16 acteurs et actrices en 2025

16 acteurs et actrices en 2025

JUMEAUX

Michael B. Jordan, complètement fou dans Sinners. L’acteur, déjà impressionnant de précision, confirme ici son talent en incarnant des jumeaux parfaitement distincts, aussi bien dans la démarche que dans la voix et les micro-réactions, au point qu’on oublie très vite le “truc” de mise en scène. Le film d’horreur en profite pour glisser un sous-texte mordant sur l’assimilation, la dilution culturelle (noire ou mainstream, à vous de choisir) et le racisme, sans jamais sacrifier le plaisir du genre. Résultat : tendu, malin, jubilatoire.

PARENTS

L’empathique Élodie Bouchez et le touchant Pierfrancesco Favino forment un couple bourgeois moderne aimable sans être caricatural dans Enzo de Robin Campillo. Bouchez était aussi à l’affiche de Dis-moi juste que tu m’aimes d’Anne Le Ny et Classe moyenne d’Antony Cordier. Favino a aussi été à l’affiche d’Il Maestro d’Andrea Di Stefano. Encore plus solaires, le couple « classe moyenne » débordé de L’aventura de Sophie Letourneur. Une comédie familiale en Sardaigne avec Philippe Katerine (également au générique de L’Incroyable femme des neiges de Sébastien Betbeder ) dans le rôle du père dépassé et Sophie Letourneur dans celui de la mère au bord de la crise de nerfs. Deux couples irrésistibles, charmants et vivants.

SAPPHISME

L’actrice québécoise Monia Chokri a connu une année prolifique exceptionnelle avec le personnage récurrent de meilleure amie lesbienne. Elle apparaît dans Des preuves d’amour d’Alice Douard, Les Enfants vont bien de Nathan Ambrosioni avec Camille Cottin et Love Me Tender d’Anna Cazenave Cambet , avec Vicky Krieps. trosi variations sur un même « t’aime ». Elle a reçu le prix Cinemania d’Honneur en novembre 2025.

SURVIVALISTE

Benicio del Toro a connu une année assez exceptionnelle. L’acteur portoricain a collaboré avec les deux grands Anderson, Wes et Paul Thomas. Dans One Battle After Another, aux côtés de Leonardo DiCaprio et face à Sean Penn, il est à la fois maître zen (carpe diem, judo, relativiste) et résistant de l’ombre très organisé (sauveteur d’immigrés sans papiers). Et dans The Phoenician Scheme, il incarne un magnat d’affaires des années 1950 en quête de rédemption, et survivant de manière flegmatique aux multiples tentatives d’assassinats les plus improbables. Dans tous les cas, rien ne l’atteint et il s’en sort toujours.

SŒURS

Marianne Jean-Baptiste et Michele Austin forment le duo britannique qui illumine Deux sœurs, de Mike Leigh. Par leur complicité à l’écran, les deux actrices créent une alchimie rare et tendre qui transcende leur interprétation et offre un portrait sensible de la fratrie féminine. Malgré leurs différences et leurs différents, l’apaisement et la réconciliation semble toujours possible même quand elles sont à fleur de peau.

BIEN LOTI

Pierre Lottin, déjà 36 ans, est devenu l’acteur de second rôle le plus prolifique de l’année avec un certain type de personnage, un peu loubard-violent-pas très futé mais sympa quand on le connaît. Après le succès d’En Fanfare, qui lui a valu un César, il a brillé à l’affiche du plus gros succès français (Les Tuche 5, 3 millions de fans). On l’a aussi vu en auxiliaire de vie dans le tendre On ira d’Enya Baroux, en garde du corps dans Animal Totem de Benoît Delépine, et surtout en voisin encombrant dans L’Étranger de François Ozon.

PAUMÉ

Josh O’Connor Omniprésent en 2025, l’acteur britannique multiplie les projets ambitieux. En attendant de le voir dans le prochain Spielberg, O’Connor s’impose comme l’une des valeurs montantes du cinéma international, enchaînant les collaborations prestigieuses avec une intensité remarquable. La nouvelle égérie de Dior a ainsi été vue deux fois à Cannes en compétition avec The History of Sound, drame homosexuel d’époque signé Oliver Hermanus, et avec The Mastermind, film de braquage minimaliste de Kelly Reichardt. Fermier dans Rebuilding de Max Walker-Silverman, il a surtout emporté tous les suffrages en prêtre un poil rebelle dans le populaire Wake Up dead Man de Rian Johnson.

ICÔNE

La star taïwanaise Shu Qi a signé son retour par la grande porte. À presque 50 ans, elle maintient son statut de grande dame du cinéma asiatique avec élégance et une présence magnétique intacte. C’est ainsi qu’elle impose sa grâce dans le fabuleux Résurrection de Bi Gan, six ans après son dernier film. Et surtout qu’elle devient réalisatrice avec Girl, en compétition à Venise et Busan (prix de la meilleure réalisation) et projeté au Festival Lumière, où elle a été accueilli avec tous les honneurs dus à son rang.

TRIUMVIRAT

D’abord Mélanie Thierry continue d’alterner cinéma d’auteur et productions plus ambitieuses, confirmant ainsi sa versatilité et son engagement dans des rôles qui interrogent la condition féminine contemporaine. D’abord dans le très beau La chambre de Mariana d’Emmanuel Finkiel, en travailleuse du sexe vivant en Ukraine. Ensuite en femme contemporaine en plein burn out, contrainte de revenir dans sa région d’origine, dans Connemara.

Autres femmes de notre époque, une enquêtrice qui doute dans Dossier 137, une flic conservatrice infiltrée dans Le mauvais genre et une infirmière consciencieuse dans L’intérêt d’Adam : Léa Drucker les incarne toutes avec justesse et nuances. Et ajoute à son CV, la pièce Une séparation pour son retour sur les planches après six ans d’absence. Marina Foïs a continué à incarner Hervé Guibert sur scène dans Les idoles. Mais elle a surtout volé toutes les scènes de ses camarades en s’appropriant une star légendaire bafouée des Moi qui t’aimais et une fille méprisée dans La femme la plus riche du monde. Sans oublier son apparition dans I Love Peru et son rôle de présidente de Cour d’assises dans Je le jure.

RÉSISTANTE

Consécration mondiale pour l’actrice brésilienne Fernanda Torres en 2025. Elle remporte le Golden Globe de la Meilleure Actrice dans un film dramatique pour son interprétation d’Eunice Paiva dans Je suis toujours là de Walter Salles, devenant la première actrice brésilienne à gagner ce prix et précédant son compatriote Wagner Moura d’une année. Elle a également été nommée à l’Oscar de la Meilleure Actrice, 26 ans après la nomination de sa mère Fernanda Montenegro. Torres a pu déployer tout son talent en interprétant cette femme courage (et combattante) qui voit la dictature briser son ménage et manquer de lui ôter la vie.