Park Chan-wook sera le troisième président de jury asiatique, et premier coréen, de l’histoire du Festival de Cannes. Avant même l’annonce d’une grande partie de la sélection, la 79e édition du plus important événement cinématographique mondial a déjà révélé deux Palmes d’or d’honneur – Peter Jackson et Barbra Streisand -, son film d’ouverture – La Vénus électrique de Pierre Salvadori -, et un film – la première réalisation de John Travolta, Vol de Nuit pour Los Angeles (Propeller One-Way Night Coach). Enfin, Eye Haïdara assurera le rôle de maîtresse des cérémonies.
Le discours préliminaire de la présidente du Festival, Iris Knobloch, a insisté sur la liberté de créer, la liberté d’expression, mais aussi à l’importance de la visibilité et de l’accès au cinéma, de l’expérience de la salle de cinéma où « nos différences coexistent sans nous diviser » et bien entendu de l’humain, face, notamment à l’intelligence artificielle.
Thierry Frémaux a dédié cette sélection au photographe Antoni Lallican, mort en Ukraine, et à la directrice de festival Lili Hinstin, tous deux récemment disparus. Cette année, le Festival a reçu 2541 films (1000 de plus qu’il y a dix ans) de 141 pays, preuve d’une « vitalité » du 7e art. Il retient de ces six mois de sélection des films où l’Histoire et le groupe reviennent en force, où le documentaire et l’animation ne sont plus marginalisés.
Peu de cinéastes américains, et l’absence de blockbusters de studios, c’est ce qu’on retiendra à date. En revanche, la forte présence espagnole et japonaise est à souligner. De même, des films du Népal, du Costa-Rica, d’Afrique sub-saharienne, du Chili ou encore de Lettonie donnent à cette édition une couleur plus cosmopolite et ouverte sur le monde. Que l’animation soit présente aussi bien à Un certain regard qu’en séances spéciales, et déjà, on sent que Cannes veut abolir des frontières.
Et côté compétition, saluons le vent de nouveauté avec onze cinéastes qui y font leur entrée (sur 21). Bien sûr, il y a quelques fidèles et parmi eux deux Palmes d’or (Mungiu, Kore-eda), ou des habitués du palmarès cannois (Almodovar, Dhont, Farhadi, Hamaguchi, Nemes, Pawlikowski, Zvyagintsev). Mais, plus globalement, avec un cinéma européen encore très dominant, on sent que cette sélection a été cherchée des films différents, pas forcément les plus attendus dans les différentes listes de prédiction. Les stars ne manqueront pas (et certaines seront présentes plusieurs fois sur les marches), même si elles ne sont pas hollywoodiennes.
Compétition

Minotaure d’Andrey Zvyagintsev
El ser querido de Rodrigo Sorogoyen
The Man I Love d’Ira Sachs
Fatherland (1949) de Pawel Pawlikowski

Moulin de László Nemes
Histoire de la nuit de Léa Mysius

Fjörd de Cristian Mungiu
Notre salut d’Emmanuel Marre
Gentle monster de Marie Kreutzer
Quelques jours à Nagi de Koji Fukada
Hope de Na Hong-Jin
Sheep in the box de Hirokazu Kore-eda

Garance de Jeanne Herry
L’inconnu d’Arthur Harari
Soudain de Ryūsuke Hamaguchi

L’aventure rêvée de Valeska Grisebach
Coward de Lukas Dhont
La boule noire de Javier Calvo et Javier Ambrossi
La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet
Histoires parallèles d’Asghar Farhadi
Autofiction (Amarga Navidad) de Pedro Almodovar

Hors compétition
La Vénus électrique de Pierre Salvadori – ouverture
Her Private Hell de Nicolas Winding Refn
L’abandon de Vincent Garenq
La bataille de Gaulle – 1ère partie, L’âge de fer d’Antonin Baudry

Diamond d’Andy Garcia
Karma de Guillaume Canet
L’objet du délit d’Agnès Jaoui
Cannes Première

Vol de Nuit pour Los Angeles de John Travolta
Le bois de Klara de Volker Schlondorff
Le Château d’Arioka de Kiyoshi Kurasawa
The Match de Juan Cabral et Santiago Franco
La troisième nuit de Daniel Auteuil
Un certain regard

Teenage Sex And Death At Camp Miasma de Jane Schoenbrun – ouverture
De toutes les nuits, les amants de Yukiko Sode
Everytime de Sandra Wollner
Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg
I’ll be gone in june de Katharina Rivilis – 1er film

Yesterday the eye didn’t sleep de Rakan Mayasi
Siempre soy tu animal materno de Valentina Maurel – premier film du Costa Rica sélectionné à Cannes
El Deshielo de Manuela Martelli
La mas dulce de Laïla Marrakchi

Ula d’Agnieszka Iwańska
Club kid de Jordan Firstman – 1er film
Congo boy de Rafiki Fariala
Ben’imana de Marie-Clémentine Dusabejambo – 1er film
Le corset de Louis Clichy – film d’animation
Les éléphants dans la brume de Abinash Bikram Shah
Séances spéciales

Lennon : The Last Interview de Steven Soderbergh – documentaire
Les matins merveilleux d’Avril Besson – 1er film
Richard Avedon de Ron Howard – documentaire
Rare soul For a Revolution – Les Survivants du Che de Christophe Dimitri Reveille – documentaire
L’affaire Marie Claire de Lauriane Escaffre et Yvo Muller
Cantona de David Tryhorn et Ben Nicholas – documentaire
Rehearsals for a Revolution de Pegah Ahangarani – documentaire – 1er film
Séances de minuit

Colony de Yeon Sang-ho
Roma Elastica de Bertrand Mandico
Sanguines de Marion Le Corroller – 1er film
Full Phil de Quentin Dupieux
Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athane – animation – 1er film

