Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Miss Congeniality 2: Armed and Fabulous


USA / 2005

13.04.05
 



BAD GIRLS





« – Que diriez-vous d’un soutien gorge rembourré ?
– Que diriez-vous d’une décharge de tazer dans les testicules ?
– Oh… Je ne dirais pas non. »


Le pire, avec cette vaste entreprise qu’est Miss FBI, divinement armée, c’est qu’elle n’a même pas de défaut majeur. L’équipe de production, dans son immense compétence, sa multiplicité, son rêve de créateur à la Shiva, la pieuvre productiviste recouvre trop l’ensemble des possibilités techniques de ce type de cinéma pour pouvoir se planter, au point de ne pas réussir à divertir. Le divertissement étant bien sûr la raison d’être exclusive de ce film. Les studios ne savent que trop bien que le risque zéro existe. Toutes les étapes de la production sont contrôlées, assujetties au cahier des charges, à ce protocole qui assure l’essentiel : la viabilité. Heureusement, de ce désastre programmé, de ce cinéma qui pourrait être fabriqué par ordinateur, aucun chef d’œuvre ne verra jamais le jour. Seulement l’assurance d’un artisanat bien fait et propre sous tous les angles. Dans ce modèle de cinéma où l’auteur est remplacé par des séances de brainstorming, où le metteur en scène n’est plus qu’un exécutant technicien et docile, la beauté et la surprise ne s’inviteront pas ; du moins, pas à l’échelle du film entier (un plan peut être réussi, voir plus bas). Il n’y a aucun risque, parce que l’art n’est jamais « efficace ». C’est le miracle de l’auteur, repoussant les limites de l’originalité à mesure que la normalité s’étend, poussé, par la machine, par l’industrie dans ses derniers retranchements.
Du mélange des genres - déjà préprogrammé mais moins surfait – sympathique et bordélique dans lequel flottaient les premières aventures de Mlle. Hart, il ne reste ici plus grand chose. La comédie romantique, le film policier d’action d’apprentissage parodique (…) se voit largement réduit. Malgré tout, une certaine volonté, une idée presque originale apparaît dans Miss 2 : l’intention d’inventer le « buddy movie » au féminin est patente. Au final pourtant, là non plus, rien de nouveau sous le soleil. L’acolyte Sam Fuller est le clone de Gracie version Miss 1, fille de la rue arrogante et masculine. En plus de sa participation au duo comique, les scénaristes ont trouvé en elle le moyen de repartir à zéro, histoire de remettre sur le tapis le thème de l’initiation et de l’ouverture à la féminité.
Au milieu d’une affaire aussi éminemment collective que Miss FBI, divinement armée, rien n’interdit que surgisse, entre deux plans en préfabriqué, une tentative personnelle du réalisateur. Dans l’espace restreint d’un seul plan, John Pasquin tente une petite invention visuelle dont on regrette immédiatement qu’elle soit la seule du film. Gracie, lorsqu’elle se fait plaquer, est assise sur un meuble de sa cuisine, vue dans l’encadrement de la porte parce que filmée de sa chambre. Il y a dans ce plan une bonne idée (le meuble sur lequel elle est assise se continue virtuellement dans sa chambre par la plinthe) qui crée une continuité entre l’arrière plan dans lequel se trouve Gracie et le premier plan où une chaise, des objets la font paraître minuscule. Le personnage esseulé paraît alors mesurer dix centimètres de haut. Si l’on considère, comme Desproges que quand on est plus de quatre on est une bande de cons, on peut déplorer la multiplications des participants dans la créations des films. Ce plan très réussi, pose une fois de plus la question de ce que l’on veut voir au cinéma : de l’efficacité ou de la créativité ?
 
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