Fanny (Alexandra Lamy) aime son époux, Thomas (François Cluzet), avec qui elle est mariée depuis 20 ans. Mais elle n’a jamais eu d’orgasme. Un jour, elle décide d’aller consulter une sexologue, Victoria (Reem Kherici) qui lui conseille d’en parler avec son mari. Fanny, d’abord hésitante, finit par se confier à Thomas qui tombe des nues. Touché dans sa virilité, contrarié et estomaqué, il va peu à peu se remettre en cause et tenter de répondre aux attentes de sa femme. Et comme Thomas est inventeur, il essaye de mettre au point un sextoy qui permettra à son épouse de connaître enfin l’orgasme.
En s’inspirant de l’invention du Womanizer, un stimulateur clitoridien à air pulsé, Reem Kherici propose aux spectateurs, dans Pour le plaisir, une comédie romantique originale, mais parfois poussive, emmenée par Alexandra Lamy et François Cluzet.
« J’ai fait des recherches sur et je me suis rendu compte que 30% des femmes sont anorgasmiques, c’est-à-dire qu’elles n’ont jamais connu l’orgasme. En remontant dans le passé, j’ai compris aussi que l’orgasme féminin était diabolisé depuis la nuit des temps : les femmes qui atteignaient l’orgasme étaient taxées de sorcières ou d’être possédées », note Reem Kherici, qui a grandi dans une famille conservatrice dans laquelle l’orgasme féminin et la simulation étaient des sujets tabous.
La réalisatrice, qui est également scénariste, rappelle que « dans de nombreuses religions, on demande toujours aux femmes de rester vierges jusqu’au mariage parce qu’on sacralise le sexe comme outil de procréation ». « C’est une façon de contrôler leur corps et cela tend à montrer que si on couche pour le plaisir, on commet un péché. Cela engendre donc une forme de culpabilité », poursuit-elle.

Sexologie ordinaire
Pour le plaisir est le quatrième long-métrage de Reem Kherici, après le très réussi Paris à tout prix (2013), Jour J (2017) et Chien et Chat (2024) qui a fait plus d’un million d’entrées dans les salles françaises. Parallèlement, elle a tourné comme actrice dans une vingtaine de films au cinéma depuis OSS 117 : Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius, sorti en 2009. Dans Pour le plaisir, elle incarne la sexologue. Normal.
François Cluzet et Alexandra Lamy sont convaincants dans leurs rôles, avec une mention particulière pour le premier qui se retrouve dans des situations gênantes propices à déclencher le rire chez les spectateurs. Les seconds rôles sont bien choisis, avec notamment Delphine Baril, qui joue la sœur de Fanny, Mitty Hazanavicius, Kyan Khojandi, François-Xavier Demaison et Camille Aumont Carnel.
On retiendra quelques moments franchement drôles, notamment des scènes cocasses et inattendues. Le film est assez fin et divertissant, sans lourdeurs excessives dans la façon d’aborder ce sujet plus intime que tabou. Mais si le thème est intéressant et évoque une vraie problématique sociétale, les situations ne surprennent que rarement, l’ensemble s’essouffle souvent et ne nous épargne pas certaines longueurs.
Le film a parfois des allures de subtile campagne de publicité pour le Womanizer, qui pourrait voir ses ventes doper, au moins en France (les achats bondissent depuis 5 ans), par la sortie de ce long-métrage. Lors d’une avant-première à La Rochelle, Reem Kherici et Alexandra Lamy ont d’ailleurs fait gagner aux spectatrices, en posant quelques questions sur le film, deux objets qui n’étaient autres que… des Womanizers. Pourquoi pas? Théodora lançait bien des strings à la foule du Zénith…
Pierre-Yves Roger
Pour le plaisir
Durée : 1h32
En salles le 6 mai 2026
Réalisation : Reem Kherici
Scénario : Reem Kherici, Gari Kikoïne et David Solal
Musique : Laurent Aknin
Image : Dominique Fausset
Distribution : Groupe TF1
Avec Alexandra Lamy, François Cluzet, Mitty Hazanavicius, Reem Kherici,
Delphine Baril, Camille Aumont Carnel, Kyan Khojandi, François-Xavier Demaison...
