Jean Dujardin n'en a pas terminé avec les films populaires (il sera bientôt dans un nouveau OSS 117) mais ces derniers temps, il opte aussi pour des chemins de traverse plus audacieux. Après le duo Kervern/Delépine, le voici à l'affiche du déjanté Le Daim de Quentin Dupieux,où il habite littéralement son rôle. On le retrouvera à la fin de l'année chez Polanski dans J'accuse.



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SYLVIE TETUE





Brillante. Vive. Timide. Butée. Simple. Sanguine. Instinctive. Orgueilleuse. Sauvage. Bordélique. Insolente. Directe. Sylvie Testud est tout cela à la fois. Celle qui démarre véritablement avec Karnaval, après presque une vingtaine de films (courts et longs métrages), est une comédienne singulière au sein du cinéma français. Loin des figures lisses et glamour qu’on a l’habitude de voir parmi les jeunes premiers, Sylvie Testud est atypique depuis toujours. Ça tombe bien, son jeu et les films qu’elle choisit le sont quelque part aussi. Et ça tombe bien aussi, son atypisme est polymorphe et sa filmographie éclectique.

Mais commençons par un rapide retour aux sources. Après un bref passage au cours Florent, Sylvie Testud rentre au Conservatoire National d’Art Dramatique, au Conse comme le disent ses habitués. Elle n’en revient pas et se sent toute petite face à toutes ces recrues qui ont déjà joué avec machin ou qui connaissent bidule. Elle qui vient de Lyon et qui a encore fait si peu. Une fois sortie, elle joue des petits rôles (dans Carne de Gaspard Noé, L’histoire du garçon qui voulait qu’on l’embrasse de Philippe Harel, Le plus bel âge de Didier Haudepin, Love etc. de Marion Vernoux…). En 1999, c’est la révélation. Elle interprète Béa dans Karnaval, le premier long-métrage de Thomas Vincent, le fils de la comédienne Hélène Vincent. Le film, réalisé par un inconnu et interprété par des acteurs encore anonymes, est un vrai succès critique et public. Le ton y est brut, original et cette histoire de trio amoureux embarqué dans le tourbillon du carnaval de Dunkerque, marque par son côté organique d’une rare violence.
A partir de là, les choses s’accélèrent et Sylvie Testud (tout comme Clovis Cornillac et Jean-Paul Rouve, également révélés par Karnaval) en retire une notoriété bénéfique pour la suite. Tellement que ses proches ont l’impression de vivre Cendrillon ! Elle reçoit de nombreuses propositions. Heureusement, les scénarios et les personnages proposés sont très variés, ce qui lui fait penser qu’elle n’est pas rentrée dans une case. Et c’est tant mieux car cela nous permet d’appréhender ses différents registres. Qu’elle soit mystérieuse dans La captive, brutale et fragile dans Karnaval, écrivain lunaire dans Demain on déménage ou clown exterminateur dans Victoire, Sylvie Testud est toujours parfaite à l’écran.

Côté coulisses, c’est une autre paire de manches : Sylvie Testud a du caractère. Beaucoup de caractère. Lorsqu’un tournage est trop lisse, elle confesse avoir du mal à donner le meilleur d’elle même. Parce qu’elle a besoin de se mettre en danger, elle finit parfois par semer la pagaille et rompre un équilibre qui ne lui permet pas de « sortir ses tripes ». Et puis pas question de se plier aux quatre volontés des réalisateurs. Quand elle a décidé quelque chose, difficile de lui faire changer d’avis. La comédienne reste intraitable et, souvent, son refus se révèle salvateur. C’est ainsi qu’un réalisateur lui demande d’approcher sa main d’un serpent soi-disant inoffensif. Sylvie Testud refuse catégoriquement. Et elle fait bien car ledit serpent envoie un crachat très dangereux sur la personne moins vigilante qui la remplace. C’est ainsi aussi qu’une autre fois, elle ne veut pas sauter d’une fenêtre par manque de garantie. Et c’est une cascadeuse irréfléchie qui se brise les jambes dans cette cascade approximative… Sylvie Testud est têtue et elle fait bien. Peut-être même qu’elle est sous la protection d’une bonne étoile.

Même s’il n’y a pas beaucoup d’étoiles ce soir comme le dit le titre de son premier livre. Car Sylvie Testud, qui a de l’énergie à revendre, ne se contente pas de jouer. Elle s’essaye également à l’écriture. Elle y raconte des bribes de sa vie d’actrice. Le ton est comme on l’imagine : vif, saccadé, sans fioritures et drôle. Comme elle.

Côté reconnaissance, ses pairs, tout comme le public, ne s’y trompent pas. Déjà trois présences aux Césars : en plus d’une simple nomination pour Karnaval (meilleur espoir féminin), elle reçoit le prix du meilleur espoir puis celui de la meilleure actrice respectivement pour Les blessures assassines de Jean-Pierre Denis et Stupeur et tremblements d’Alain Corneau.

Malgré ces lauriers et son joli talent, Sylvie Testud garde la tête froide et reste humble : "Il y a des chances qui vous sont offertes, il faut les saisir et ne pas les gâcher. La vie est faite d'injustices, vous pouvez être le plus grand acteur du monde, si on ne vous propose pas de bons films, vous n'arriverez à rien."

Laurence


 
 
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