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MAGIC MATTH






Quoi de plus énervant pour le commun des mortels de la gente masculine et de plus alléchant pour les jeunes filles en fleur qu’un Apollon devenu riche, ayant une once de matière grise, des muscles d’acier et un sourire « Ultra Bright » ? En pur produit du Texas, ce cowboy dans la force de l’âge a tout du mec qu’on déteste ou du gendre idéal : il téléphone à sa mère toutes les semaines et lui offre des fleurs à la Saint Valentin, il reste ami avec ses ex et adore cuisiner. Matthew McConaughey aurait pu faire la joie des pages de papier glacé en posant pour Marlboro Classics ou Ralph Lauren. Mais c’est vers Hollywood qu’il s’est tourné.

Au départ, dans le milieu des années 9, tout allait bien. Nouveau talent prometteur, succès « indé », hit hollywoodien… et pourtant, dès 1997, tout s’écroule : McConaughey se laisse piéger par le système. Pendant dix ans, il alternera les films insipides, comédies ou aventures, voire ratés. Ses deux plus gros succès datent de sa première période (Le droit de tuer, Contact). Mais cela ne l’empêche pas d’aligner quelques films qui font recette au box office trois dépasseront les 100 millions de dollars malgré leur qualité médiocre, quatre autres seront très rentables malgré des scores un peu moins importants. McConaughey est une valeur sûre au box office. Pas flamboyante mais adaptable à la comédie romantique, à l’action… Il est snobé par les cinéphiles, il laisse indifférent les critiques. Seuls les magazines people entretiennent sa notoriété avec des photos de lui, souvent en short de bain, quasiment toujours torse nu. Progressivement, il s’efface, semble ailleurs, déjà en pré-retraite. Pourtant en 2011, tout change. Un déclic. Une bonne étoile. Un bon karma. Il réoriente complètement sa carrière… Le troisième acte va s’avérer un rebondissement inhabituel même au pays des twists incroyables.

Prologue : Les origines

Elevé dans la plus pure tradition catholique, ce jeune éphèbe d’origine irlandaise est le benjamin d’une famille de trois garçons. Dès sa naissance, mère Nature lui avait tout donné pour réussir. Sa plastique parfaite fait déjà des ravages au lycée (où il est élu l’élève le plus craquant de son établissement) et ses gênes de sportif transmis par son père (ancien professionnel de football chez les Green Bay Packers) lui assurent un solide avenir d’athlète. Mais son bac en poche, Matthew préfère jouer les baroudeurs en Australie et vivre de petits boulots (faire la plonge et ramasser le fumier) que d’entrer à la fac. Pourtant, ses aptitudes scolaires sont réelles et, poussé par ses parents, il rentre à l’Université du Texas d’Austin, très progressiste, et entame des études de droit. Toutefois le destin en avait décidé autrement. Le livre d’Og Mandino Le meilleur vendeur du monde (basé sur l’épanouissement personnel) lui tombe entre les mains et lui fait changer d’orientation universitaire. Décidé, il prend des cours de réalisation cinématographique. Un coup du sort qui le poussera sur la route de Los Angeles, et ses plages.

Acte I : l’ascension

Son rêve se dessine et comme tout débutant, le chemin vers la célébrité s’avère truffé d’embûches. Amateur de bière (qu’il dit consommer avec modération – on va le croire !), il en fait la promotion dans des spots publicitaires et s’essaie à la réalisation avec un court-métrage, Chicano Chariots, en 1992. Cependant sa carrière prend un tournant décisif lorsqu’il rencontre dans un bar le producteur et directeur de casting, Don Phillips, qui lui présente le cinéaste, Richard Linklater. Ce dernier le trouve trop beau pour jouer un flemmard en quête de chair fraîche mais une fois la moustache et les cheveux poussés, il lui donne sa chance dans Génération rebelle, un petit rôle que le jeune loup étoffe à coups d’impro. C’est avec des répliques comme « Ce que j’aime chez les lycéennes, c’est qu’elles ont toujours le même âge alors que moi, je vieillis » que Matthew entre en 1993 dans la cour du cinéma. Néanmoins il ne laisse pas son allure de jeune premier dicter ses choix et préfère prendre des risques dans de petites productions. Tour à tour tueur sadique et assoiffé de sang (The Return of the Texas Chainsaw Massacre), gentil officier de police très séduisant (Avec ou sans hommes) puis sheriff suspecté de meurtre (l’excellent Lone Star qui le rend populaire dans les festivals), il dévoile plusieurs facettes de son talent.

Il se fait définitivement remarquer dans A time to Kill (Le Droit de tuer), dans lequel il campe le rôle d’un avocat idéaliste, qui lui vaudra sa première récompense (un MTV Award). Grosse production typique de ses années là, thriller juridique dans lequel tous les Tom Cruise et assimilés se sont glissés, il est en haut de l’affiche, aux côtés de Kevin Spacey et Sandra Bullock. Les médias, goulus de belles gueules et à la recherche de stars en devenir, ont accouru devant cette confiserie prête à déguster, le propulsant sur le trône des Golden Boys d’Hollywood et sur les couvertures des magazines, le tenant même pour l’héritier de Paul Newman. Rien que ça. Il n’empêche, il s’agit de son plus gros box office (205 millions de $, si on ajuste le prix du billet à celui de 201).

Son allure de blondinet élevé au lait, toujours bien coiffé, rasé de près, avec un son sourire angélique, tout cela plaît aux Américains, qui le plébiscitent pour sa nature de « self-made man ». Et cette incarnation de l’American dream n’est pas passée inaperçue chez les grands producteurs et réalisateurs. Il rentre dans le cercle très fermé des superproductions au casting prestigieux en interprétant des mecs biens dans des périodes où la morale hésite à choisir son camp : un avocat dans l’anti-esclavagiste Amistad face à Anthony Hopkins, et ou un théologien New Age dans Contact aux côtés de Jodie Foster. Spielberg et Zemeckis lui offrent une visibilité internationale. On le croit alors prêt à détrôner les Brad Pitt et Tom Cruise du moment.

Acte II : la chute

Mais sa relation au 7ème art ressemble à celle de ses parents, qu’il décrit comme « pleine d’amour mais instable » [ils ont divorcé et se sont remariés plusieurs fois l’un avec l’autre]. Après le succès critique et public, Matthew retourne à ses premières amours : la réalisation et les films à petits budgets. Il renoue avec Richard Linklater pour Le Gang des Newton, photo de famille de voleurs patentés, et fort de sa société de production (J. K Livin) récemment montée, il réalise un court-métrage The Rebel et coproduit Making Sandwiches de et avec Sandra Bullock. Le public ne semble plus s’y retrouver et les critiques le sabordent, dénonçant son incapacité à gérer son talent et son image dans des rôles qui ne lui rendent pas justice. Pas facile d’être libre dans ce monde de brutes.
À y regarder de plus près, derrière ce physique idéal se cache un être moins « clean » qu’il n’y paraît, ce qui ne manque pas de faire les choux gras de la presse à scandale. Le masque du fiancé parfait tombe lorsque la police débarque chez lui pour une plainte de nuisances sonores, le trouvant en possession de marijuana, dansant nu et jouant du bongo en compagnie de son acolyte dans Génération rebelle, Cole Hauser. Un incident comme l’Amérique les aime pour mieux désacraliser ses héros et prouver la dépravation d’Hollywood. Cela ne l’empêche pas d’endosser le costume de la star : vedette d’un jour dans En direct sur EdTv ou combattant historique dans U-571. Les films sont passables, les succès corrects. Il se banalise et décide de redorer son blason en acceptant une comédie légère et romantique, Un Mariage trop parfait, pour faire oublier le côté excentrique de sa vie privée. Le résultat est mitigé avec un public qui a du mal à oublier ses frasques et une Jennifer Lopez qui n’est pas Julia Roberts. Son problème principal réside dans des choix plus proches de la série B ou du film sympa à louer dans son vidéo club préféré.
A la poursuite du bonheur et de sensations nouvelles, il se cherche à travers de multiples rôles allant du thriller (dans le très remarqué Emprise) à la science fiction (le très oublié Le Règne du feu) en passant par un drame social (13 Conversations About One Thing). Le box office n’est pas au beau fixe mais les critiques sont au rendez-vous pour saluer les efforts de reconquête du chevalier à l’armure brisée. Pendant que les Ledger, Damon, et autres DiCaprio s’emparent des meilleurs script et séduisent les cinéastes convoités.

Matthew reprend ses habitudes de séducteur et le fait savoir en jouant de ses atouts dans des comédies romantiques à succès. Charmeur avec Sarah Jessica Parker dans Playboy à saisir puis aguicheur dans Comment se faire larguer en dix leçons. Comédies surtout axées sur les femmes où il se mue en faire valoir pour ne pas dire homme objet. Malgré ces dernières réussites, son cœur balance toujours, non pas pour ses partenaires féminines (toutes aussi jolies les unes que les autres), mais entre la comédie et la tragédie. Tiptoes, un drame familial le plonge dans l’univers d’un père découvrant le nanisme de son enfant à venir ; puis croise Penelope Cruz dans une chasse au trésor en Afrique absurde et maladroite dans Sahara. Un rôle qui l’a poursuivi jusque dans sa vie privée puisqu’il est devenu le compagnon éphémère de la belle espagnole et a fait la promotion du film en parcourant les Etats-Unis pendant un mois à bord de sa propre caravane. Il fallait bien cela pour amortir le budget de 130 millions de dollars ! Dérivé d’Indiana Jones, il prouve surtout qu’il est meilleur qu’un Nicolas Cage / Benjamin Gates dans le genre. Pourtant, là encore, le succès n’est pas vraiment au rendez vous et les critiques sont assassines. Comme si son nom / sa marque ne parvenait pas reconquérir les rayons des supermarchés. Trop original ? Trop classique ? Trop décalé entre son image et sa personnalité ? Pas assez audacieux ? Ou talentueux ?

Ayant subi un entraînement physique de titan pour ce film, il est fin prêt pour enchaîner le suivant, Two For the Money, dans lequel il incarne un athlète brisé par une blessure, engagé par un bookmaker (Al Pacino) pour ses talents de pronostiqueur sportif. Le sport, un thème qui le poursuivra en 2007 dans We Are… Marshall, où il jouera un entraîneur de football à la rescousse d’une équipe touchée par un accident d’avion. McConaughey suit les pas d’un Kevin Costner qui nous fait le golfeur, joueur de baseball, buveur de bière…
Excentrique et éclectique, l’homme au zéro défaut, le sale gosse indécis et perturbé, frustré de ne pas faire partie de l’élite sportive et qui se. Son image éraflée par le marketing à outrance avant même qu’il ne fasse vraiment ses preuves a permis à Matthew de grimper sur la colline. D’Hollywood Mais pas de là rentrer dans l’Olympe… Apollon s’avère plus Hercule : un demi-dieu. En 2009, après un second-rôle truculent dans Tonnerre sur les tropiques, où il joue à merveille l’autodérision et deux films médiocres où il joue les playboys d’une blonde (Kate Hudson) et d’une brune (Jennifer Garener), McConaughey est déjà à ranger parmi les anciennes gloires.

Acte III : la rédemption



Marie


 
 
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