Sara Forestier passe derrière la caméra pour son premier long métrage M, un film bancal, imparfait, naïf, fragile mais empli d'une irrépressible envie de faire du cinéma. La jeune comédienne a fait du chemin depuis L'Esquive et son prix de jeune espoir féminin en... 2004.



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PRETE A TOUT





Chaotique et passionnel, du Calme Blanc aux yeux grands ouverts sur son dos dénudé, l'itinéraire de Nicole Kidman est ascensionnel, perfectionniste, curieux et combattif.
De petites pierres en gros cailloux, elle a réussi à franchir l'Océan qui la séparait d'Hollywood, à s'affranchir de la plus grande star d'Hollywood et à conquérir un public varié, par des films art et essai ou des productions à explosifs.
On peut ne pas aimer Nicole Kidman. Visage pointu, regard perçant, l'air arriviste et la nuque hautaine, rousse et froide comme un glaçcon. Mais on peut lui reconnaître un vrai talent d'actrice. Même si la chimie ne marche pas forcément avec ses partenaires, même si elle n'est jamais aussi bonne que chez des cinéastes mateurs et dans des rôles obsessionnels; Kidman est assurément l'une des stars qui cherchent le plus à varier ses plaisirs et dominer ses peurs, cherchant des talents réputés ou des scripts singuliers.
Elle a convaincu un jeune cinéaste australien, Philip Noyce (lui aussi, un temps, tenté par els sirènes d'Hollywood) pour être la perdue en mer de son Dead Calm. Cela lui permet d'effectuer son premier saut vers l'Amérique. Et d'y rencontrer accessoirement Tom Cruise.
Elle tente de choisir les projets qui lui conviennent. Tout le problème de Kidman sera l'ombre de son mari (jusqu'en 96 elle sera toujours la Femme de...), sans aucun rôle marquant pour le grand public, et sans aucune image particulière pour les médias. Kidman est transparente.

Pourtant, en jouant face à Cruise, elle apparaît bien meilleure comédienne. Sa chance de le prouver, elle l'obtiendra en 95, avec Gus Van Sant, un scénario déjanté, un petit film indépendant, où elle incarne une Serial Wife, voyeuse et tueuse, ambitieuse et femme fatale. Bref Kidman at her best dans Prête à tout. Le film lui vaudra une floppée de nominations et prix de par le monde. 15 ans après Body Heat, l'Amérique à retrouver une charming bitch pour remplacer Kathleen Turner. Aussi à l'aise dans l'action que le drame, dans la comédie originale et loufoque que dans la provocation visuelle, Nicole Kidman est prête à tout pour avoir les meilleurs rôles; cette année là elle nous la joue blonde incendiaire dans Batman 3 (crédible) et anorexyque larmoyante dans le Jane Campion (avec corset rigoureusement attaché pour applatir les seins) chez Jane Campion.
Kidman est désormais une comédienne parée à tous les emplois. Hélas, cela la conduira à des films de série B qui la réduisent à être sorcière ou femme-objet. Heureusement, Kubrick veille.
Car dans Eyes Wide Shut, qui 'a détournée des plateaux de cinéma durant un an, elle se révèle à nu : sentiments comme chair. Le Maître Kubrick la mate comme jamais et effleure chacune de ses expressions, absences ou lubricité, maternelle ou mondaine. Kidman passe là un troisième cap, et rentre dans la cour des grandes. Avec ses petites lunettes, elle nous charme comme jamais... Au naturel. Elle a trouvé une symbiose parfaite entre un personnage, un cinéaste, une production de qualité et un sujet audacieux. Tout ce qu'elle aime.
Etrangement, elle continue d'explorer cet itinéraire érotique. "The blue room" au théâtre, nue sur les planches, a conquis le public et les critiques de Londres.
Elle incarnera Satine, l'amour et la beauté dans Moulin rouge, le film événement qui fait l'ouverture du festival de Cannes en 2001. Baroque et allumeuse, sexy et tragédienne, presque Dame aux Camélias. Jamais elle ne sera aussi belle. Ils reformeront leur duo pour une publciité événement mélangeant le mythe Chanel n°5 au style du cinéaste pop. Elle sera la même année à la une des magazines pour s'être séparée de Cruise.
Une nouvelle ère commence. Clairement, Kidman a annoncé que son parcours professionnel allait prendre une autre dimension. The Others, produit par son ex-mari, est devenu un succès inattendu durant l'été 2001. Ce film fantômatique et réussi lui permet de s'émanciper de Cruise et de séduire un large public. Dans The Hours, elle se retrouve au milieu d'un casting impressionnant (Streep, Moore, Harris, Danes, Atkins, Collette...). Elle y est Virginia Woolf et conquiert un second Golden Globe consécutif. Mais surtout son premier Oscar. Nez transformé, mains agitées, pierres dans les poches. Elle est Virginia. Et qui aurait peur de Kidman?
Toujours aussi provacatrice, sulfureuse, nous faisant découvrir ses talents de chanteuse, Nicole souhaite tourner avec des nouveaux cinéastes, des projets risqués, dans des nouveaux genres, inhabituels.
Cela donne l'étrange Dogville, entre cinéma expérimental et répétition de théâtre. Elle y déchaîne tous ses sentiments. période triste, mélancolique, brune. Chez Minghella, elle attend, telle Pénélope, son Jude Law. Seule, au milieu de la guerre. Romantique jusqu'au bout. On la retrouve paumée et séduite dans The Human stain. Comme souvent, le film est médiocre. Les productions hollywoodiennes lui conviennent moins que les créations européennes. Mais son talent ne se dément pas. Même dans le sombre et endeuillé Birth, elle parvient encore à étonner. Son don c'est celui de surprendre.
Aussi on est parfois déçu quand son jeu est gâché par l'ineptie d'un scénario (The Stepford Wives). Boulimique de travail, elle semble aussi se calmer : annulant The Panic Room ou The Producers. Laissant le rôle à Foster ou Thurman. Il lui reste le Pollack, un thriller avec sean Penn, autre comédien sans concession. Synonyme de qualité.
Car c'est bien dans des films noirs et flamboyants qu'elle veut nous épater. Comme si, là, elle avait trouvé son créneau... Sa voie.
Sorcière bien aimée, elle est la star de ce début de millénaire : artiste, femme, étoile, beuaté, magicienne des émotions. Divine.

vincy


 
 
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