Marilyn Monroe, l’ultime star « lé-gen-daire »!

Marilyn Monroe, l’ultime star « lé-gen-daire »!

Au premier plan, vous ne voyez en elle que l’icône. Symbole du Septième Art à l’instar d’un logo pour une multinationale. Son glamour vous aveugle en nous éblouissant. Et au second plan, le mythe apparaît. Celui qui captive les fidèles, les aliène dans un mystère jamais éclairci, cet univers de secrets et de mensonges qui plongent le spectateur dans le noir le plus absolu, l’égarant dans une vérité floue perpétuelle, comme on erre dans une aire de perdition. Cette Marilyn perpétue la légende, malgré elle, prolonge sa beauté dans l’éternité. Les journalistes, analystes, spécialistes en font leur livre, leur thèse, leur théorie. Les écrivains s’inspirent de son aura et de ses fêlures. Et pour les soixantes ans de son décès, un biopic produit par Brad Pitt et réalisé par Andrew Dominic, Blonde, fera la tournée des festivals.

On ressort les inédits, on s’épanche sur les non dits, on se livre aux interprétations les plus érudites. Elle en aura fait bander des hommes et des femmes, à commencer par les actrices. Catherine Deneuve lui rend régulièrement hommage. Isabelle Adjani s’invente un dialogue avec elle sur scène. La Monroe les aura fait tous parler. Son enfance, sa vie privée, ses fêlures, tout sera observé à la loupe, rien n’aura été ignoré. Souvent, ne voyant que l’icône ou le mythe, l’image emblématique du cinéma (repris inlassablement dans des vidéo-clips ou des publicités) ou la star people (qui aura fait les beaux jours de la presse magazine), nous oublions qu’en arrière plan, il y a une comédienne. Et c’est l’actrice, et seulement elle, qui nous intéressera. Car elle n’a pas simplement apporté son corps, ses mouvements, sa blondeur, son visage à la pellicule. Marilyn Monroe nous aura fait son show, jouant des rires aux larmes, en nous emportant dans sa rivière … Sans retour.

Principales dates

Norma Jeane Mortensen, connue sous le nom de Norma Jeane Baker, dîte Marilyn Monroe
naissance le 1er juin 1926 (Los Angeles)
décédée le 5 août 1962 (Los Angeles)

Mariée à James Dougherty (42-45) - divorce, Joe DiMaggio (quelques mois en 54) - divorce, Arthur Miller (56-61) - divorce

1944 : premières photos professionnelles
1946 : premier contrat avec la 20th Century Fox (125 $ la semaine); elle se teint en blonde et prend son pseudo.
1947 : premier film, The schocking Miss Pilgrim
1950 : premier grand rôle, The Asphalt Jungle
1953 : "Sweetheart" du mois pour Playboy
1954 : premier Golden Globe (actrice favorite)
1955 : prend un break pour étudier à l'Actor's Studio à NY
1956 : changement officiel de son nom Norma Jeane Mortenson en Marilyn Monroe.
1956 : lance la société Marilyn Monroe Productions (Bus Stop, Le Prince et ...)
1956 : pour se marier à A.Miller, elle dut se convertir à la religion juive.
1960 : Golden Globe de la meilleure actrice (Some like it hot)
1962 : troisième Golden Globe (actrice favorite)
1962 : Happy Birthday to you Mister President

Ses débuts de poupée de Sir poupée de sons

Objet publicitaire, la bimbo avait le calibre idéal pour les calendriers et autres affiches pour camionneurs. À 21 ans, à peine majeure, Norma Jean Baker compose des petits rôles et pousse la chansonnette dans des comédies hollywoodiennes effacées de nos mémoires sélectives de cinéphiles.

En 1950, l’envol de la colombe est proche; elle aligne trois films très différents mais remarqués chacun dans leur genre. Le dernier des Marx Brothers (Love Happy) où elle n’a que quelques moments, un John Huston (The Asphalt Jungle / Quand la ville dort) où elle vole les scènes de cet excellent film noir, et surtout un Joseph Mankiewicz : All about Eve, où ses rondeurs, sa chevelure, sa fausse innocence lui permettent de faire face à Bette Davis, son exacte opposée, dans une séquence où elle ne s’en laisse pas compter. Cette dualité la révèle d’autant plus aux yeux du monde. Le film est un chef d’¦uvre et la consacre en parfaite idiote (en apparence). Pourtant son jeu existe déjà. Car elle est tout sauf sainte nitouche. À la voir jouer à la perfection cette starlette sans intelligence mais touchante de naïveté, sans aucune ironie, la comédienne se glisse parfaitement dans la comédie, avec un sens inné du dialogue et du rythme. Cette précision dans son jeu est l’apanage des grands.

La plupart des films qu’elle a tournés à cette époque sont aujourd’hui promus avec des visuels aguicheurs où Marilyn vampe l’acheteur. Pourtant la jeune comédienne n’a souvent le droit qu’à un second rôle dans des films aux fonctions alimentaires. Elle monte progressivement dans la hiérarchie du casting. Mais les films (Let’s Make it legal par exemple, avec Claudette Colbert et Robert Wagner) frôlent souvent le désastre artistique et commercial.

En 1952, la chance tourne du bon côté. Une fois de plus à travers des films très variés, réalisés par les plus grands, elle impose un magnétisme rare. Fritz Lang l’enrôle dans un film noir (Clash by night) avec Barbara Stanwyck où elle exhibe un jeu plus mature. Don’t bother to knock lui offre son premier premier rôle, dans les bras de Richard Wydmark. Il s’agit d’un rôle dramatique, celui d’une femme désespérée, personnage qui la hantera souvent. Et enfin, Howard Hawks l’engage pour être une secrétaire séductrice face à un Cary Grant, obsédé par sa recherche (Monkey Business / Chérie je me sens rajeunir). En, trois personnages, l’actrice donne la tonalité de sa carrière, tour à tour fatale, délurée, émotive, paumée, drôle, et toujours bousculée par les hommes et le destin.
Marilyn chante juste autant qu’elle ne joue jamais faux. Si le perfectionnisme ne se sentait pas, si cette absence apparente d’efforts nous faisait succomber, son manque de confiance l’obligeait à travailler davantage, tourner plusieurs fois les scènes, se munir de plusieurs coachs.

En 1953, elle a 27 ans. Le compte à rebours a commencé. Dans 9 ans, elle sera morte. Il ne lui reste que 11 films et demi à tourner. Cela suffira à l’installer en légende hollywodiienne. Ce ne sera pas la plus grande actrice de tous les temps (on réserve ce genre de titres à Katherine Hepburn ou Meryl Streep). Et même si elle a été à l’affiche de nombreux gros succès, elle n’est pas la plus populaire non plus de cette décennie (Deborah Kerr et Elizabeth Taylor rapportaient un peu plus qu’elle au box office). Marilyn a fait ses gammes en donnant la réplique aux plus grands, en se faisant diriger par les meilleurs. C’est peut-être ça qui pourrait échapper aux cinéphiles qui n’y voient qu’une poupée hollywoodienne. Pour que le mythe naisse, pour que la légende existe, il lui faillait bien plus: des films populaires, des chefs d’œuvre cinématographiques, des spectacles musicaux inoubliables (et les tubes planétaires qui les accompagnent). Aucune comédienne ne peut parvenir à ce résultat sans un minimum de talent. Jayne Mansfield, Betty Page, Jane Russell ou encore Betty Grable n’ont pas résisté au temps qui passe. Marilyn Monroe va s’octroyer un jubilé unique composé de hits et de bijoux. Des diamants qui étincellent dans les salles obscures.

Le public préfère la blonde

En janvier 1953, Henry Hathaway réalise Niagara, film noir sublimement cinégénique, quasiment hitchcockien, où Marilyn rivalise avec les célèbres chutes pour nous couper le souffle. Le film était davantage centré sur le rôle de l’autre femme, que devait jouer Anne Baxter puis Anne Bancroft. Le retrait de cette dernière du projet à permis de concentrer l’attention sur notre héroïne, assassine et infidèle. Un rôle aux antipodes de l’imagerie classique de la comédienne. Malgré une paye minable due à son contrat avec le studio, Marilyn va jaillir au firmament des stars en faisant coup double l’été suivant, là encore en éclipsant une concurrente.

Les Hommes préfèrent les blondes. Formule classique actuelle qui claque comme un slogan. Le film d’Howard Hawks était au départ un duo Jane Russell/Betty Grable, deux ex pin-ups (comme Marilyn) embauchées par les studios. Le scénario est écrit afin de mettre en valeur la brune (Russell, l’une des conquêtes de Hawks). Grable, trop chère, se fait remplacer par Monroe, sexy et moins gourmande. C’est à ce genre de petits détails que l’Histoire du cinéma change à jamais. Marilyn se donne comme jamais, crevant l’écran continuellement, transformant l’apparent premier degré en personnage sanctifié, à la fois bienveillant et tolérant, naïve et lucide sur la condition de la femme de l’époque: un objet qu’on achète. En chantant « Diamonds are a Girl’s Best Friend « , elle entre dans la mémoire du cinéma et de la chanson, en une seule séquence. Sublimée en meneuse de revue et les hommes à ses pieds, elle s’affirme comme un trésor national intouchable. Jane Russell, la star du film, est balancée dans la piscine (littéralement) quand la blonde, décidément préférée, devient une référence en satin rose bonbon pour les futures égéries, de Madonna à Nicole Kidman. En toute candeur. Ce sera l’un de ses plus gros succès en salles, mais Les hommes préfèrent les blondes installera surtout l’image de Marilyn comme symbole du glam hollywodien en technicolor.

En novembre de la même année, afin de répandre son aura et de prendre le pouvoir, elle prolonge son personnage de fille naïve et presque cruche dans How to marry a millionaire. La comédie est certes moins bonne que la précédente, mais l’actrice se mesure à deux autres grandes stars : Lauren Bacall (classe) et Betty Grable (popu). Marilyn est un trait d’union entre les deux extrêmes, et parvient à faire la synthèse en existant malgré l’abattage des deux comparses. Elle s’aventure même à se disgracier avec des lunettes. Car Monroe n’hésite jamais à utiliser des mimiques et autres ressors comiques pour séduire son public. Résultat : on ne voit qu’elle, même si elle n’a pas les meilleurs dialogues. Car elle est sexy, drôle et bonne copine. En trois films, elle s’impose comme une actrice de premier plan.

Si aujourd’hui le spectateur contemporain ne voit en elle que la bombe sexuelle (elle assumait parfaitement cette animalité en elle) et la comique de service, il aura tort et se trompera sur l’impact mais aussi le fondement du mythe. Actrice fascinante, elle accepte les plus beaux défis. Otto Preminger l’engage pour être la partenaire de Robert Mitchum (tous trois à leur sommet) dans un western à grand spectacle, La Rivière sans retour. Les deux stars acceptent de faire leurs propres cascades, et quatre chansons seront interprétées par la comédienne. L’alchimie étrange est explosive, électrique même, mélangeant la nature canadienne aux tempéraments des deux vedettes. Étonnamment, le « bad boy » fonctionne à merveille avec cette chanteuse de saloon ambitieuse. Les deux joueraient presque leur propre rôle. Tout en démontrant que Marilyn n’est pas qu’une « comique », cette rivière apporta son flot de dollars.

De là, l’actrice se fit plus rare, mais pas moins audacieuse. Elle bouffait la caméra et le savait, malgré le temps de préparation nécessaire pour transformer Norma Jean, intello, poétesse, en Marilyn, star de plus en plus sous pression. Son charisme et sa photogénie explosait par tous les angles, peu importe ses partenaires, des plus mâles aux plus chieuses. Il était temps pour elle d’aller plus loin dans la sensibilité et la fragilité. Pour obtenir un rôle qui lui tenait à coeur, elle accepta de jouer double emploi dans There’s no business like show business (La joyeuse parade). Les Donahue lui écrivirent le personnage expressément pour elle, ainsi qu’une chanson. Ce sera son pire compromis artistique. Le film est un ratage. Mais l’enjeu en valait la peine. Un réalisateur s’entiche de cette comédienne instable et exigeante. Marilyn va être l’élue du prochain film de Billy Wilder, Sept ans de réflexions.

Le chaud et le froid

Marilyn, objet de désir et de convoitise pour un homme célibataire. La tentation est un vilain péché. Elle déploie tout son talent de fausse ingénue pour jouer les offensées, trop belle pour tous, à l’insu de son plein gré. Billy Wilder lui offre surtout de marquer de nouveau l’histoire du 7e art avec une nouvelle scène icongraphique : l’actrice en robe blanche, jouant avec le souffle d’air venant du métro, et tentant de cacher ses jolies jambes, tout en riant comme une enfant de ce plaisir si simple. Pour elle, le jeu est rafraîchissant. Pour le spectateur, c’est le risque de surchauffe.

Déjà dépressive, sous l’emprise d’un sentiment d’auto-destruction, avec un mariage qui prend l’eau, Marilyn Monroe, l’actrice, a pourtant le plus grand mal à tourner, oubliant ses dialogues, insatisfaite de son jeu, demandant jusqu’à 40 prises, et commençant à bousculer les plannings avec ses gros retards. Son comportement lui empêchera d’avoir de nombreux rôles, les producteurs la jugeant peu fiables et source de dépassements budgétaires. La Fox, avec qui elle est sous contrat, la suspend deux fois en 1955, pour ne pas avoir travaillé sur deux films (How to be very, very Popular, qui échouera à Betty Grable, et La fille sur la balançoire, qui sera donné à Joan Collins). Dès lors, l’activité de l’actrice ralentit.

Un mal pour un bien. Jusque là sous-payée (1000 à 1500$ la semaine) par rapport à son box office, elle va renégocier ses contrats avec la Fox et choisir ses projets, et changer de mari (en épousant le dramaturge et écrivain Arthur Miller). En 1956, elle touche 100000$ pour Bus Stop, de Joshua Logan, qui devient l’un de ses gros succès. Un rôle dramatique et très sexualisé qui séduit la critique et lui offre une perspective d’ouvrir sa filmographie à des personnages moins minaudants.

L’année suivante, elle enchaîne avec Le prince et la danseuse, de Laurence Olivier, seul film qu’elle tourne à l’étranger. L’archétype du film maudit. Les chansons prévues sont abandonnées sous l’influence de Miller. Les deux forts caractères d’Olivier et Monroe sont antagonistes. Monroe, productrice du film (avec 75% des profits en gain), ne supportait pas ses colères et lui ne tolérait pas ses oublis. Au final, l’actrice paraît une proie dans une œuvre patriarcale au possible, et pourtant s’en sort avec ce jeu de faux-semblant qui a toujours été son échappatoire aux obsessions masculines à son égard.

Elle répètera ce genre de personnage avec George Cukor, non moins misogyne, en 1960, dans Le Milliardaire, avec Yves Montand. Là encore, une écomédie romantique et dramatique qui sent un peu trop le studio, qui a tous les bons éléments, mais qui manque de rythme. Il faut tout le panache de Monroe et le charme de son partenaire pour oublier la fantaisie qui règnait dans les comédies du genre qui ont fait de Marilyn une star quelques années auparavant. Elle parvient cependant à imposer un nouveau tube (« My Heart Belongs to Daddy »). Cependant, le scénario, réécrit par Miller au profit de son épouse, trop schizophrène et binaire entre le masculin et le féminin, n’est pas sauvé par un Cukor qui n’a plus la grâce d’antan. Pour Marilyn, c’est surtout l’occasion de faire un dernier film contractuellement avec la Fox. Elle ne sait pas alors qu’il ne lui restera le temps de ne vivre que pour un seul film.

Mais avant de s’éclipser, entre le british Sir Olivier et le français Montan, Marilyn a accepté de partager l’affiche pour le nouveau film de Billy Wilder, Certains l’aiment chaud (Some like it Hot). Nous sommes en 1959. Tony Curtis, Jack Lemmon et elle sont lancés dans une comédie policière pas vraiment cis-genre, comme un ménage à trois (et même à quatre avec Joe E. Brown) qui nargue censure et bonnes mœurs. C’est, de loin, le plus gros triomphe populaire pour Marilyn. Et l’une des comédies américaines les plus encensées et les plus vues au fil des décennies. Un modèle pour de nombreux grands cinéastes, tant par sa folie, sa subversion, ses audaces que sa mise en scène, ses dialogues (dont l’ultime réplique deviendra culte), et sa direction d’acteur. Le masculin, par anticipation, n’a pas le choix que de devenir féminin. Entre travestissement, bande de filles, et sexualités fluides, sans oublier le ukelele de Marilyn (et « I wanna be loved by you », tube planétaire), l’action et l’humour se marient avec délice, et l’actrice, surtout, montre une facette plus mélancolique et moins joyeuse, laissant son personnage fendre la caparace de la star.

Deux ans plus tard, elle sera à nue, tragique et désespérée, toujours blonde platine mais en noir et blanc, dans les mythiques décors du Grand Ouest américain, entourée de son « père » de cinéma à qui elle voue un culte fou, Clark Gable, et de l’acteur le plus tourmenté d’Hollywood, Montgomery Clift. C’est la fin d’une époque. Et John Huston scelle le destin de l’âge d’or des studios avec ce requiem écrit par Arthur Miller, The Misfits (Les désaxés). Ce sera l’ultime film de Clark Gable (son préféré a-t-il dit en voyant le premier montage juste avant son décès) mais aussi le clap final de Marilyn et le dernier grand rôle de Clift, qui mourra en 1966. Marilyn pousse ses limites et créé un personnage moderne, désespéré, et bouleversant.

Le film est sauvage et rebelle, romantique et passionnel, indomptable comme ses stars, et mythologique à cause de ses stars. L’alcool, les médocs, les tragédies intimes (elle ne put jamais être mère), les trahisons des hommes qu’elle aimait), son amour farouche de la liberté, la fatigue, la dépression : tout poussait Norma Jean Baker à l’épuisement. Harcelée, menacée, oppressée, la petite Norma n’en pouvait plus d’être la grande Marilyn. Trop de travail, trop d’inquiétude, trop de désillusions. Sans compter cette satané insatisfaction perpétuelle qui la faisait douter de son talent.

Elle lèguera ses fortune à son coach, Lee Strasberg, et à sa psychanalyste, Marianne Kris. Le jeu et le je, sans sur-moi. Marilyn s’est muée en marque (qui rapporte 2M$ par an tout de même) et en business juteux pour tous ceux qui veulent exploiter sa vie et chercher à comprendre sa mort. Les vautours ne la lacheront jamais. Reste que le cinéma lui doit beaucoup. Toujours considére comme l’une des dix grandes stars féminines du XXe siècle, elle a réussi en peu de temps, à fasciner une planète, bousculant le puritanisme américain, hypnotisant le spectateur, symbolisant la femme qui parvenait à se jouer des hommes, telle une courtisanne bien plus smart qu’ils ne le voulaient.

Dans un dernier clin d’œil, elle accepte de jouer dans Something’s Got to Give, que réalise George Cukor. Mais le mal est profond. Absentéisme et retards lui coûtent le rôle deux mois avant sa mort, et le film est finalement abandonné. Il reste alors Marilyn nageant nue dans une piscine, telle une sirène essayant de retrouver un peu de plaisir quand la souffrance l’étreint. Tout Hollywood l’a dit finie. C’est elle qui tirera le rideau. Ainsi, elle sera la beauté éternelle du cinéma hollywoodien, entre propagande et divertissement, grandes œuvres et séquences atemporelles. Figée dans un temps, sans qu’elle n’ait eu à vieillir. Traversant les époques, en splendide femme assumée. Un mystère légendaire…

(texte écrit par Vincy en 2002 et revu en 2022).

Filmographie

1962
Something's Got to Give / Quelque chose doit craquer (George Cukor)- inachevé.

1961
The Misfits / Les désaxés (John Huston)

1960
Let's Make Love / Le Millionaire (George Cukor)

1959
Some Like It Hot / Certains l'aiment chaud (Billy Wilder)

1957
The Prince and the Showgirl / Le Prince et la danseuse (Laurence Olivier) n.c.

1956
Bus Stop (Joshua Logan) 

1955
The Seven Year Itch / 7 ans de réflexion (Billy Wilder) 

1954
River of No Return / La Rivière sans retour (Otto Preminger)

There's No Business Like Show Business/ La joyeuse parade (Walter Lang) 

1953
How to Marry a Millionaire / Comment épouser un millionaire? (John Negulesco) 

Gentlemen Prefer Blondes / Les Hommes préfèrent les blondes (Howard Hawks) 

Niagara (Henry Hathaway) 

1952
Don't Bother to Knock / Troublez moi ce soir (Roy Ward Baker) 

We're Not Married! / Cinq mariages à l'essai (Edmund Golding) 

Clash by Night / Lé démon s'éveille la nuit (Fritz Lang) 

Monkey Business / Chérie je me sens rajeunir (Howard Hawks) 

Henry's Full House / La sarabande des pantins (segment d'Henry Koster) 

1951
As Young as You Feel / Rendez-moi ma femme (Harmon Jones) 

Hometown Story (Arthur Pierson) 

Let's Make It Legal / Chéri, divorçons (Richard Sale) 

Love Nest / Nid d'amour (Joseph Newman) 

1950
All About Eve / Eve (Joseph Mankiewicsz) 

The Asphalt Jungle / Quand la ville dort (John Huston) 

Love Happy / La pêche au trésor (Marx Brothers) 

The Fireball (Tay Garnett) 

Right Cross (John Sturges) - non créditée

A Ticket to Tomahawk / le petit train du Far-west (Richard Sale) - non créditée

1949
Ladies of the Chorus / Les Reines du Music-hall (Phil Karlson) 

1948
Dangerous Years (Arthur Pierson) 

Scudda Hoo! Scudda Hay! (F.Hugh Herbert) - non créditée

1947
The Shocking Miss Pilgrim (George Seaton) - non créditée