Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



Mathieu Amalric
Fanny Ardant
Ariane Ascaride
Yvan Attal
Daniel Auteuil
Christian Bale
Damien Bonnard
Dany Boon
Guillaume Canet
Vincent Cassel
Michael Cohen
Toni Collette
Daniel Craig
Matt Damon
Jean-Pierre Darroussin
Rosario Dawson
Anaïs Demoustier
Jean Dujardin
Jesse Eisenberg
Chris Evans
Cécile de France
Charlotte Gainsbourg
Louis Garrel
Eva Green
Jessica Hausner
Ladj Ly
Bill Murray
Robert De Niro
Robert De Niro
Al Pacino
Robert Pattinson
Vincent Perez
Joaquin Phoenix
Denis Podalydès
Melvil Poupaud
Antoine Reinartz
Ludivine Sagnier
Martin Scorsese
Emmanuelle Seigner
Michael Shannon
Emma Stone
Emma Thompson
Karin Viard
Ben Whishaw
Alice Winocour
Michelle Yeoh



Brigitte Bardot
François Truffaut
Gérard Lanvin
Kirsten Dunst
Sophie Marceau
Keanu Reeves
Ryan Gosling
Johnny Depp
Penelope Cruz
Juliette Binoche




 




 (c) Ecran Noir 96 - 19



© Gaumont Columbia TriStar   







 Coeurs transis ou coeurs brisés, en
 un clic fixez sa cote.
 
Votes : 1464Cote : 47 %


 
RE-INCARNATION





Sacha Noam Baron Cohen. Plus connu sous le nom de Ali G. Ou Borat. Ou Brüno. Bref le nom de ses personnages populaires, extravagants, imbéciles, incorrects, vulgaires. Gangster londonien, journaliste kazakh ou homosexuel autrichien.
Métisse (un père gallois, une mère israélienne d’origine iranienne), mais britannique, il a grandit dans un milieu aisé, bourgeois, trop sage ? Etudiant, il s’intéresse aux rôles des Juifs dans le mouvement des droits civiques américains. Puis, à sa majorité, il rejoint l’Habonim Dror, un mouvement sioniste de gauche. Très pratiquant, il se revendique Juif jusqu’au bout des ongles. Sa fiancée, l’actrice Isla Fisher, s’est convertie en vue du mariage. Il se défoule avec son art, où là rien n’est vraiment digne d’être sanctifié. Il se fond ainsi dans son personnage. Sa spécificité étant de faire la promotion dans les costumes, dans la peau même de Ali G, Borat ou Brüno. Il impose ainsi sa présence délirante, insaisissable, dans un monde très cadré.

Sa passion pour la scène naît aussi à sa majorité quand il joue dans Biloxi Blues au théâtre, pièce qui fait écho à la ségrégation. Sa biographie devient vite fantaisiste et le factice délirant croise quelques faits réels. C’est à la télévision qu’il créé ses caricatures. Primé pour sa série comique Da Ali G Show, le cinéma s’empare de lui. Le film a ses failles, mais le comédien se fait connaître aux Etats-Unis.

Borat connaître un succès international bien plus important. Ce reporter kazakh plouc, sexiste, raciste, homophobe, attardé, un brin antisémite, est une horreur. Ses Leçons culturelles sur l’Amérique au profit de la glorieuse nation du Kazakhstan, faux reportage touristique, mélange interviews réels et délires bien fabriqués. Le film est offensant de manière délectable mais évidemment le Kazakhstan n’a pas goûté la plaisanterie. Ni la Roumanie où a eu lieu le tournage. Brüno connaîtra un sort similaire en Ukraine où il est interdit. En revanche l’Autriche ne porte pas plainte, ni la communauté gay. Tout juste enlève-t-on une sale blague sur Michael Jackson suite au décès du Roi de la Pop. Brüno est une folle de la mode, aux tendances hitlériennes (il est le plus célèbre autrichien après le Fürher).

Dans tous les cas il joue le jeu jusqu’à l’extrême, à l’excès. Rien ne semble l’arrêter dans son humour décapant qui se moque avec acidité de la bêtise humaine. A condition de savoir manier le second degré. La satire est virulente, cela sonne souvent juste, et seule l’hypocrisie est finalement piégée par ce provocateur.
Salutaire dans ce monde de plus en plus formaté, on ne sait finalement pas grand-chose de celui qui se cache derrière ses déguisements grotesques. A force d’être confondu avec ses créations, le créateur se sent obliger de se vendre comme un produit. Et surtout tout le monde oublie ses prestations extérieures, notamment le Signor Pirelli dans Sweeney Todd, de Tim Burton. Sous exploité, malgré de jolies recettes au cinéma pour des films qui ne reposent que sur son talent, ce Peter Sellers des temps modernes (son maître) fait sans doute peur à ses congénères. Du haut de son mètre quatre vingt onze, ce malin ne dévoile pas ses secrets de fabrication, préférant ne livrer qu’un spectacle : le sien, ou plutôt celui qu’il se créé. L’art du mytho c’est évidemment de savoir simuler à la perfection. Si lui est un expert en interview piège, jusqu’à coincer des personnalités politiques, qui parviendra à le piéger lors d’un entretien ?

Reste que s’il ne veut ni lasser ni décliner, il va lui falloir trouver d’autres farces ou d’autres talents à fouiller.

vincy


 
 
haut