Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



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Folle nuit russe
Her Smell
L'œuvre sans auteur
Le coup du siècle
Le Roi Lion
Le voyage de Marta
Les beaux menteurs
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Persona Non Grata
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Te Ata
Wild Rose
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Les météorites
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Douleur et Gloire
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Parasite
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La mémoire dans la peau (The Bourne Identity)


USA / 2002

25.09.02
 



LE PROFESSIONNEL





«- Comment t'oublier? Tu es la seule personne que je connaisse.»

Il existe une grande tradition méconnue dans le cinéma américain, celle du polar paranoïaque : lorsque le héros est à la fois chasseur (de vérité) et chassé (par les méchants), tout en étant situé au coeur d'un immense mensonge. North by Northwest en est la quintessence. Mais nous pouvons aussi faire le lien avec Le Fugitif, Sens unique, ou encore Minority Report. Le héros est traqué par ses propres chefs, acculé dans des impasses, piégé par le système dans un labyrinthe initiatique. Il est normal que le genre soit revigoré par notre époque : nous n'avons jamais été autant manipulés, observés, surveillés, culpabilisés. Chercher à échapper au système c'est une façon de rejoindre une forme de lucidité et de connaissance de soi.
The Bourne Identity est une très bonne surprise. Avec un scénario solide qui n'abrutit pas le spectateur, quelques passes d'armes admirables et des personnages consistants, la production hollywoodienne dénote de ses rivales. Les séquences d'action sont captivantes et dynamiques. Mais le plus passionnant est l'aspect psychologique qui enrichit le suspens macchiavélique. Avec un couple ni vraiment beau ni vraiment banal, mais judicieux et audacieux, le film n'hésite pas à explorer deux personnalités aussi étranges qu'attirantes. Potente apporte une épaisseur et une fragilité hésitante qui est rare dans le cinéma d'action, loin des blondes hystériques ou des névrosées à dépuceler. Quant à Damon, il continue à jouer les prodiges mal dans leur peaux. Il passe de l'air hagard et paumé au regard certain de trouver sa voie à défaut de retrouver le chemin. Surdoué Will Hunting, talentueux Monsieur Ripley, le voici génial et astucieux anonyme Bourne. La fin apparaît du coup totalement logique et complètement crédible, malgré ses allures romanesques.
Bourne Identity s'amuse aussi avec nos nerfs, variant les décors, accélérant le rythme quand il le faut, jouant au chat et à la souris avec les indices. Si les détails font apparaître quelques erreurs dans les cohérences géographiques, on reconnaîtra un grand souci de perfectionnisme quant à l'utilisation de l'Europe comme cadre de ce script. Une Europe un peu datée artistiquement (très années 70) regretteront certains. Mais ce cliché du film d'espionnage fait aussi parti d'un plaisir intemporel dans le cinéma américain : celui de l'exotisme des situations et la complexité des interactions.
Dans le registre, «l'ennemi est à l'intérieur», à partir d'un objectif plasible (faire de certains hommes des machines à tuer), on se retrouverait presque en terrain familier, entre complots politiques et opportunisme individuel.
Bizarrement dénué de morale, le film place juste l'humain au dessus de toute cette mécanique. Ce qui en soi est déjà bien. C'est ce qui explique tous ces beaux moments de silence et de non dits, d'actes altruistes et de don de soi, entre ces deux personnes qui n'ont rien à perdre, si ce n'est découvrir leurs sentiments au milieu de cette tumultueuse odyssée.
 
vincy

 
 
 
 

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