Anaïs Demoustier, parole franche et regard sincère, enchaine les tournages. A 3-4 films en moyenne par an depuis 2010, elle est même l'actrice la plus prolifique du cinéma français, passant de Honoré à Lvovsky, de Foenkinos à Guédiguian, en passant par la série tv Paris, etc. A l'affiche de Cornélius, elle est attendue dans Au poste de Quentin Dupieux, Deux fils de Félix Moati, Sauver ou périr de Frédéric Tellier et La fille au bracelet de son frère Stéphane.



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UNE WALTZ À PLUSIEURS TEMPS





Christoph Waltz aura du patienter longtemps avant d’être un acteur reconnu. Lorsqu’à 53 ans, il devient le SS Hans Landa pour Quentin Tarantino, son destin bascule. Ce n’est pas le premier à avoir eu un succès tardif (Morgan Freeman et Judi Dench, entre autres). Mais on sent bien que le tempo s’est accéléré pour lui. Même pas 20 films, souvent des seconds rôles voire des figurations, en 30 ans. Et depuis le Tarantino, il a enchainé 7 tournages en 4 ans. Cela en fait le comédien germanophone le plus connu dans le cinéma mondial actuellement. Il succède ainsi aux grands acteurs autrichiens comme Paul Muni, Maximilian Schell, Oskar Warner, Erich von Stroheim, Klaus Maria Brandaueur… Notons qu’il se considère autrichien et non pas allemand, même s’il a la double citoyenneté.

20 ans de médiocrité

Issu d’un milieu théâtral, le cinéma n’était pourtant pas forcément son rêve. Il se forme au chant et à l’opéra, parle couramment trois langues, apprend le jeu au Lee Strasberg Theatre and Film Institute, d’où sont sortis De Niro, Fonda, Johansson, Jolie, Rourke et Thurman. A 21 ans, il débute sur le petit écran. Il ne le quittera quasiment plus jusqu’en 2008 où il raccroche les gants dans la série Tatort (il y a joué trois fois, trois personnages différents). Il a également joué dans d’autres séries comme Le renard, Parole Chicago, Inspecteur Derrick…

Le cinéma l’emploiera moins. Mais une chose est certaine, Waltz n’a cessé de tourner. Au final, l’acteur caméléon a livré son talent dans des drames, des polars, des comédies, des comédies romantiques… Sans doute l’une des raisons pour laquelle on l’identifie mal à l’époque : il sait tout faire. « C’est la diversité qui m’intéresse » explique-t-il. Il ne sait ainsi jamais fait d’illusions : « grandir dans le spectacle vous évite de le fantasmer. » De ses années de formation, il retient la manière de réfléchir à un personnage. De sa maturité, il retire une conscience aigue des conséquences de ses actes et de ses choix.

Il préfère durer que briller. Ceci explique cela. Mais il a sa part de vanité. Waltz reconnaît la médiocrité des personnages qu’on lui proposait. En Allemagne et en Autriche, ses ambitions étaient limitées par les productions. Avant Inglourious Basterds, aucun des films auxquels il a participé ne trouve grâce à ses yeux. Il incarne Tristan dans une énième version de Tristan et Iseuth en 1982, le philosophe Friedrich Nietzche dans un film de Peter Patzak en compétition à Cannes en 1987. Véritable européen, il tourne avec le polonais Krzysztof Zanussi (deux fois dont une adaptation d’une pièce écrite par le Pape Jean-Paul II), le hongrois Nicolas Gessner, l’allemand Peter Fratzscher, l’irlandais Thaddeus O’Sullivan (Ordinary Decent Criminal, avec Kevin Spacey) … Mais l’insignifiance des films ne contribuent pas à le faire connaître. Certains relèvent du navet.

Glorification

Puis vint Quentin Tarantino. Un rôle à sa mesure, démesuré. Un Colonel impitoyable, sadique, nazi. Un putain de batard ! Un comble pour Waltz, père d’un fils qui est rabbin (sa première épouse était de confession juive). A l’origine, DiCaprio devait interpréter le salaud du film. Mais Tarantino se ravisa, décidant de donner le Colonel à un acteur allemand. Un rôle central puisqu’il apparaît au premier et dernier chapitre. Waltz transfigure le Colonel Landa, avec une fausse douceur accentuant le sadisme courtois du SS. Et c’est le bingo : après avoir emporté un prix d’interprétation à cannes, l’acteur empoche une trentaine de prix dont l’Oscar, le Golden Globe, le British Award du meilleur second rôle masculin. Waltz est la révélation de l’année tant il habite avec distance et ironie son SS a priori basiquement salaud. Inglourious Basterds rapporte 320 millions de $ dans le monde. De quoi faire décoller une carrière.

De fait, Waltz reçoit les plus belles propositions d’Hollywood. Remplaçant Nicolas Cage, il devient un gangster parano russe ( !) dans The Green Hornet (Le frelon vert) de Michel Gondry. Le méchant par excellence. 227 millions de $ au Box office.
Il reprend un rôle de salaud, mais amoureux, passionnément, jusqu’à la démence, dans le mélo De l’eau pour les éléphants. Jaloux de Robert Pattinson (on le comprend), accroché à reese Witherspoon (chacun ses goûts) et dirigeant un cirque, il crève l’écran et ne laisse aucune place à ses camarades. 117 millions de $ dans le monde.
Habitué à l’ambivalence, il poursuit avec un Richelieu rafraîchissant dans un remake des Trois Mousquetaires, de Paul W.S. Anderson. 132 millions de $ de recettes.

Déchaîné

Il épate davantage chez Roman Polanski dans Carnage, en mari de Kate Winslet, face à Jodie Foster et John C. Reilly. Dans un registre plus dramatique, face à un metteur en scène aguerri, Waltz fait des étincelles avec des envolées de mots toujours dans le ton le plus juste. Condescendant quand il le faut, méprisant s’il le faut, il prouve alors que sa stature de comédien ne doit rien à Tarantino.
Pourtant c’est bien avec ce dernier qu’il va encore cartonner. Dans le rôle d’un « gentil » (mais pas tant que ça), vicieux et héroïque, bref un charlatan de western, le Dr. King Schultz. Django Unchained, à ce jour le plus gros succès du cinéaste et de l’acteur, déchaîne les passions entre cinéphiles. Waltz est de nouveau nommé aux Oscars et remporte une fois de plus le Golden Globe. Sa côte s’envole.

Hollywood ne peut plus se passer de lui. Il a beau vivre en Europe, il ne travaille plus que là bas. Pour faire la voix d’un dessin animé de Chris Wadge ou être un génie de l’informatique au cœur de la prochaine machine infernale de Terry Gilliam, entre Matt Damon et Tilda Swinton.
Il ajoute du défi au défi. Mike Newell vient de la choisir pour être son Gorbatchev face à un Reagan interprété par Michael Douglas. La valse s’accélère. Le comédien semble savourer cette heure de gloire tardive, mais sans doute salutaire. Pour le public, une chose est sûre : il y a un véritable plaisir à le voir, qu’il cabotine chez Quentin ou qu’il s’amuse ailleurs…

vincy


 
 
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