Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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UN ROCK INSUBMERSIBLE





Une légende. A résumer en une vingtaine de lignes. Un acteur écossais et shakespearien qui aura séduit toutes les générations de cinéphiles depuis 1962. Sauf la Reine d'Angleterre qui refusait il y a encore peu de temps de l'anoblir pour cause de nationalisme scottish fervent.
Monstre sacré, la star (dans toute sa splendeur) est à la fois le plus adulé des comédiens britanniques et l'un des acteurs les mieux payés d'Hollywood. Et ce après 40 ans de carrière constante.
Car Sean - redoutable businessman, artiste exigeant et tyrannique, charmeur et professionnel, gentleman idéal et mysogine notoire - a su traverser les époques, transcender les genres, épater les publics et s'inviter involontairement comme guest-star de Trainspotting.
Connery a l'allure, la nonchalence, le sourire coquin et la prunelle allumeuse de ces stars charismatiques qui dévorent l'écran sans effets spéciaux, tels Cary Grant ou Harrison Ford. Il était donc parfait pour créer, incarner, être James Bond. Au service de sa majesté - ironiquement! - durant une décennie (62-71), il sera le héros aussi chanceux au jeu qu'en amour, ferme dans l'action et maniant avec dextérité la dérision.
Goldfinger sera le meilleur film de la série. Thunderball, le 007 le plus populaire. Et avec Diamond's are forever, Connery établira un record d'époque avec son cachet. Il est alors une vedette planétaire, remplaçant John Wayne en pleine britishmania.
Cependant James Bond le piégera en faisant de l'ombre à sa carrière. Durant les années 60, hormis Marnie d'Alfred Hitchcock, il ne sera d'aucun film vraiment marquant (malgré de grands noms derrière la caméra, et les plus belles actrices dans ses bras).

C'est à compter des années 70 que sa carrière prend un autre virage. De 74 à 87, il interprétera ses plus grands personnages, imposant son style de jeu. Grâce à des films "haut de gamme" (The wind and the lion, La grande attaque..., L'Homme qui voulu être roi, Le Nom de la Rose, Les Incorruptibles...), il enrichira ses prestations, élargira son public et restera en haut du B.O. Son pic se situera en 86-87. Avec la nostalgie des vieux Bond en bonus.
Quelques prix. Quelques grands cinéastes. Quelques partenaires fabuleux. Il deviendra un des emblêmes du cinéma, alternant les genres (grands spectacles, drames, policier, science-fiction). Son nom devient synonime de qualité. Mieux, l'acteur, toujours très populaire, redevient un sex-symbol à 60 ans !
Toujours en quête de justice et de vérité, ses rôles s'adaptent à lui. Sans transformation, sans performance exhibitionniste. Il n'est pas du genre à choisir des personnages contraires à sa personnalité.

En 89, il aborde la 3ème phase de son parcours. Une ère hollywoodienne où il a droit de regard sur ses projets, où il fonde Foutainbridge, sa maison de production.
Il vole la vedette à Indiana Jones, il crève l'écran dans A la poursuite d'Octobre Rouge, puis se produit dans quelques grosses machines afin d'assurer son statut (en attendant une statue).
Les films ne sont plus aussi mémorables. Les rôles semblent photocopiés. Seul le hit The Rock émergera. Après, Connery s'octroiera une pause. Il avorte de nombreux projets, refusent de nombreux rôles.
On le sent lassé et à la recherche d'une flamme perdue. Aussi se penche-t-il vers des rôles très différents: un méchant (The Avengers), un voleur romantique (Entrapment), et un vieux mari amoureux dans un film d'auteur (Playing by heart). Il alterne les cachets démesurés dans des films indignes comme l'adaptation de Chapeau melon et Bottes de cuir ou La Ligue des gentlemen... et le minimum syndical pour jouer avec Gena Rowlands dans La Carte du coeur ou dans Finding Forrester. Il retrouve sa flamme et le box office grâce à l'incendiaire Catherine Zeta-Jones dans Haute-Voltige; de quoi donner le vertige après 50 ans de acrrière, à plus de 70 ans. Senior ou Seigneur?
Le plus puissant des doyens d'Hollywood poursuit donc un itinéraire magnifique. Il n'y a bien qu'à 007 qu'il a dit "jamais, plus jamais". Même si tout le monde spécule depuis 15 ans sur son come-back dans la franchise qui l'a (qu'il a?) lancée... Mais Connery, désormais anobli, donc, revendique l'indépendance de l'Ecosse, réside en Espagne, joue au Golf n'accepte plus n'importe quoi. Il s'offre le luxe de choisir des rôles qu'il estime intéressant. C'est pour cela qu'il y a peu de projets autour de lui ces denriers temps. Mais c'est aussi comme cela qu'il arrive encore à créer la surprise.

vincy


 
 
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