Hafsia Herzi n'est pas absente du cinéma. On l'a vue dans Fleuve noir, Persona non grata, les deux volets de Mektoub My love en tantine ces derniers mois. Mais elle s'offre un rôle bien plus important et bien plus intense avec son premier long métrage de réalisatrice Tu mérites un amour, au premier plan devant comme derrière la caméra. Ce qui lui a valu un Valois de la mise en scène à Angoulême. Elle sera au générique du biopic Madame Claude de Sylvie Verheyde.



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LA FÊTE DE L'UMA





Elle est grande. Belle. (Supra-)Intelligente. Sensible. Indépendante. Froide (pas très chaleureuse avec le quidam en tout cas). On se demande presque pourquoi Disney n'en a pas fait une héroïne de dessin animé... alors que le cinéma l'a fait naître en Aphrodite pas maudite, bref dans l'incarnation herself de la féminité.
Uma Thurman doit son prénom à une déesse hindou. Issue d'un milieu plutœt intello et bohème, elle mène sa vie comme elle l'entend depuis l'âge de 16 ans. Tout commence dans la jungle new yorkaise où elle fait la plonge avant de se faire photographier le portrait. Son allure à la fois érotique et innocente lui fait accéder au cinéma. "Le corps de Jayne Mansfield avec un cerveau à sa démesure" disait son partenaire Malkovich, qui la séduisait dans Les liaisons dangereuses, seins avenants.
En Vénus chez Terry Gilliam, mais surtout en superbe chûte de rein servant d'écritoire pour le Valmont de Frears, elle se fait vite remarquée par les spectateurs... Pour rapidement se détacher de cette étiquette un peu trop charnelle, la demoiselle alternera les rôles sulfureux (bi, schyzo, camée) et ceux plus conventionnels. D'un côté les films pour adultes, de l'autre ceux de la Génération X. Elle incarne la blonde idéale, inaccessible.
Mais c'est en brune, coiffée à la Louise Brooks qu'elle doit son décollage de carrière. Les films qu'elle a tourné jusqu'en 94 n'avaient jamais dépassé les 40 millions de $ de recettes, même ceux s'affichant grand public.
Elle obtient une nomination à l'Oscar du meilleur second-rôle féminin avec la Palme d'Or, Pulp Fiction, culte et hit. En shootée, et partenaire de danse de Travolta, Thurman explose grâce à Tarantino. Si l'on était psy, on s'inquiéterait de cette régression infantile d'avoir tourné avec Travolta une scène de danse et un nouveau Tarantino lors de son divroce. Un cocon???
On ne sait qui du spectateur ou de l'actrice dévore qui. La séquence "disco" avec l'icône seventies de Saturday Night Fever sera photocpiée dans toutes les boïtes de nuit de la planète... Thurman compose, et toutes les gammes lui vont. Elle continuera de résister aux sirènes des studios jusqu'en 97. Au printemps, la comédie romantique sur les chiens et les chats séduit les américains. Elle y joue à ravir la belle cruche. Durant l'été, sa Poison Ivy, rousse et animale, est la seule rescapée d'un Batman 4 essouflé. Elle insuffle un véritable venin érotique et séduisant dans ce méga-budget homo-érotique. A l'automne, avec Gattaca, très sous-estimé, elle amorce un envol vers le star-systeme. Avec un film aussi intelligent, face à son mari et la future star Jude Law, elle incarne à la perfection une génération aryenne de clônés.
De couvertures de magazines en projets très hots, elle tente toujours de contrôler son image et sa carrière. Pub incluse (produits de luxe essentiellement). Mais voilà. Dans le rôle très convoité (et hélas raté) de la sublime Emma Peel de The Avengers, elle se crashe au Box Office. Pas de doute, c'était bien la seule à pouvoir interpréter cette femme d'action, charmeuse et cérébrale. On est conquis. Mais le public rejette l'adaptation de la série.
Depuis elle est devenue maman, s'émerveille chaque jour devant ce côté "best keep secret" et s'offre toujours un parcours totalement libre... D'abord chez Woody Allen, marié impossible de Sean Penn; puis ensuite chez Joffé, draguant fatalement Depardieu dans le médiocre Vatel; enfin chez Ivory, tentant de mettre le grappin sur Jeremy Davis et restant prisonnière de Nick Nolte. Des personnages en costume dans des films art et essai, des grands réalisateurs qui explorent une facette tantôt ambitieuse, opportuniste ou arriviste, usant de ses charmes et lâchée par les hommes... bref, une héroïne de tragédie parfaite. Et un parcours qui fait l'admiration des cinéphiles, jsuqu'à avoir le droit à une certaine reconnaissances des milieux artistiques américains.
Uma continue de varier les projets, de s'occuper de ses progénitures, de gérer son divroce médiatique quand, enfin, elle retrouve Quentin. Celui-ci l'a attendue (enceinte) pour pouvoir tourner son diptyque Kill Bill. Le film flirte avec les genres : kung fu, western, comédie, action, polar, mangas... Thurman porte le projet, ambitieux, sur ses épaules. A jamais vêtue du survet d'un Bruce Lee, la sexy Uma est impeccable quand elle tue d'un coup de sabre ou qu'elle ordonne à son orteil de bouger! Le film ira jusqu'à Cannes. Le sacre d'une actrice plus appréciée des cinéphiles et cinévores que connue du grand public. Complice des ados qui la fantasment comme des auteurs du 7ème art qui semblent y trouver la personnification de la blonde fatale.
Si bien qu'elle joue de son caractère ingénue, de ses yeux qui allument, de son déhanchement unique. Elle s'octroie un face à face avec Meryl Streep, remplace au pieds levé la Nicole Kidman pour une comédie musicale événement, s'offre, ainsi, une filmographie singulière, où née déesse, elle finit en égérie.

vincy


 
 
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