mêmes comédiens ou metteurs en scènes. Ainsi, il rejoint Thierry Lhermitte avec qui il jouait dans Un indien dans la ville pour Le prince du Pacifique, sorti dernièrement. Sa collaboration avec Vincent Lindon dans La Crise, La belle verte et ensuite dans Paparazzi sera des plus truculentes. Mais son vrai "pote", c'est Richard Berry, son "boss" dans Pédale Douce et le metteur en scène de L'art (délicat) de la séduction qui sort cette semaine. Amusante inversion des rôles puisque Timsit dirigeait Berry en 1999 sur le tournage de Quasimodo d'El Paris, sa première réalisation.

En multipliant les casquettes, il tente l'aventure quand Alain Corneau lui propose le second rôle d'un film noir, Le cousin, où il fera équipe avec un autre comique, Alain Chabat.
Tous deux y sont surprenants de vérité dans cette sombre histoire policière loin de leurs "déconnades" habituelles. Timsit ne craindra pas de renouveler l'expérience en interprétant le psychopathe sadique et inquiétant dans Passage à l'acte. Pas de doute, en dix ans, Patrick Timsit a su s'imposer comme l'un des acteurs les plus complets et les plus reconnus du cinéma Français. La plupart des films dans lesquels il figure sont des succès et il n'est pas interdit de se demander si ce même succès est dû au choix habile du comédien sur ses projets ou à sa simple présence sur l'affiche.

Romain - Mars 2001


 
 
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