Nicole Kidmanl est de retour. Ambivalente, autoritaire, faussement corsetée... elle est épatante dans Les proies de Sofia Coppola, au milieu d'un casting féminin au diapason. En attendant de la retrouver encore plus ambiguë et sur le fil chez Yorgos Lanthimos en novembre.



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LEGERETE DE L'ETRE





Juliette Binoche semble fragile dans cet univers de Marketing.
Le visage dur face aux Hommes, la sensualité écorchée dans ses rôles de femmes. Elle a souvent eu la réplique anglophone et l'amour destructeur depuis ses débuts...
Des personnages de tête, les réalisateurs la voient ainsi, un joyau à conquérir, et qui se désiste constamment.
Elle refuse Jurassic Park pour tourner Bleu qui lui vaut tous les lauriers du monde.
Elle s'obstine dans le naufrage des Amants par pure fidélité et songe même à abandonner son métier.

Carrière tourmentée...
Elle affronte Claude Berri, perd, mais, grâce au producteur de L'Insoutenable..., gagne The English Patient. Les critiques sont élogieuses.
Juliette a une fine filmographie, un itinéraire tourmenté, mais un travail riche: la tenacité de ses choix a construit une actrice hors du commun.
Aussi légère qu'une fragrance (Poême), aussi intransigeante que désespérée, il est difficile d'imaginer qu'elle n'est pas cette femme toujours un peu abandonnée à son sort (la plupart de ses films) attendant un prince charmant ou un signe de sa bonne étoile.
Lentement, à chaque fois, avec patience et minutie, elle fêle une carapace encombrante, telle une crysalide, et se transforme en papillon.

Perfectionniste, elle va jusqu'au bout des aventures...
Comme un phoenix renait de ses cendres, Juliette touche au bonheur après avoir traversé toutes les horreurs. Avec la patience du peintre et la précision d'une technicienne, elle réassemble les morceaux explosés pour en refaire une oeuvre cohérente, et parfois grandiose.
Ainsi dans Bleu elle réapprend à vivre, dans Le Hussard, elle se découvre une passion.
Cette reconstruction se sent dans le jeu de l'actrice. Intensément, elle plonge avec passion dans ses rôles. Mais se protège aussi: elle refuse de porter le film (échec ou succès ce n'est pas son affaire) et préfère voir son métier comme un travail et non un réservoir de reconnaissance.
Bien sûr elle a conscience de son charme, mais n'en joue jamais. Presque trop lucide, elle enlève le coté glamour, et se dénude plutot que de se maquiller.

Les retrouvailles avec Téchiné...
Intransigeante, elle a besoin d'un réalisateur libre, ayant la même vision qu'elle. Elle cherche même à dépaser ses limites. Silencieuse et intérieure, Juliette Binoche souhaite désormais parler et oser. Étendre son registre.
Pour remercier Téchiné d'être le premier à lui avoir fait confiance, elle devait être une amoureuse littéraire du temps de Louis XVI, Julie de Lespinasse. Elle sera finalement Alice, rencontrant Martin, dans une sorte de faux remake du Lieu du crime. Le paradoxe Binoche est bien de ne pas être "bankable" en France (ses films font entre 500 000 et 1 million de spectateurs depuis Le Patient Anglais, malgré des budgets faramineux) mais de l'être à Hollywood (Chocolat pourtant moyen est un hit en salles et en vidéo). Il est vrai aussi que ses films ne satisfont pas la critique. Hormis le choix gonflé du Haeneke où elle s'est mise un peu en danger, elle a navigué sur des eaux consensuelles voire conservatrices. Les enfants du siècle est un projet proche de celui de la Lespinasse. Le film lui aura permis de rencontrer son fiancé, magimel, pour qui elle a fusionné le personnage et la femme. La veuve de St Pierre, légèrement sous-estimé, a été une variation sur le même thème.
Ces films en costumes séduisent le public anglo-saxon, où Binoche, depuis son Oscar, bénéficie d'une véritable aura. Si on a l'impression qu'elle gâche un peu son talent, il est évident que sa valeur commerciale a augmenté avec un succès plus personnel comme le Hallstrom. Le film lui vaut une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice pour un rôle convenu, et rapporte plus de 70 millions de $ aux USA (et près du double au total dans le monde), sur son seul nom.
Boudée dans son propre pays, l'une des actrices les plus chères du cinéma européen continue d'alterner entre un projet français et une production américaine. Elle passera ainsi à la comédie (une première en 20 ans depuis Les Nanas) avec la française Danielle Thompson. Elle y rejoindra l'autre grande star internationale du cinéma hexagonal, Jean Réno. Le rôle était pour Adjani. elle n'y est pas mauvaise, mais la sauce ne prend pas.
Sans être à son niveau le plus créatif, Binoche maintient indéniablement son statut de "grande" parmi les grandes.

Après une pause de 2 ans, elle aura tourné essentiellement à l'étranger. Voyageuse et nomade. Boorman la met face à Samuel L. Jackson, Siegel la réunit avec Richard Gere, Haeneke lui fait rencontrer enfin Auteuil (7 ans après l'avortement de Lucie Aubrac), et elle est annoncée pour un prochain de Palma.
Binoche n'est plus française mais sans frontières. Sy perdra-t-elle? Ou au contraire, s'y retrouvera-t-elle?

vincy


 
 
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