Malgré pas mal de déceptions au box office depuis 8 ans, Will Smith continue de conforter son statut de mega-star avec le carton de Bad Boys for Life, après celui d'Aladdin l'an dernier. En attendant un éventuel Bad Boys 4, l'acteur prépare King Richard, sur le père des soeurs Williams, et The Council, autre histoire vraie sur une mafia afro-américaine de Harlem dans les années 1970.



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BOGAN HERO





D'origine Européenne, mais bien Australien, Eric Bana, en peu de films, s'est imposé à Hollywood. Intense et mystérieux dans ces rôles, l'homme est en fait étonnamment simple dans sa vie. Pour ne pas dire basique. Sa détermination peut le différencier de ses collègues, et le rapprocher d'un Crowe, par exemple.
Si ces rôles de cinéma en font un acteur dramatique (et même tragique dans le sens où ses destins fictifs sont souvent aliénants), Bana fut avant tout un comique. Certes, il a fait ses classiques (Shakespeare dans le texte à Sydney en guise de formation). Grand écart avec ses parents prolos (l'un dans les tracteurs, l'autre dans la coiffure). A l'origine, ce fou de moto et d'autos rêvait d'être mécano. À quinze ans, il s'offre même une vieille Ford Coupé XB, à 1000$. Il la conduira à sa première course compétitive, en Tasmanie, en 1996. Ce n'est sans doute pas innocent s'il admire Paul Newman. Fonceur? Pas tant que ça, il aime profiter de la vie, prendre son temps, se poser. Mais, suivant les conseils de son père ("Tu ne peux pas faire de ton hobby un job"), il choisit un chemin de traverse... Parfois en se faisant arrêté par un flic à une station-service : il s'exhibe en slip en train de se doucher avec un tuyau d'arrosage. Tout juste majeur. "Je suis Australien!" fut sa réponse en guise d'explication légale.
Fan de feu Richard Pryor et de Mad Max,repliqueparfaite.fr il songe alors à faire l'acteur. "Je n'avais jamais eu le désir d'être un blagueur. Je ne pensais même pas pouvoir faire rire toute une salle. Mais j'y ai trouvé mon moyen de communiquer idéal. Ce n'était jamais vraiment hilarant, mais davantage anecdotique, une compilations de bonnes histoires. Et lorsque tous ces étrangers riaient, j'étais piégé. J'aimais ça." Après avoir testé ses talents humoristiques en stand-up durant une dizaine d'années (bonne école), il est engagé, à 25 ans, dans un programme qui fera les beaux jours (et surtout les jeudis soirs) de la télévision australienne durant 5 saisons. "Full Frontal", mélange de Saturday Night Live et de Mister Bean, lui permet d'être populaire, et réputé hilarant. C'est d'ailleurs ce qu'il faisait de mieux chez lui : des blagues et des imitations à destination de son premier public, ses parents et son frère. Il se lance donc dans l'écriture d'une série centrée sur lui-même, au nom révélateur : Eric. Auteur de tous les sketches, il y interprète plusieurs personnages, produit la série et récolte les louanges. Après avoir joué les idiots, il change de registre et surtout donne un coup de jeune à l'humour australien. Plus irrévérencieux, plus subtil et encore plus crû. En 3 mois, il dévoile tous ses talents, variété d'accents comprise. Bana devient le "bogan" préféré des Australiens. Soit un jeune col bleu buveur de bière et amateur de foot. Pas très loin de ce qu'il est, grand fan de foot local (sport assez extrême). Le show est ingérable pour la chaîne de télévision. De 6 épisodes d'une heure, ils formatent la série en douze émissions d'une demi-heure. Entre temps il rencontre sa femme dans les locaux de son diffuseur...

Fatalement, le cinéma allait le draguer un jour ou l'autre. Rob Stich l'engage pour The Castle, sui sortira en 1997. Un tournage de 11 jours (au lieu de 20, pour cause de budget plus que limité) qui va devenir la sensation au box office australien cette année-là. La guerre d'une famille typique contre le projet d'un aéroport. Le film séduit au-delà des frontières (nomination aux European Film Awards) et l'on découvre Bana en "kickboxer", sans trop faire attention. L'homme disparaît durant trois années. le temps de se marier, de faire un premier enfant, de jouir de son bonheur.
Il fait son come-back, inattendu, dans un film indépendant. Comédie noire et grinçante, Chopper sera le déclic international. Il incarne le criminel Mark Brandon 'Chopper' Read (l'ironie est totale lorsqu'on sait la profession du beau-père de l'acteur : chef de la Cour Suprême). Adaptation des livres autobiographiques de ce malfrat (meurtrier condamné), ce film d'Andrew Dominik va lui permettre d'amorcer un virage vers des rôles plus sombres. Il bouffe du Macdo durant un mois pour prendre 15 kilos, rase son crâne, et accepte des heures de maquillage pour se couvrir facticement de tatouage. Il pousse le perfectionnisme au bout en rendant visite au véritable Chopper et en l'interviewant durant deux jours. Tueur réputé charismatique, provoquant, intelligent, Bana le rend définitivement fascinant. Controverses assurées, d'autant que le film voulait montrer les dégâts causés par 16 ans d'emprisonnement sur un homme (Chopper devînt paranoïaque et agoraphobe). Culte et légendaire ce Chopper a réussit à faire de son histoire un best-seller. Le film connaîtra le même succès (Grand prix et Prix du public à Cognac). Pour Bana, c'est le sacre. Il frôle l'excellence, à la manière d'un De Niro dans Taxi Driver. Le public, les critiques et la profession lui décernent à chaque fois le prix du meilleur acteur de l'année. Lui qui a les armes en horreur, se voit honoré pour un personnage aux antipodes de sa vie. C'est un peu le résumé de sa filmographie : militaire en Somalie, Grèce Antique ou pour Israël, ce parfait antihéros aime déposer les armes ou mourir pour la paix.
Alors qu'il s'est engagé sur un feuilleton dramatique, Something in the Air, il quitte la série pour se concentrer sur sa carrière internationale.

Cela commence avec un second-rôle chez Ridley Scott, dans La chute du faucon noir, sergent américain dans l'ingérable conflit somalien. Il refuse tout de même le rôle central de xXx, finalement tenu par le vrai tatoué, Vin Diesel. Quelques millions de dollars de pactole en moins dans l'escarcelle pour jouer dans une comédie australienne, The Nugget. "Je n'ai jamais su exactement où j'allais, mais je sais, définitivement, depuis que je suis enfant, ce que je veux faire" explique-t-il. Et là, en 2002, quand son second enfant naît, il préfère être "à domicile" qu'à Los Angeles, tourner dans une comédie à l'humour plouc que de prendre des biscotos. Il profite aussi de son "congé papa poule" pour faire une voix dans Le monde de Némo. Il y vocalise le Requin marteau, aux côtés du Requin en chef, Bruce, interprété par Barry Humphries, son comique australien culte.
Du cartoon au comic, il n'y a qu'un pas. On lui a souvent proposé des personnages de Marvel. Il n'en acceptera qu'un : Hulk. Avec option sur deux éventuelles suites qui n'auront sans doute jamais lieu. Le voici donc Bruce Danner, héros mal dans sa peau, en conflit avec son père, et devenant tout vert quand il se fâche. Sale teint pour sortir en public. Il accepte le projet par admiration pour le réalisateur. Ang Lee y amène sa sensibilité asiatique, s'intéresse davantage aux complexes et névroses du jeune homme qu'à ses dons herculéens. La critique fait la moue, le public est déçu. Spider-Man l'humilie au Box Office. Les Australiens regrettent un peu que Bana ait oublié son sens de la dérision, n'exploite pas plus ses talents d'humoristes. "Hulk est tout sauf amusant. Je ne pense pas d'ailleurs qu'il faille être toujours drôle" se justifie Bana. Après le tournage stressant et la tournée promo épuisante de ce mastodonte (250 millions de $ de recettes malgré tout), il s'arrête et passe 9 mois chez lui. "Quand je tourne, j'emporte ma famille avec moi. Un film par an, et le reste du temps, je reviens à la maison."

Entre deux courses sur le circuit d'Adelaïde, il se vide la tête. "Les courses sont une part de ce que je suis et je m'amuse beaucoup avec ces idioties" confie l'acteur. Mais "je peux aussi être introverti et silencieux, laisser la vapeur s'évacuer..." Les vacances prennent fin à cause de Brad Pitt. Fan de Chopper, l'acteur va recruter le réalisateur pour un de ses projets (The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford) et l'acteur pour son blockbuster du moment : Troy. Bana va devenir le légendaire Hector, tué par Achille, à cause de la bêtise de Paris. Triangle "passionnel" où Bana vole la vedette à Pitt et Bloom. Beauté ténébreuse et racée, prince dans l'âme, il sauve même une grande partie du film en y amenant une dose de grâce et un zest d'allure. Il apprend à monter sur un cheval, à se battre durant 6 mois. Il avait le choix entre plusieurs personnages. Calcul subtil : en prenant Hector, il est en haut de l'affiche face à la mégastar hollywoodienne et l'adversaire funeste du héros bien aimé. Chevelu et digne, grand prince et martyr, son Hector est l'inverse exact de Chopper. Il est incapable de voir ce film comme une chose sérieuse... Le divertissement rapporte 500 millions de $ dans le monde. Bana est désormais sur la carte des stars.
Steven Spielberg, en voyant The Hulk, le choisit pour être son Avner, chef de mission en proie au doute, perdant la foi dans sa mission sanguinaire, coupant le cordon ombilical avec sa mère-patrie. Dans Munich, il impose une prestance et une vulnérabilité, intimement liées, lui permettant de dévoiler ses failles intérieures et une apparence faussement solide. Les rumeurs en font le futur James Bond. Finalement, c'est son acolyte de Munich, Daniel Craig qui s'y collera. Lui optera plutôt pour le prochain film de Curtis Hanson, en joueur de poker de Vegas. Bana de chez les Kangourous aiment se frotter à une Amérique pseudo mythique.
Lui se proclame tête brûlée, un pétroleur qui aime piloter sa Ducati 900 centimètres cubes (c'est une motor les ignares) ou l'une de ses 8 voitures. Mais plutôt que de se concentrer sur sa belle gueule et son caractère viril, il faudrait mieux regarder ses mains. Une alliance en or sur la main gauche, celle de son mariage. Le pivot de sa vie. Et une autre alliance en argent, sur la main droite. Offerte par sa femme aux temps de leurs fiançailles, où s'inscrit, en italien le mot courage. Coraggio. Et aussi patience et persévérance, apparemment.

vincy


 
 
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