Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Carne tremula (En chair et en os)


Espagne / 1997

29.10.97
 



HOMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS





Comme le bon vin, Almodovar vieillit bien. La couleur reste belle. Le goût touche toujours au sublîme. Rien qu'à l'odorat, on sent le millesime. Et cet Almodovar est un bon cru.
Pedro demeure l'un des des cinéastes les plus singuliers de motre fin de siècle. Et forcément l'un des plus intéressants. Entre recherche Lynchienne et introspection Allenienne, il explore toujours les mêmes thèmes depuis 15 ans: les gens, le sang, les sentiments.
Totalement en symbiose avec son pays et sa culture, il est surtout l'un des rares réalisateurs dont on reconnaît l'oeuvre au premier coup de patte. Un auteur parfois inspiré, un peu critique, flirtant avec tous les genres. Fascinant.
Etonnament, Almodovar divertit. Même dans la gravité. Cette ambigüité se transpose aussi dans l'ambivalence des passions éprouvées par ses personnages.

En Chair et en os (Live Flesh en anglais, Carne Tremula en espagnol, c'est à dire Chair tremblante) prolonge aunsi sa vision des êtres humains, de leur voyeurisme, de leurs folies amoureuses, de leurs tragédies morbides.
Les personnages ont mûri. Ils en sont même à leur deuxième partie de leur vie.
La caméra s'est assagie. Les tons sont moins pastels. L'Espagne est plus moderne. Amodovar signe son film le plus réaliste, renouant avec la noirpremières oeuvres. Il s'agit avant tout de son premier film politique.
Almodovar a choisit de nouveaux comédiens. C'est le premier changement. Aucun d'entre eux n'avait eu une expérience avec le maître. Cette galerie refaîte à neuf participe à notre plaisir.
Les femmes sont toujours névrosées, partagées entre leurs désirs, et se donnent encore complètement à leurs amants. Les rides apparaissent. Elles maîtrisent mieux la situation.
Bizarrement ce sont les mâles qui ont les problèmes. Un ex-flic devenu handicapé et champion sportif, un jeune batard naïf, mauvais baiseur, et emprisonné injustement, et enfin un flic alcoolo, violent, menteur. Leurs failles provoquent les ennuis, les jalousies, les envies. Ils tentent de reconstruire leurs vies suite à un accident. Les mecs ici sont mutilés, dépendants, en phase d'apprentissage. Pas finis.
Pedro Almodvar utilise donc comme d'habitude des espaces incongrus: une bâtisse proche de la démolition, un appartement pour chaises roulantes... Il n'y a plus de comédie musicale. Les lumières sont moins flashantes.
Seuls la lingerie, le sexe, la chair demeurent présents. Les belles femmes, les belles geueles et un esthétisme certain: le réalisateur aime exhiber sa ville dans toute sa splendeur contemporaine.
Bien sûr, l'esprit est marqué par quelques scènes très fortes: la naissance d'un bébé dans un bus traversant un Madrid sous couvre-feu, la fusion des deux corps amants créant l'image d'une paire de fesse, l'épilogue dans une Madrid vivante et joyeuse, nocturne et libre.
Almodvar a donc conclu par une note d'espoir, rappelant à quel point son pays avait changé grâce à la démocratie. Comme lui a changé: il n'a plus besoin justement de filmer cette revendication de la liberté. Il peut désormais passer à autre chose que son style qui nous a autrefois éblouit. En se consacrant uniquement à l'essentiel: l'amour.
 
vincy

 
 
 
 

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