Denzel Washington est une star depuis 25 ans. Encore aujourd'hui, il continue de dominer le box office, quasiment à chacun de ses films. Le remake des Sept mercenaires était taillé pour lui. ll devrait enchaîner avec un polar de Dan Gilroy, un drame d'époque qu'il a réalisé et la suite d'Equalizer. A 62 ans (et oui) très bientôt, Denzel ne semble pas fatiguer de jouer les héros.



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FRANCOIS 1ER





La biographie de François Truffaut se confond très tôt avec sa filmographie, avec ses films : sans être à strictement parler autobiographiques, ses films, au moins un certain nombre (Les Quatre Cents Coups et la série des "Aventures d'Antoine Doinel"), s'inspirent d'événements vécus ou d'obsessions très personnelles, et, surtout, François Truffaut se consacre entièrement, presque exclusivement, au cinéma.

Tout commence avec la naissance, avec le secret de la naissance. On sait que François Truffaut est né le 6 février 1932 à Paris, et qu'il est officiellement le fils de Roland Truffaut, architecte-décorateur, et de Jeanine de Montferrand, secrétaire à L'Illustration. Ce que François Truffaut n'a appris que tardivement, c'est que Roland Truffaut n'était pas son véritable père. De cela, il ne parlera pas publiquement, mais les traces subsistent. Il a raconté que sa mère ne le supportait pas, qu'il devait se faire oublier, rester sur une chaise à lire, qu'il n'avait le droit ni de jouer, ni de faire du bruit. Souvent confié à ses grands-mères, c'est d'elles qu'il tient le goût, pour ne pas dire la passion, de la lecture. Un véritable refuge pour un enfant "pas aimé ou ignoré", n'ayant que de rares mais très fidèles amis.

La lecture est un refuge, une passion qu'il conservera toute sa vie. Adulte, son appartement et son bureau seront remplis de livres, il gardera l'habitude d'en acheter beaucoup, en plusieurs exemplaires, pour pouvoir les envoyer ou les offrir à des amis. Il se passionnera également pour l'édition, consacrant autant de temps à son livre d'entretiens avec Alfred Hitchcock qu'à un de ses films, rédigeant de nombreuses préfaces, se faisant l'éditeur, par exemple, des oeuvres de son père spirituel, André Bazin.

Le cinéma devient vite aussi important, sinon plus, que la lecture, une "évasion encore plus forte". Le premier souvenir de cinéma de François Truffaut remonte au début de l'Occupation, quand le cinéma était "devenu un refuge, et pas seulement au sens figuré". Dès l'âge de huit ans, le futur cinéaste de La Nuit américaine commence à fréquanter les salles obscures, d'abord avec ses parents, puis seul, et même en cachette. Ses souvenirs d'école buissonière seront liés au cinéma. Les Quatre Cent Coups donnent une assez bonne idée de ce qu'a pu être l'adolescence de Truffaut, avec une très mauvaise scolarité et de rares amis : ceux qui partageaient ses fugues et ses goûts pour les films réputés artistiques ou difficiles. Dès 1945, à l'âge de treize ans, il se forge ses propres opinions, ses propres goûts, qu'il ne reniera jamais : Chaplin, Guitry, Vigo, Cocteau, Renoir, Bresson, Welles, Hitchcock. Il devient très vite ce que l'on appellera par la suite un "cinéphile", voit et revoit les films, découpe des articles, fréquente les ciné-clubs, en fonde un lui-même dans des conditions rocambolesques. C'est ainsi qu'il rencontrera André Bazin, qui deviendra le père qu'il aurait voulu avoir, qui le sauvera de la (petite) délinquance, qui le sortira de la prison militaire quand il sera porté déserteur et qui le fera entrer aux Cahiers du cinéma à partir de 1953.

François Truffaut a tout juste vingt ans quand il devient un des "jeunes Turcs" de la critique française, avec des amis qui ont nom Jacques Rivette, Claude Chabrol, Jean-Luc Godard et Eric Rohmer. Ceux de la future "Nouvelle Vague". Ensemble, ils prennent fait et cause pour des cinéastes méconnus ou jugés uniquement commerciaux, comme Alfred Hitchcock et Howard Hawks.

Ils se font partisans systématiques, volontiers terroristes, de ce qu'ils appellent eux-mêmes la "politique des auteurs". Pour toute la "bande des Cahiers", la question ne se pose même pas : ils seront cinéastes pour aller jusqu'au bout de leurs idées, de leur conception du cinéma, très éloignée des tendances, violemment condamnées, d'un "certain cinéma français", dit "de qualité", représenté par des hommes qui doivent leur carrière à l'Occupation et qui ont le défaut d'occuper le terrain et de réaliser des films loin de la réalité, loin de la vie.

Réalisé en 1954, dans des conditions plus que précaires, le premier court-métrage de François Truffaut n'a qu'une valeur anecdotique : Une visite n'a guère de scénario, est interprété par des amateurs et, du propre aveu de son auteur, a comme seul intérêt de lui montrer "ce qu'il ne faut pas faire". Il ne le projettera qu'à quelques amis. Quand il tournera Les Mistons, trois ans plus tard, en 1957, il sera autrement maître de ses moyens. Critique turbulent, mais en place, célèbre et redouté pour ses prises de position catégoriques, il a été à l'école d'un de ses maîtres, Roberto Rossellini, et peut désormais apprécier la distance qui sépare la critique, étape nécessaire, de la mise en scène. Les Mistons montreront de vrais amoureux (le couple ami Bernadette Lafond-Gérard Blain) et de vrais enfants filmés en décors réels (Nîmes et la campagne environnante). Ce film court (23 mn) est le véritable prélude de toute son oeuvre. S'y manifestent déjà son intérêt pour l'enfance et sa volonté de rester "très près du documentaire". Enfin, François Truffaut a créé sa propre structure de production, Les Films du Carosse (en hommage au Carosse d'or, de Jean Renoir, film particulièrement admiré), société mise en place avec l'aide son beau-père, un important distributeur de films unanimement respecté par la profession : cette même année 1957, il épouse Madeleine Morgenstern, qui lui donnera deux filles, Laura et Ewa, nées respectivement en 1959 et 1961.

Tourné en un week-end, en 1958, pendant les inondations, monté et commenté par Jean-Luc Godard, Histoire d'eau n'est qu'une parenthèse légère dans la filmographie de ses deux cosignataires. Il reste surtout à Truffaut à réaliser son premier long métrage. Ce sera évidemment un film sur l'adolescence, en partie - mais en partie seulement - autobiographique et interprété par un inconnu de quatorze ans, Jean-Pierre Léaud, que l'on retrouvera dans le même personnage d'Antoine Doinel tout au long de la filmographie de l'auteur, à la fois double, alter ego et "fils spirituel". Au même titre que Le beau Serge de Claude Chabrol, d'A bout de souffle de Jean-Luc Godard, de Paris nous appartient de Jacques Rivette ou du Signe du Lion d'Eric Rohmer, Les Quatre Cents Coups peut être considéré comme l'un des manifestes de cette "Nouvelle Vague", qui prend alors le "pouvoir" dans le cinéma français. Véritable triomphe critique (cette année-là, c'est l'événement du festival de Cannes) et public, Les Quatre Cents Coups assoit définitivement la place de François Truffaut. Ce succès a malheureusement été assombri par la mort d'André Bazin, survenue le lendemain du début du tournage. Mais l'essentiel est bien que la "flamme", l'amour du cinéma, ait été transmise.

La vie de Fançois Truffaut va se confondre dès lors avec ses films. Le cinéma a la priorité absolue, même si les week-end sont "sacrés" et consacrés aux enfants et à la famille. Truffaut ne cessera de tourner, ou presque, au rythme d'un film par an. L'équilibre se constituera à peu près entre scénarios originaux et adaptations de livres aimés. Admirateur du cinéma américain, François Truffaut réalisera plusieurs "séries noires", d'après David Goodis, William Irish, Henry Farrell et Charles Williams (rien que des classiques) et fera même une incursion dans la science-fiction avec Farenheit 451 (mais c'est aussi par amour des livres puisque, dans le roman de Bradbury, il s'agit de les sauver de ceux qui veulent les détruire...). Passionné depuis toujours par l'oeuvre, alors méconnue, d'Henri-Pierre Roché, il consacrera toute son énergie à porter à l'écran Jules et Jim et Les Deux Anglaises et le Continent, dont il reconstituera la version définitive à la fin de sa vie, malgré sa maladie. Il fera, à ses frais, établir la monumentale dactylographie du journal intime de ce merveilleux connaisseur de l'art moderne.

Les scénarios originaux, c'est d'abord la série des Doinel (après Les Quatre Cents Coups, Antoine et Colette, Baisers volés, Domicile conjugal, L'Amour en fuite), toujours avec Jean-Pierre Léaud, qui sera également l'interprète des Deux Anglaises et le Continent, de La Nuit américaine, et à qui sera dédié L'Enfant sauvage Ce sont des films inspirés de faits divers, comme La Peau douce (et même L'Enfant sauvage) ou d'expériences personnelles (La Nuit américaine - le cinéma ! - et Le Dernier Métro - l'Occupation). Des films, enfin, spécialement écrits pour des acteurs : en dehors de Jean-Pierre Léaud, Jeanne Moreau, Charles Denner (L'homme qui aimait les femmes), Bernadette Lafont (Une belle fille comme moi) ou Fanny Ardant - avec laquelle il s'est marié en 1981 et eu une fille, Joséphine - (La Femme d'à-côté, Vivement dimanche !).

La carrière de François Truffaut joue également avec le principe de l'alternance. A un film lourd (Les Deux Anglaises et le continent) succédera un divertissement (Une belle fille comme moi) ; à un film commercialement risqué (L'Enfant sauvage ou La Chambre verte) fera suite une entreprise a priori plus évidente pour le public (Domicile conjugal ou L'Amour en fuite). Hitchcockien de coeur, Truffaut adoptera le même mode de fonctionnement que son cinéaste de chevet, au point d'apparaître dans certains de ses films et, à partir de L'Enfant sauvage, d'en devenir l'acteur principal. Dans les films qui lui tiennent peut-être le plus à coeur (L'Enfant sauvage, La Nuit américaine, La Chambre verte), François Truffaut n'a pu se résoudre à passer par un interprète et s'est confié le rôle principal.

Rétrospectivement, et malgré sa diversité, toute sa carrière nous paraît extrêmement cohérente. Il est en tout cas peu de projets qu'il n'aura pas réussi, à force de ténécité, grâce également à l'autonomie que lui donnait sa structure de production, à mener à terme. Toujours prêt à monter en première ligne dans l'"intérêt supérieur du cinéma français", fort de ses succès et de sa situation, de fait, de "patron", il ne lui manquera que le temps. Après la crise personnelle qui suit, en 1975, L'Histoire d'Adèle H., il ne résistera que quelques années à la maladie qui l'emportera le 21 octobre 1984. Il aimait les enfants, les femmes et le cinéma. Il avait cinquante-deux ans. Il a disparu en pleine gloire. Trop tôt, évidemment.

chris


 
 
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