Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



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La vie invisible d'Euridice Gusmao
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Et puis nous danserons
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El espinazo del diablo (L'échine du diable)


Espagne / 2001

08.05.02
 



TU N'AS RIEN VU A GUERNICA…





Depuis les prémices de l'art, le genre fantastique s'est avéré être à la fois matrice et pléonasme de la métaphore. Palliatif de toutes les censures, de toutes gageures économiques, sociales, intellectuelles, de courants d'écoles et/ou politiques, d'avènements et d'événements nouveaux, de croyances comme d'identités laïques. Un tremplin aux convictions comme à la liberté de pensées et de l'individu. Soudant tout autant en son sein la parabole sur le couple et l'amour de la Belle et la Bête l'anticipation visionnaire d'un 1984, les technologies nouvelles d'un Jules Verne jusqu'aux revirements démocratiques (La planète des singes) et métaphysiques (2001…). Guillermo del Toro fût à bonne école. D'une part victime émerveillée et passionnée de séries B américaines des années 50 où le symbolisme politique lourdingue se mariait au spectaculaire (la peur du " Rouge "), de l'autre, la maturité acquise, sachant faire le trie sans pour autant cesser de s'émouvoir de sa " culture des sens ". Ses jonctions semblent désormais pouvoir nous offrir les bases d'un renouveau fantastique dont il est nul doute que Tim Burton fût le fer de lance. Guilermo del Toro est Mexicain. Ses producteurs, dont Pedro Almodovar, sont espagnols. Au-delà d'une langue commune, les histoires se rencontrent et l'Histoire de même. Oubliez dès lors toute aspiration quand à découvrir un film catégorié " fantastique ", car une fois encore, le genre, bien heureusement, ne sert qu'à servir un propos. Forcément politique, certes, mais avant tout humaniste. Dans le sens que tout incident est parabole d'événement. Dans le vrombissement des bombardements qui secouent l'Espagne, se noue un drame dans les tréfonds aqueux d'un orphelinat égaré qui n'est pas sans rappeler la forteresse du "Désert des Tartares" de Dino Buzzati (roman adapté à l'écran en 1975 par Valerio Zurline avec Jacques Perrin dans le rôle principal). Il confronte un adulte et en enfant. Le pire arrive. L'enfant meurt. De sa mort, nous ne saurons rien jusqu'au dénouement. Reste que dans la cour, tel le témoignage de l'erreur intime et de l'horreur nationale, une bombe surplombe. Inerte. Morte. Tel un fantôme. Tel le fantôme de l'enfant qui apparaît bientôt et qui cherche à faire confronter la vérité aux autres. Mais la vérité quelle est-elle ? Celle de dehors ou celle du dedans ? Les deux mon capitaine…

Guillermo del Toro signe sans nul doute, avec L'Echine du Diable, une œuvre qui demeurera dans les anales du fantastique et de l'imaginaire au service du discours politique et social, avec La forteresse de Michael Mann. Imbibé de ses propres expériences, personnelles et artistiques, ces deux pôles servent à une approche expressionniste dans le sens premier du terme, promptement-désigné, où même les décors doivent refléter la psychologie et l'enjeu des protagonistes. On soupçonne de nombreux éléments autobiographiques dans sa galerie de personnages enfantins, et aussi une fidélité à ses aspirations, à ses inspirations. À l'image du " bad-guy " du film, les yeux injectés de sang et qui, tel un vampire, mourra empalé par des pieux de bois brandis, jonction évidente entre son parcours d'auteur autonome (Cronos) et efficace (Blade 2). D'éducation chrétienne, del Toro multiplie les références à la Bible, tout comme il l'avait fait dans ses films précédents (et dont les chemins de Croix amenaient, tel ici, irrémédiablement à la Mort). A la sortie de Mimic, del Toro déclarait qu'il voulait transcender les tabous d'une " bible " liée au cinéma fantastique qui interdisait à l'écran de tuer personnes agées, chiens, et enfants. Ici , il n'y a pas de chien ; imaginez dès lors le traitement infligé aux gosses… La guerre les épargnerait-il comme par enchantement ? Et la vie de même ? C'est un carnage sans aucune complaisance. Sur le plan de la mise en scène, rarement encore effets spéciaux et mixage sonore auront été au service d'un récit. Tellement rares qu'à chacune de leur apparition ils font soit bondir, soit s'émouvoir, et ce n'est pas peu faire. En songeant au fantôme central, poupée de porcelaine brisée et baignée de tornades liquides ascendantes, nous retrouvons dès lors les plus grandes heures du cinéma fantastique australien et britannique des années 70 (Harlequin, Dr Phibes), la technologie moderne en supplément. Et que dire d'une photo jouxtant parfois celle d'un Terence Fischer et les plus belles mises en perspective de cadrages, où le Wim Wenders de Paris Texas se marie à Sergio Leone et Dario Argento. ? Il est fort difficiile de parler du kaléidoscope symbolique d'un film sans en trahir les fondements scénaristiques et dont le plaisir ultime est leur aboutissement. Je me suis dès lors permis que de les évoquer. À vous d'y aboutir et d'en découvrir à la fois l'essence et les sens.
Les fous, les bienheureux…
 
arnaud

 
 
 
 

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