Eddie Redmayne revient dans le rôle de Norbert Dragonneau, en spécialiste d'animaux fantastiques. Oscarisé il y a 3 ans, le comédien britannique, réputé talentueux, n'avait pas été vu sur grand écran depuis Danish Girl. Il vient de terminer The Aeronauts, biopic signé Tom Harper avec Felicity Jones, sa partenaire d'Une merveilleuse histoire du temps. Il a deux projets non confirmés: un drame politique d'Aaron Sorkin et un drame de Tobias Lindholm.



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LADY PRESTANCE





« En fait, je suis fasciné par les gens, leur complexité ; leurs failles, leurs mystères. C’est ce qui les rend intéressants. C’est pour ça que j’aime mon métier : il permet de savoir ce qui se cache derrière ce qu’on voit. J’ai beaucoup de chances de pouvoir ainsi m’immiscer dans la vie de femmes qui, peut être, me rendent meilleure que je ne suis [Rires]. Mais je ne le fais pas seule ».

Elle est une figure emblématique du cinéma hollywoodien. Incontestablement, une des rares - peut-être même la seule – à avoir conquis trois générations de cinéphiles ou simples amoureux de sa grâce. Au-delà de l’âge, des tendances, de toutes ces marques du temps et, souvenons-nous, incontournables traversées du désert suivies de brillants retours que seule la jeune génération de cinéastes aura forcé. Celle-ci même qui aura grandi, appris et rêvé avec la comédienne. Avec sa prestance, son art – quasi énigmatique - de toujours parvenir à crever l’écran, de serrer nos gorges sans pathos, nous porter du rire aux larmes avec toujours tant d’exaltation. Un miracle ? Elle-même l’affirme de pied ferme. Surtout lorsqu’on sait que Streep a toujours marqué ses distances avec la Babylone, privilégiant toujours sa vie privée, sa vie de famille, de mère – comme elle se plait souvent à le rappeler - loin des frasques californiennes. Acquiesçons, mais tout en nuances. Sa vie dans la Big Apple lui aura permis de rester en phases avec ce qu’elle est vraiment : une femme curieuse des autres qui, avant tout, aime la simplicité. Et, il va sans dire : en phase avec ses premiers amours, ses premières révélations : la scène, l’opéra, la comédie musicale, sa passion pour les costumes, la décoration, pour la musique (à partir de laquelle elle compose chacun de ses rôles), de ses premiers succès sur les planches du Vassar College (dans "Mademoiselle Julie" et "Un tramway nommé Désir"), à Brodway, simultanément sous la direction la direction d’Arthur Miller (« A Memory of Two Mondays ») et de Tennessee Williams (« 27 Wagons Full of Cotton ») pour ne citer qu’eux. Sans oublier ses performances au Lincoln Center (« Trelawney of the Wells », aux côtés de Mary Beth Hurt et John Lithgow ; m.e.s : Joseph Papp), au Shakespeare Festival et à l’affiche de productions off-Brodway comme « Alice at the Palace » qui lui valu de remporter un Obie Award.
Bien sûr il y eut des écueils, certains choix discutables au grand écran, nombre de fresques moyennes et rôles archétypes. Trop de mélo ? Trop d’impossibles idylles ? Trop de redites ? La Mrs. Dalloway par excellence ? Certes. Mais ce serait faire fi de cette certitude : Streep est une des plus grandes actrices de composition de toute sa génération. Voilà déjà bien longtemps que la comédienne est devenue une icône. On la dit perfectionniste. Sans aller jusque là, reconnaissons que le pilier de sa carrière aura aussi été celui des temps confortables, alors qu’elle excellait à corps et âme perdus au mélodrame. Sans grandes prises de risques ? Streep est arrivée très tard au cinéma populaire : pas avant 1992, avec La mort vous va si bien. Un rôle de yuppie tant fardée que décomposée ; choix moye, en terme de constance qui aura toutefois eu le mérite de faire exploser l’autre Meryl : celle qui nous fait jubiler lorsqu’elle devient vaudevillesque démon. Qu’à cela ne tienne ! Elle aura su préserver sa vie privée alors qu’elle navigue aujourd’hui en toute aisance au-delà des genres. Quoi de plus volontaire, et bien sûr - quand bien même ceci n’est plus à démontrer - quoi de plus audacieux !

Drames, qu’ils soient empreints d’Histoire (Voyage au bout de l’enfer, Plenty), familiaux (Kramer contre Kramer, Un cri dans la nuit, Marvin’s Room) ou strictement psychologiques (La brûlure, Ironweed, Before and After, controverses politiques, (La vie privée d'un sénateur, Le mystère Silkwood, Un crime dans la tête), histoires vraies, comédies (La diable, Petites confidences à ma psy), comédies de mœurs (Bons baisers d'Hollywood, Le diables s’habille en Prada), thrillers, films d’action (La mort aux enchères, La rivière sauvage), contes fantastiques (Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire), comédies noires (La mort vous va si bien), romances et toiles d’aventures (La maîtresse du Lieutenant français, Out of Africa, Sur la route de Madison, Falling in love)… Elle est femme, promise, épouse, mère, sœur, tante, amante, amie et confidente de toujours. On l’adorera en chic, tyrannique mais tellement vraie (grande) dame de pique dans Le diable s’habille en Prada… Elle peut être forte, déchue, vertueuse, ridicule, modeste, égarée, activiste, candide ou despotique… Meryl Streep est de ces rares actrices à l’énergie intacte et entièrement communicative. De l’altruisme à la monstruosité, de l’authenticité parfaite aux chimères salvatrices, de ces incicatrisables douleurs au bonheur des plus superficiel, ad minima rêvés… Pas étonnant que ces couples idylliques, que ses rôles d’écrivains, d’artistes et d’aventurière lui aillent si bien ! Mais il ne faudrait pas s’y tromper. Streep est de ces actrices polymorphes qui, bien plus que d’interpréter, font don d’elles-mêmes face à la caméra. Une reine au royaume du sacrifice et de la souffrance ? Assurément pas. Et, bien plus que tout, la comédienne s’y refuse. « Il n’y a pas de souffrance ! Vous savez, même quand vous jouez ‘Mère Courage’, même si vous traversez des évènements extrêmement douloureux, des scènes de profondes tristesse, ou d’immense désespoir, vous vous sentez extrêmement, intensément vivante. L’art de ressentir ne s’arrête pas à moi. Je le fais sortir de moi ; je le communique au spectateur. Je suis un vecteur d’émotions. Une courroie de transmission ».

Un polymorphisme rare. Certes les prix et nominations sont là. Et que de prestige : une avalanche de distinctions ! Question de brio, forcément. Mais reconnaissons ici surtout d’authenticité, et – définitivement - de générosité. Souvenons-nous que Streep décrochait une citation pour l’Oscar du meilleur second rôle féminin dès sa deuxième interprétation au grand écran (dans Voyage au bout de l’enfer, 1979). L’année suivante, elle remportait ladite statuette pour sa performance dans Kramer contre Kramer, avant de décrocher l’Oscar de la meilleure actrice en 1983 (pour Le choix de Sophie). Trente ans de carrière au cinéma, quatorze nominations aux Oscars, vingt et une nominations au Golden Globes, neuf Outre-Manche aux BAFTA Awards, Prix d’interprétation féminine à Cannes 1989 (pour Un cri dans la nuit), un Ours d’Argent, partagé avec Nicole Kidman et Julian Moore en 2003 (The Hours)... Sans oublier ce César d’honneur reçu pour l’ensemble de sa carrière. La même année, Meryl Streep était nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le gouvernement français, retrouvant sur ce podium même un certain Robert Redford. Le couple mythique d’Out of Africa devant la caméra de Sydney Pollack.
« J’attends aussi des metteurs en scène qu’ils soient très surs de la justesse de leur décision, de leur vision. Ca n’empêche pas les discussions, les désaccords. S’ils y a discussion, c’est la preuve qu’ils ont une idée précise de ce qu’ils veulent faire. Les réalisateurs qui acceptent sans rechigner toutes vos propositions sont faibles. En fait, quand un scénario vous plait, ensuite, c’est une question d’alchimie entre vous, le réalisateur et, bien sûr, vos partenaires». Question de choix. De choix de vie. Et à bien y penser, tout, absolument tout chez Meryl Streep - de ses engagements personnels à son image médiatique, de sa fulgurante ascension au début des années 80, à l’actuelle rareté, préciosité, de ses grands succès - tout chez la comédienne, à la ville comme à la scène, restera motivé par sa boulimie d’authentiques émotions et soif de mouvements. Ils s’appellent, entre autres grands noms, Robert de Niro, Jack Nicholson, Woody Allen, Mike Nichols, Dustin Hoffman, Diane Keaton, Clint Eastwood, Ed Harris, Barbet Schroeder, Robert Redford, Glenn Close, Nicolas Cage, Jeremy Irons, Leonardo DiCaprio, Jonathan Demme, Kevin Bacon, Stephen Daldry, Anne Hathaway, ou encore Spike Jonze. Sans oublier Robert Altman. Tous si différents, Meryl Streep s’est essayé avec chacun d’entre eux à ce qu’elle recherche toujours sur un plateau, avant le clap comme une fois celui-ci donné : tisser une relation alchimique. C’est peut-être ça la clé de son énigmatique beauté à l’écran. A moins que ce ne soit ceci, d’après Mike Nichols qui la dirigea à trois reprises… « Meryl doit être un de ces phénomènes comme Garbo. Cela n’arrive qu’une fois dans une génération ».

Sabrina


 
 
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