Jean Dujardin n'en a pas terminé avec les films populaires (il sera bientôt dans un nouveau OSS 117) mais ces derniers temps, il opte aussi pour des chemins de traverse plus audacieux. Après le duo Kervern/Delépine, le voici à l'affiche du déjanté Le Daim de Quentin Dupieux,où il habite littéralement son rôle. On le retrouvera à la fin de l'année chez Polanski dans J'accuse.



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MORPHING





L'homme n'est pas forcément grand. Pourtant, imposant. Il a la voix posée, presque suave, calme. Aucun geste brusque. Une sérénité rare. D'apparence en tout cas. Il aime les cafés européens, il fume; Tchécky Karyo vous semble d'emblée sympathique, courtois, et très différent de ses personnages. Un monstre de gentillesse.
Tout a commencé directement. A peine rentré dans le hall de cet hôtel dit de luxe - un gratte ciel cubique sans âme, en béton beige, hors du centre-ville - et nous nous croisons. Il est au téléphone, à la réception. Je le reconnais très vite. Il a des séances photos, ce qui peut expliquer le costume très mode. Barbe de 3 jours.
Il me cueille à froid. Pas d'attachés de presse pour faire les présentations, une mise en condition sans détours.
Bizarrement, l'entretien fut normal. Questions, réponses. Il joue un peu avec ses mains. Il regarde. Il réfléchit. Et puis la frustration. Les questions qui ne sont pas forcément celles que l'on a envie de poser. L'homme semble ouvert sur le monde, et assume totalement l'évolution de cette planète.
Il n'est pas un révolutionnaire. Il a juste des choix qui peuvent paraître un peu précoces. Un artiste dans son temps.
Et ça se révélera hors-micro. Car Tchéky Karyo est un personnage réellement attachant. L'acteur idéal pour humaniser un Zéro Janvier dans une version ciné de Starmania.
Hors interview, on en vient à discuter de choses plus globales. Il est curieux. Pollution, politique, pragmatique. On éffleure les voyages: Paris, New York, Istanbul...Puis Internet. Il a un e-mail, il surfe un peu. Il me raconte qu'il a envoyé à Kounen une photo de lui en Méliès dans la série TV Apollo 13. Avec la fameuse fusée qui s'enfonce dans l'oeil.
On en oublie l'hôtel, le salon impersonnel. Ne croyez pas que ce soit de la littérature: mais, ce funambule humanise son environnement. C'est sûrement là que réside son charisme à l'écran.
De seconds rôles, souvent des salauds, des méchants au sale accent dans les productions hollywoodiennes à des personnages pas forcément anthipathiques et même parfois chaleureux ou généreux dans des films ou téléfilms français, Karyo a fait son chemin. Il a même été, un temps, l'acteur français le plus populaire aux USA grâce à grand chelem : les virils GoldenEye, The Patriot, Bad Boys, le sensible Crying Freeman, et l'étrange comédie romantique Addicted to love.
Cela ne l'empêchait pas de prêter sa tronche à un photomaton (Amélie) ou de jouer les projectionnistes éphémères (la cité de la peur). Du rire à l'action, Karyo est avant tout au service d'un cinéma populaire, loin des auteurs intellos.
Il joue dans des navets à gros budgets (Nostradamus, 1492, Wing Commander, Kiss of the Dragon, Operation Dumbo drop), chez Besson (Nikita étant le film-symbole du duo), ou dans des téléfilms de prestige pour TF1 (en costume d'époque pour être Cardinal de Richelieu, Philippe Le Bel ou Vautrin).
Peu de rôles explorent sa sensibilité (Que la lumière soit). il a plus de proposition pour jouer face à des stars, ou des personnages immondes et immoraux. Les producteurs n'ont pas d'imagination. Pourtant, Karyo a un charisme évident, une masculinité extraordinaire. Ce n'est pas rfien celui qui peut tenir tête (d'affiche) à un Ours grandeur scope et nature!

vincy


 
 
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