Il est à l'affiche de Never Grow Old, mais aussi de Once Upon a Time in Hollywood: Emile Hirsch semble remonter la pente. Révélé avec Into the Wild en 2007, enchaînant les Wachowski, Van Sant, Ang Lee, Friedkin et Oliver Stone, il a, depuis six ans, été un peu perdu de vue. Il vient de terminer un thriller d'Alessio Jim Della Valle avec Jonathan Rhys Meyers, et un film d'action avec De Niro, Tommy Lee Jones, et Morgan Freeman. Il tourne actuellement le nouveau Mel Gibson réalisé par Michael Polish, Force of Nature.



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QUEEN MIRREN I





Oscarisée en 2007 pour son interprétation plus vraie que nature de la (still alive) Reine Elizabeth II, Dame Helen Mirren a une longue expérience de la royauté : Elizabeth I pour la télé, Charlotte dans La folie du Roi George et même la voix de la Reine du Prince d'Egypte. Peut-être se lance-telle dans un concours avec Dame Judy Dench. Si cette dernière est plus célèbre pour son rôle de M dans les récents James Bond, Mirren aura beau exprimé son talent chez Frears, Altman, Penn, Hartley, Greenaway, Weir ou Boorman, elle restera surtout le Détective Superintendant Jane Tennison de la série TV Suspect n°1.

Voilà où l'a conduite sa formation à la Royal Shakespeare Compagny. Devenir une vedette du petit écran. 6 saisons entre 1991 et 2003. Un carton à l'audimat. Nous aurions pu intituler son portrait "Prime Suspect". Pourtant la comédienne a l'une des filmographies les plus insolites, les plus intrigantes du cinéma britannique. Outre les cinéastes, des auteurs dotés d'un univers fortement singuliers, elle a choisit des personnages iconoclastes ou difficiles. Cela a vite forcé l'admiration. En 84, elle reçoit un prix d'interprétation à Cannes, et s'offrira un rare doublé en 1995. En 2006, Catherine Deneuve lui offre la Coupe Volpi de la meilleure comédienne à Venise pour The Queen, prélude au parcours sacré qui la mènera à l'Oscar. Elle sera même la première à obtenir la même année 3 nominations aux Golden Globes (pour trois personnages différents) et à repartir avec deux prix (Elizabeth I et The Queen). Peu importe l'impressionnant palmarès, ce que l'on retient de sa filmographie c'est un sentiment d'étrange liberté.

Il faut être libre pour passer d'Excalibur à Gosford Park, de Shakespeare à Benjamin Gates, de Ken Russell à New York 911. Sa précision, son perfectionnisme même, ce délicieux (et malicieux) aspect anglais, à la fois pincé et pinçant, la rendent inclassable, typique, facilitant les métamorphoses et les banalisations. Elle aime s'effacer et préfère le masque. Nul besoin d'impressionner avec des grimaces ou des gestes inutiles. Son jeu apprécie l'épure, l'essentiel. La démarche, la position du corps, le placement de la voix, tout contribue à, mécaniquement, la déformer, la transformer. Veuve irlandaise éplorée, gouvernante glaciale, cosmonaute, mamie prête à s'exhiber pour un calendrier ou encore épouse d'un kidnappé, maman de héros, patronne, docteur, et même fée, Helen Mirren est un effet spécial par sa simple présence. Comme convaincue du grain de malice imperceptible mais palpable qui l'anime. Comme si son talent inné pouvait être mis au service de n'importe quelle folie, de n'importe quel drame. De Harrison Ford à Robert Redford, de Jack Nicholson à Kate Hudson, elle s'adapte au style varié de ses partenaires. Avec une rare grâce, elle a l'élégance de ne jamais voler la vedette. Juste imposer son jeu. Accepter les rides, continuer de s'amuser, explorer les sentiments les plus étrangers, du sadisme à ceux d'Ophélie (dans Hamlet).

Il y a une rigidité un peu froide chez elle qui s'éclaire furtivement le temps d'un sourire. Le regard peut être lointain ou distant, et avec un contrôle absolu, avec un déclic fulgurent, devient cajoleur et généreux, dubitatif ou rêveur. Tout est dans la posture, l'abattement ou la prostration, le charisme ou la détermination. Helen Mirren, au bout de 40 ans de cinéma, se voit intégrer à la cour des grandes actrices britanniques, dotées d'un don un brin aristocratique dans la manière de l'aborder, avec déférence et une dérision à peine dissimulée. Originaire de la noblesse russe, Ilyena Vasilievna Mironov, fille de violonniste, mariée au réalisateur de , et dénue d'instinct maternel, a réussi l'exploit d'être une vedette sur le tard. Mais surtout le talent de savoir nous hanter même quand elle n'apparait plus, sur scène ou sur l'écran. Ses absences sont comme les silences en musique : essentiels.

vincy


 
 
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