
Chaque année Deauville propose une carte blanche où la personnalité invitée se doit de choisir quelques films de son panthéon du cinéma, avec pour chacun un court extrait vidéo, afin d’évoquer son rapport aux films américains. Cette année, Catherine Deneuve, l’actrice voit les films dans les salles de cinéma surtout pour le son, « une dimension qui n’est pas aussi puissante chez soi« .
Star mondiale dès les années 1960, muse de la beauté française dans le monde à l’époque, Deneuve a été courtisée par Hollywood. Pourtant, elle n’y a joué que deux fois : la jolie fantaisie romantique The April Fools (1969), de Stuart Rosenberg, avec Jack Lemmon et le polar nocturne Hustle (1975), de Robert Aldrich, avec Burt Reynolds. L’actrice a aussi accepté un second rôle dans March or Die (1977), de Dick Richards, avec Gene Hackman, et un autre en Reine d’Autriche dans D’Artagnan (2001) de Peter Hyams. Mais c’est avant tout la production MGM Les Prédateurs (The Hunger, 1983), de Tony Scott, avec David Bowie et Susan Sarandon, qui reste son expérience anglophone la plus marquante.

On sait aussi qu’elle adore l’actrice Marilyn Monroe : elle vient de signer des textes dans le beau-livre Marilyn chérie. Et pourtant, elle n’a choisi aucun film avec Marilyn Monroe.
Catherine Deneuve le répétera plusieurs fois au public et au journaliste-complice des fashon weeks Loïc Prigent (modérateur) : elle préfère revoir les films portés par une vraie mise en scène.
La splendeur des Amberson, de Orson Welles (1942)
« Pour moi le film est splendide, Orson Welles c’est un grand cinéaste du cadre de l’image mais aussi des lumières. Ici dans une scène les personnages passent de la lumière à l’ombre et à la lumière en se croisant dans le cadre. C’est un des metteurs-en-scène que j’admire le plus. Je l’ai rencontré une fois très jeune, c’était un matin et il mangeait un poulet entier.«
Pas de printemps pour Marnie, de Alfred Hitchcock (1964)
« Je crois que j’aurais aimé jouer ce rôle. Alfred Hitchcock était un grand maniaque des détails dans l’image. On sait depuis que sa relation avec l’actrice Tippi Hedren était épouvantable, mais là elle avait plus de trente ans passés et c’est son deuxième film avec lui après Les Oiseaux. C’est compliqué de quitter un film, de quitter un contrat. Sur Dancer in the dark de Lars Von Trier, à un moment Bjork, avait voulu quitter la production, ce n’était pas vraiment possible. Pour revenir à Alfred Hitchcock j’avais reçu un scénario d’une histoire d’espionnage pour un film mais il n’a jamais été tourné, et puis après il est mort.«
Bunny Lake a disparu, de Otto Preminger (1965)
« Otto Preminger est un immense metteur en scène. Ce n’est pas son film le plus connu mais il faut le connaître celui-là. Je crois que c’est André Téchiné qui un jour, m’a fait découvrir ce film.«
Fureur apache, de Robert Aldrich (1972)
« Je crois que le film avait été mal reçu par les américains, c’est un western mais sans un rythme de western aventureux, c’est autre chose. Plus tard j’ai tourné une fois avec Robert Aldrich, en 1975 on fait La Cité des dangers avec Burt Reynolds qui avait beaucoup d’humour. C’était la première fois où je voyais sur le plateau deux caméras côte-à-côte pour filmer, c’était une façon de faire de Robert Aldrich. Pour moi le scénario est plus important et primordial que le rôle que je joue.«
