Hugh Grant nous manquait. Après quelques audaces dans sa filmographies, et en fait une raréfaction sur grand écran depuis une dizaine d'années (à peine dix films depuis 2004), la star britannique a vieilli mais n'a pas perdu ni de son charme ni de sa dérision. Excellent dans Florence Foster Jenkins l'an dernier, le voici fabuleux et jouissif dans Paddington 2. A 57 ans, il se reconvertit dans la farce. En attendant de le voir dans A Very British Scandal, de Stephen Frears, avec Ben Whishaw, sur petit écran.



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EL CONQUISTADOR





   Robert Rodriguez est un personnage haut en couleurs dans le paysage conventionnel des collines hollywoodiennes.
Premièrement, il n'y réside pas, trop effrayé à l'idée de quitter son Texas natal, car il est Américain, pas Mexicain, et secondement, il est libre de faire absolument ce qu'il veut avec une caméra entre les mains depuis la sortie de son premier long-métrage : Il Mariachi.
Quelques films plus tard, il acquiert les grâces d'un large public familial avec Spy Kids et côtoie les sommets du box-office pendant plusieurs semaines, le tout sans jamais mettre de côté son sens de l'économie, sa créativité, et ses origines latines.

Troisième d'une famille mexicaine de dix enfants, Robert Rodriguez voit le jour à San Antonio, au Texas. La ville catholique par excellence. Passionné de cinéma et de dessin animé, le jeune Robert assouvit très tôt sa soif d'images en confectionnant de petits films en super 8 ou en vidéo. Après quelques années de lycée, il décide d'étudier le cinéma à l'Université d'Austin, l'ilôt "liberal" du Texas (Wes Anderson vient de là aussi), et va y réaliser, avec une énergie qui stupéfie ses professeurs, plus d'une trentaine de courts-métrages. Étrangement, la renommée, d'abord locale, frappera Rodriguez par la voie de la bande dessinée. En marge de ses études, il crée une mini-série sur papier, intitulée "Los Hooligan", qui s'inspire des péripéties quotidiennes de sa petite famille. Il sera remarqué par le rédacteur en chef du Daily Texan qui publie ses dessins dans le journal au rythme d'une planche par jour pendant plus de trois ans. Cette expérience de dessinateur lui vaudra une récompense de la Columbia University, et surtout, le meilleur apprentissage possible pour écrire, scénariser et mettre en image un récit. On comprend mieux son intérêt pour un Sin City. Aujourd'hui, "Los Hooligans" est devenu le nom de la boîte de production créée par Rodriguez et sa femme, la productrice Elisabeth Avellan.
En 1991, les neufs frères et soeurs du jeune réalisateur se transforment en acteurs et en techniciens pour assister Rodriguez sur le tournage de son premier court-métrage en 16 mm, Bedheads, qui va remporter 14 prix dans les nombreux festivals où il sera présenté.
C'est en 1992, et avec le budget ridicule de 7000$ (il rentrera dans le livre des records au titre du film le moins cher jamais réalisé) qu'il tourne son premier long-métrage en quatorze jours : El Mariachi. Prélude à une trilogie baroque, ultra violente, de sable et de sang.
Comme pour ses prochaines productions, Rodriguez est tellement investi dans le projet qu'il coiffe la casquette de réalisateur, monteur, chef opérateur, mixeur, monteur son, créateur d'effets spéciaux et photographe de plateau. Ce film, initialement destiné au marché mexicain de la vidéo, sera projeté dans les festivals les plus renommés (Deauville, Sundance, Toronto) et remportera le Prix du Public à Edimburgh, Berlin et Munich. Rodriguez vient de fêter ses 23 ans.
Grâce à cette reconnaissance inattendue, le réalisateur s'octroie les services d'un agent artistique chez ICM et signe un contrat d'exclusivité de deux ans avec la Columbia.

Il commence par écrire et réaliser un téléfilm qui s'inspire d'une série B des années 50, The Roadracers, avec David Arquette et celle qui deviendra son actrice fétiche, la sulfureuse Salma Hayek.
Puis, comme pour rendre grâce à El Mariachi, il enchaîne sur un simili-remake de ce film en réalisant Desperado, qui bénéficie de davantage de moyens, de panache, d'explosions en tout genre, et surtout Antonio Banderas en tête d'affiche et la galante compagnie de Salma Hayek. Même morte, elle reviendra dans la suite qui s'adjoindra les services d'un Johnny Depp, méchant aux yeux crevés. La surenchère et l'horreur gratuite font partie de sa marque de fabrique. Il sauve l'ensemble avec un sens de l'action, des mouvements de caméras panoramiques et des clins d'oeil à Léone, Woo et Tarantino, qui eux-même rendaient hommage à un cinéma bien plus classique. Rodriguez, qui vient de faire la connaissance de Quentin Tarantino, justement, lui offre une apparition dans le film. C'est le début d'une collaboration intéressante entre les deux hommes qui partagent le même amour du cinéma de genre. En 1995, ils participent tous les deux à Four Rooms, un film à sketches dans lequel Rodriguez retrouve Banderas en tournant l'épisode "The Misbehavers". Cette amitié intense entre Rodriguez et Tarantino va déboucher l'année suivante sur un projet curieux et gore : Une nuit en enfer.
Ce road-movie qui vient trouver son point de chute dans un bar peuplé de vampires belliqueux est clairement scindé en deux partie, la première étant réalisé par Tarantino, et la seconde par Rodriguez. Une nuit en enfer est un tournant important pour Rodriguez puisque le film est un véritable succès populaire sans que le metteur en scène ait eu à tourner le dos à sa fantaisie délirante (entre le film d'horreur et le western-spaghetti) et ses influences latines. C'est aussi le premier film qui impose Georges Clooney comme véritable acteur de cinéma, outre ses prestations dans la série "Urgences". À noter que Rodriguez est aussi le producteur des deux suites du long-métrage, Texas Blood Money et The Hangman's Daughter. Des sous produits pour marchés du film.

En 1999, il s'attaque au film de science-fiction avec The Faculty, tout en plaçant l'action au sein d'un campus, genre en soi, hélas pour lui bien plus drôle chez Wes Craven. Ce mélange des genres reste quand même intéressant parce qu'il prend habilement le contre-pied de Scream et des autres productions de ce type. Ici, les élèves font face à une race d'extraterrestre qui ont "remplacés" leurs professeurs et veulent bien entendu coloniser la terre. Body Snatchers et autres invasions du monde en référence. Clin d'oeil affectueux aux films cultes de Rodriguez, The Thing et L'invasion des profanateurs", "The faculty est un bon divertissement plus subtil qu'il n'y paraît, et surtout d'une superbe réalisation visuelle. C'est cette expérience où le réalisateur fut confronté à de multiples effets spéciaux à mettre en oeuvre, qui lui a permis d'imaginer et de créer de manière réaliste (même si l'univers ne l'est pas) les facéties technologiques de Spy Kids, son dernier film. James Bond et Jimmy Neutron réunis. Sauce latino.
Ce long-métrage qui a remporté 100 millions de dollars pendant les huit premières semaines d'exploitation est le nouveau bonus de Rodriguez, qui vient de prouver qu'il pouvait adapter son style pour réaliser une comédie familiale et novatrice pour un coût dérisoire. C'est d'ailleurs l'obsession de Rodriguez, qui tente à chaque fois de dépenser le minimum pour stimuler sa créativité et les astuces de tournage (il a été jusqu'à servir de cobaye médical pour financer El Mariachi). Comme il le dit lui-même, pour un résultat aussi, voir plus impressionnant visuellement, Spy Kids" n'a coûté que 36 Millions de dollars contre les 90 millions du budget d'Inspecteur Gadget. Spy Kids signe également les retrouvailles de Rodriguez avec Antonio Banderas. Après Once Upon a Time in Mexico, la suite décevante des aventures du guitariste tout de noir vêtu de Desperado, et les sequels de Spy Kids, on a cru Rodriguez enfermé dans ses séries, typiques de son apssé de feuilletoniste. Fictions pulpeuses et séries plus que B donc au catalogue, jusqu'à s'amuser evrsion gadget avec le 3D et l'IMAX. Rodriguez commence alors à utiliser une caméra numérique à haute définition (la même que pour Vidocq), et préférera dorénavant ce type de matériel contre la bonne vieille pellicule.
Cra c'est quelqu'un qui semble fasciner par l'outil. Il aime l'expérience du cinéma pour son côté ludique. Peu importe les scripts synoptiques, la psychologie approximative des personnages, il s'amuse en liftant le western spaghetti (devenu western tapas) ou la comédie familiale en gros cartoon chewing gum. Il s'attaque désormais aux mythes du super héros avec The Adventures of Shark Boy & Lava Girl in 3-D, où il s'immerge de nouveau dans un univers factice sans quitter le monde de l'enfance. Eternel gamin il est aussi l'ado qui ne grandit pas. A presque 40 ans, il réalise son meilleur film à date, Sin City, son plus ambitieux aussi. Les honneurs cannois, un box office plutôt honorable, un casting plus que chic, Rodriguez quitte progressivement, ou temporairement, les films "faits à la maison" pour une production plus soignée. C'est aussi la première fois qu'il n'est pas à l'écriture. Après avoir conquis le royaume du cinéma, voudrait-il devenir un cinéaste?

romain, vincy


 
 
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