Avec La Belle époque, Daniel Auteuil retrouve non seulement un grand film populaire (hormis Le Brio, agréable surprise il y a deux ans) et des partenaires de choix, après une dizaine d'années sans étincelle au cinéma. Passé par les planches, la réalisation et des films déjà oubliés, l'acteur va s'aventurer maintenant dans la série, avec Le mensonge.



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PETITE ETOILE DEVIENDRA GRANDE





François Ozon est sa bonne étoile, semble-t-il. Gouttes d'eau sur pierres brûlantes et 8 femmes, deux oeuvres cinématographiques majeures du point de vue du symbolisme psychologique et esthétique, expriment une finesse de jeu plein d'élan et de verve pour cette jeune actrice désormais familiarisée avec le rythme soutenu des tournages. Les studios de production, c'est un univers qu'elle connaît bien. Depuis l'âge de 9 ans, elle fait régulièrement des apparitions furtives sur le petit écran. Entre la Famille Fontaine et des petits rôles dans de nombreux téléfilms, elle se forge peu à peu un nom et une identité qui ne peuvent laisser indifférents les détecteurs de jeunes talents.

Je revis en spectacle ce que j'ai vécu dans la vie.
Avec le Lutin du meilleur film de fiction, le court-métrage de Guillaume Bréault, Acide aminé, la révèle au grand public et dans la profession en 1999. La frimousse angélique de Ludivine fait alors l'objet de tous les regards avertis. Cette première interprétation remarquée et récompensée annonce un nouveau départ dans la cour des grands. Très rapidement, les rôles s'enchaînent auprès d'acteurs au parcours filmique confirmé.

D'abord et surtout, Gouttes d'eau sur pierres brûlantes en 1999, une farce satirique ancrée dans un clair-obscur de personnalités complexes. Ici, François Ozon révèle son expressivité lumineuse et naturelle. Sa beauté charnelle crève l'écran et de surcroît, la sensibilité des spectateurs. Son esthétique corporelle, stylisée à l'extrême dans un décor glacé et théâtralisé, se glisse insidieusement et subtilement dans un chaos de comportements débridés. Des scènes anthologiques estampillées au sceau du burlesque comme un show chorégraphique mémorable suivi d'une partouze (soft !) avec des partenaires de la trempe de Bernard Giraudeau et Emma Thomson, savent mettre en exergue sa vivacité exacerbée. Malheureusement, ce film est passé inaperçu auprès du grand public. Dommage.

Puis, elle s'illustre dans un aparté peu exaltant avec Bon plan en 2000. Jérôme Lévy, pour son premier long-métrage, signe une comédie légère, grossièrement teintée de clichés ados. La présence de Roland Giraud et de Thierry Lhermitte ne suffiront pas à épaissir ce scénario insipide. On y retrouve heureusement la sempiternelle fraîcheur de Ludivine. Trait de personnalité prééminent à travers l'ensemble de ses prestations cinématographiques, mis à part dans Un jeu d'enfants, adaptation de série B signée Laurent Tuel, dans laquelle le tempérament étrangement effacé de son personnage tranche avec le caractère frénétique et vivant de son jeu habituel. Au cours de l'année 2001, elle collectionne les rencontres de qualité, notamment avec Ma femme est une actrice, plaisante histoire d'amour entre Charlotte Gainsbourg et Yvan Attal (réalisateur et acteur), où elle incarne une " groupie " du principal intéressé.

Pour amorcer l'année 2002, François Ozon la sacralise dans le point culminant de sa filmographie aux côtés des plus grandes stars du cinéma français. En haut de l'affiche dans 8 femmes, Ludivine nous offre un jeu diaboliquement audacieux. Tantôt revêche, tantôt attendrissante, elle bluffe ce florilège de " damoiselles " émoustillées, en y égrenant des touches d'espièglerie et de révolte puérile déconcertantes. 8 femmes, huis-clos délicieusement imprévisible, à la mécanique marketing bien huilée, lui assure sans aucun doute une visibilité optimum dans le cadre de ses futures prouesses cinématographiques. Ludivine Sagnier subjugue son public par un talent artistique net que seul François Ozon, avait su percevoir et orchestrer à sa juste valeur.
Mais de Giannoli en Honoré, de Miller en Chabrol, les générations de réalisateurs se bousculent au portillon pour la rendre folle, passionnée, chanteuse, sulfureuse, paumée. Incandescente étoile, ni trop belle ni trop avant gardiste, sa gouaille et ses failles en font la comédienne la plus intriguante du jeune cinéma français, à la fois dans le cinéma d'auteur mais jouant la carte du populaire. Elle avoue ses faiblesses : "Je suis très bonne en casting car je n'ai pas peur de me planter.". Innocente mais femme fatale, enfant mais maman, elle joue le blonde platine et la mine déconfite. Il y a quelque chose d'atatchant chez elle. Moins légère qu'à ses débuts mais toujours aussi blagueuse. Aux antipodes de son rôle dans Swimming Pool et douée pour être la fée malheureuse (de Peter Pan comme de Chabrol).
Mais avant tout rester "magique". Et donc irréelle?

Agnès, vincy


 
 
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