Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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Comme quoi il faut se méfier des biographies clonées sur Internet. Il est écrit partout que Sara Forestier a étudié la comédie au Cours Florent. Prestigieuse institution pour y apprendre l'art de jouer, pleurer, engueuler. En fait elle n'y a passé que deux semaines, au cours d'un stage. Depuis, l'information circule. Information qui n'a rien de véridique puisque la demoiselle, qui a quitté le lycée dès l'âge de 16 ans - ce qui peut expliquer les allures populaires de son franc-parler - s'est surtout construite sur le tas. Attirée par le théâtre, la musique, la peinture, elle opte finalement pour la comédie.
Elle a 13 ans - nous sommes donc en 1999 - et accompagne une copine pour un casting (les jingles de Canal J). Les deux filles sont prises et, dans la foulée, envoyée sur le tournage d'un film de Martine Dugowson, Les fantômes de Louba. Sur le plateau elle croise son futur agent, qui lui fait faire une série de castings chaque semaine. Jusqu'au rôle miracle.
Car, contrairement à la croyance médiatique, elle ne vient pas de nulle part. Elle enchaîne quelques petits rôles, qui la démarquent petit à petit. C'est évidemment Abdellatif Kechiche - son Mozart - qui va en faire une Princesse. Pour être Lydia dans L'Esquive, il a fallu transgresser une règle que s'était imposée le réalisateur : il ne voulait que des amateurs, aucun professionnel. Elle parvient à ses fins, et obtient le rôle principal. Deux mois et quelques de répétition dans un squat avant de jouer ce marivaudage des banlieues. Personnage en parfaite adéquation avec elle : une gamine de son époque qui enfile des costumes comme on se déguise pour le carnaval. "Jamais je n'étais allée aussi loin. Il a mis mon statut de comédienne entre mes mains. Je suis devenue intrasèquement actrice et plus familière avec moi-même." Finis les castings, les scénarii déboulent dans la boîte aux lettres, direct. Les Césars n'esquiveront personne, ni le cinéaste, ni les producteurs, ni l'actrice, meilleur espoir féminin parmi une litanie de prix reçue depuis quelques mois. "Les prix, j’adore!". Elle est à peine majeure, elle ne sait pas forcément ce qu'elle dit. Pardonnez-lui. Sa gouaille, son engouement naïf font aussi d'elle une personnalité appréciée des jeunes, et recherchée par les médias, en manque de chair fraîche et de visages "identifiant" leur cible.
Presque surexposée, elle clame pourtant qu'elle "veut être une actrice, pas une star." Elle se repose toujours sur sa famille. Ne pense pas aux garçons (sauf à Al Pacino, l'homme de sa vie). S'enflamme pour un rien. Menue mais fonceuse, sur la défensive mais toujours en attaque, elle parle vite, net, sans se soucier des préjugés. Blonde aux yeux bleus, jolie mais pas belle, craquante avec ses fossettes, c'est son regard vif qui allume le spectateur, le journaliste ou quiconque le croise. Car sara Forestier est plus une gamine de son âge qu'une vedette qui se la pète. Jogging ou baggy, elle a l'allure de sa génération. "Je sais bien que je n'ai pas une image sexy, mais la féminité ne m'est pas étrangère." Passons pour la nudité ou la vulgarité dont elle ne veut pas entendre parler, sauf si cela se justifie artistiquement, cette jeune femme pudique est avant tout sincère. C'est ce qu'elle veut partager. "J'te kiffe" vaut ainsi tous les compliments de la terre. A quand le remerciement aux César en version SMS? Car de tout cet argent reçu ces derniers temps, qu'a-t-elle fait? "Ma seule folie est un nouveau forfait de téléphone avec plein d'heures de communication." On se demande si le contenu de cette phrase révèle la normalité de l'interviewée ou l'insipidité des médias.
Elle bouffe bio (mais pas végé), ne clope pas, ne boit pas. Mais elle cause. Elle ne manque pas d'appétit et aime jouer. Elle joue comme elle respire. Elle n'arrête pas de tourner, les rêves plein les mirettes : Feydeau et Deville, jeune pute qui rêve des Seychelles chez Blier, déjà mise en boîte (de nuit) par Bruno Chiche dans Hell... Ce dernier est l'adaptation du roman de Lolita Pille où une fille BCBG se perd dans des soirées Jet Set. De l'ange bessonnien à l'enfer des nuits parisiennes, Sara Forestier devient l'une des comédiennes les plus sollicitées du moment, pour des petits rôles ou des personnages "casse gueule". Un César ça peut aider... Elle flirte avec Binoche et Turturro, réalise un court métrage en DV, Ça se voit direct, avec sa copine Sabrina Ouazani. Rédige deux scénarii de longs métrages, dont un de gangster (elle adore ça les films de gangsters). Nous avons passé sous silence son apparition dans le dernier Lelouch. Mais celui-ci ne comptera pas beaucoup dans la filmo déjà bien étoffée de cette aguicheuse et prometteuse comédienne, qui, si tout va bien, finira réalisatrice. Raconter des histoires. "Pour faire rêver les gens."

vincy


 
 
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