Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Echo Park, L.A. (Quinceanera)


USA / 2006

05.07.06
 








MAGDALENA FULL OF GRAISSE

"- Je travaille pour la télé : soit t'es riche, soit tu rames."

Parfois les meilleures histoires sont souvent les plus simples. Malgré son scénario dramatiquement classique (présentation, unions, séparations, frustrations, réconciliations), Quinceanera (Echo Park L.A.) réussit à nous charmer avec ce conte réaliste maintes fois vu.
La grâce qui illumine ce récit provient de ces jolis personnages, vite attachants, psychologiquement tout en finesse. Car si les cinéastes Glatzer et Westmoreland insistent sur leur propos social, c'est bien le romanesque qui nous touche.
Los Angeles est au loin, inaccessible monde de lumières. Echo Park est pourtant en son coeur. La jeunesse n'a rien de différent de celle d'une banlieue occidentale. Oisive, consumériste. Pas facile de faire coexister la société moderne, ses libertés et ses tentation, avec les traditions d'un pays d'origine, étranger et lointain. Religion, rites, langues : portrait d'une communauté au travers d'ados mal dans leurs peaux. Mais pleins de joies : "se faire plaisir pour subir les réalités".

Voilà le décor. Car le réel n'a rien de glorieux. Boboland investit dans le quartier et "excommunie" les habitants originels. Crise de l'immobilier, crispations sociales, racisme voilé ordinaire, sans omettre les fantasmes qu'inspirent une peau mate tatouée...
Trois personnages en quête de hauteur. Une fille qui a déjà des formes, et qui tombe enceinte malgré elle. Son père, pasteur, refuse d'ailleurs sa version des faits : elle clame sa virginité et confirme sa grossesse. Ironique de plaider Marie et de ne pas croire sa Magdalena. Enfermée derrière son grillage, elle fugue. Un cousin, bien surnommé "troublemaker", refoulant son homosexualité en exprimant une certaine rage, violence à l'égard de ceux qui l'humilient. Renié par ses parents, il fuit.
Et leur oncle, un aïeul qui cultive les secrets autour d'une recette miracle, qui entretient un jardin extraordinaire, qui les recueille et en fait ses enfants. Refuge essentiel qui donne une dimension sentimentale.
Ce triptyque chaleureux et généreux qui apprend à cohabiter transforme le film en une ode (réussie) à la tolérance, la différence. Sortir de son cocon n'est ainsi pas la réponse à tous les problèmes, et la fuite encore moins.

L'oeuvre n'est pas alourdie par une quelconque morale. Réalisation convenue pour ce type de films, avec quelques belles idées qui transfigurent les conventions, elle évite le kitsch en s'en servant d'outil quasiment documentariste. Parfois l'image devient allégorie (enfin) comme dans les films latinos avec lesquels il flirte. Sans surcharge d'icônes, sa subtilité tient davantage dans les nuances de ses "héros" (avec mention pour la mère pragmatique, le petit ami soumis, lâche et l'oncle débonnaire). Le film n'évite cependant pas certaines caricatures (le gay jaloux, le père machiste...).
Mais, sur le fil, cet équilibre nous permet, aidé d'une bande originale énergisante, de compatir avec ces enfants terribles, répudiés pour une histoire de sexe : un dépucelage précoce, des envies sodomites. Nous en sommes encore là : la bêtise des pères, tandis que le monde change.
Hymne à la cohésion familiale, jusque dans ses failles, cette initiation si particulière nous rend le sourire de voir deux jeunes esseulés et marginalisés, radieux de bonheur. Sans violence ni errance. Les yeux un peu mouillés.
Parfois, ce genre de fable, sans être transcendantale, fait du bien, grâce à sa justesse. Un peu comme des omégas 3.
 
vincy

 
 
 
 

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