Deauville 2026 | Brendan Fraser : hommage à l’occasion de l’avant-première de « Pressure »

Deauville 2026 | Brendan Fraser : hommage à l’occasion de l’avant-première de « Pressure »

Pour tout le monde, le Débarquement de Normandie de centaines de milliers de soldats alliés renvoie au 6 juin 1944. Une vaste opération logistique et humaine, navale, terrestre et aérienne, qui a été décisive pour libérer la France et sceller le destin de l’Allemagne. Le cinéma a souvent documenté par la fiction et le documentaire cette épopée guerrière.

Ce que tout le monde ne sait pas, c’est que la réussite de cette opération dépendait grandement des conditions météo : une très mauvaise météo entraîne de trop grosses vagues pour les embarcations chargées de soldats et pas assez de visibilité pour les avions. Ainsi, l’opération avait été calée au 5 juin. Pressure raconte tout le caractère hasardeux de choisir la meilleure date, ou plutôt la moins pire des dates. C’est le général Eisenhower (qui plus tard deviendra président des Etats-Unis) qui arbitrera pour donner le ‘go’, en fonction de l’étude de diverses données météorologiques. Or, du côté des météorologues, il y a mésentente entre l’optimiste Irving P. Krick et l’inquiet James Stagg…

À une échelle moindre, car sans aucune grosse d’action spectaculaire, Pressure se rapproche en quelque sorte du récent diptyque La Bataille de Gaulle: L’Âge de Fer/J’écris ton nom qui rejoue la grande Histoire de la seconde guerre mondiale à travers les petites histoires de plusieurs Français. On peut y voir plusieurs scènes avec ce même degré d’humour ironique ‘incroyable mais vrai‘ qui a guidé une décision pouvant faire basculer cette guerre du côté d’une énième défaite ou d’une victoire décisive.

L’Histoire vraie

Le Débarquement en Normandie n’est pas vraiment une opération secrète, le film rappelle que cela engage « 7000 navires militaires, 130000 fantassins, 200000 marins, 3 divisions aéroportées« . En Europe beaucoup de gens savent ou du moins espèrent que quelque chose se prépare. Il y avait déjà eu le déploiement d’une ‘opération Tigre’ sous forme de test, devenue un fiasco avec la mort de centaines de soldats face aux Nazis qui avaient rapidement fait couler toute l’opération en mer. Les Allemands s’organisent pour contrer et repousser ce possible débarquement. Le choix calendaire est crucial, et annuler l’opération du 5 juin peut la retarder de plus d’une semaine (18 juin), faisant courir un plus grand risque aux troupes occidentales face à une riposte nazie qui aura eu le temps de mieux se préparer. Avant les combats par les armes sur les côtes de Normandie, désormais classées au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis juillet dernier, une autre bataille s’engage : celle des scientifiques.

Que dit la météo ? Pour Irving P. Krick et d’autres, une probabilité de tempête minime d’après une modélisation calée sur l’année précédente. Mais pour James Stagg, il y a un risque élevé d’énorme tempête. Plusieurs données météo sont analysées, encore faut-il savoir les interpréter : « vents forts, nuages bas, faible visibilité, pluie, fortes vagues, mais avec une certitude faible« . Il y a bien une tempête en évolution et en mouvement : le désaccord porte sur son importance pour le 5 juin, à 6h30 du matin et pour le reste de matinée. C’est presque un pari de poker mais avec la plus extraordinaire mise : autoriser ou reporter le Débarquement.

La mission du général Eisenhower est de lancer au plus vite cette opération alors que parmi ses météorologues, seul James Stagg exprime un avis négatif : « Vous pouvez rassembler tous les chars, les soldats, les bateaux que vous voulez; vous pouvez former la plus grande armada jamais vue, mais si l’invasion a lieu demain ça sera la débâcle« . Peu importe que l’on sache que le Débarquement a eu lieu finalement le 6 juin, c’est tout le mécanisme – passionnant – de la prise de décision qui est à l’œuvre dans ce film.

Fraser dans l’anticyclone

Pressure était initialement une pièce de théâtre de David Haig, dotée de dialogues percutants et nécessitant une interprétation puissante. Pour sa transposition au cinéma, Andrew Scott et Brendan Fraser ont été recrutés pour jouer rétrospectivement le Col. James Stagg et le Général Dwight D. Eisenhower.

Juste avant sa sortie en salles sur nos écrans le 9 septembre, le Festival de Deauville en profite pour rendre hommage à la carrière de Brendan Fraser. Un Deauville Talent Award et l’inauguration d’une cabine à son nom… Il était déjà venu sur les planches il y a 30 ans, alors jeune et beau gosse, pour y présenter la comédie culte et hilarante George de la jungle. Fraser n’a pas failli à sa réputation : doux colosse, un peu timide, toujours modeste.

Son physique d’Apollon et son visage juvénile, son talent pour la dérision l’ont entrainer dans une foison de comédies : California Man, La Différence et Une virée en enfer (toutes deux signant les débuts de Matt Damon et Ben Affleck), Première sortie. En 1999 sa carrière s’envole avec le succès mondial de La Momie de Stephen Sommers, qui deviendra une « franchise cocon » avec Le Retour de la momie en 2001 et 2008 La Momie: La Tombe de l’empereur Dragon (un 4ème volet est prévu pour 2028). Dès lors qu’il s’agissent de film d’action souvent médiocres ou de drames plus intéressants, il incarne ses personnages avec une autorité naturelle : Voyage au centre de la Terre, G.I. Joe: Le Réveil du Cobra, ou, à l’opposé Un Américain bien tranquille de Phillip Noyce et Collision de Paul Haggis (Oscar du meilleur film).

35 ans de carrière

Il a montré qu’il peut tout jouer, mais les tournages vont se faire plus rares, notamment pour des raisons de santé. Il est souvent en convalescenc, suite à des accidents de cascades sur le troisième opus de La Momie. Durant les années 2010, il se met en retrait, prend de l’épaisseur, confie son trauma lié à une agression sexuelle, s’impose une cure médiatique. Hormis, No sudden move de Steven Soderbergh, rien de marquant dans sa filmo. Il se consacre surtout à des téléfilms, séries et doublages ppur l’animation.

Darren Aronofsky lui offre un extraordinaire retour en 2022 avec The Whale. Il est récompensé pour sa transformation par l’Oscar du meilleur acteur. Depuis, il s’enlève de la pression en acceptant des seconds-rôles (Brothers et Batgirl, film annulé) Il intègre le casting Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese face à Leonardo DiCaprio. On le voit tranquillement dans Rental Family, mélo doux-amer. Récemment, il fait un passage dans le film noir de Andy Garcia Diamond dévoilé à Cannes et présenté à Deauville. Autant dire que Pressure d’Anthony Marras (Hotel Mumbai) est le premier film majeur depuis son Oscar. Mais là encore, à la cool, malgré son échec au box office nord américain au printemps dernier. Le film manque de tension, d’émotion, et s’avère assez convenu. Peu importe… On sait qu’on reverra Fraser en astronaute dans Starman de Josh Wakely et en archéologue dans La Momie 4.

Pressure

Trois jours avant le Jour J, une seule décision peut changer le cours de l’Histoire. Alors que les Alliés s’apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, une violente tempête menace de faire échouer l’opération. Le général Eisenhower et le capitaine James Stagg, météorologue, font alors face à un choix impossible : attaquer malgré l’incertitude… ou risquer de perdre la guerre. L’histoire vraie d’un compte à rebours sous haute tension.

Pressure
Deauville 2026
1h52
En salles le 9 septembre 2026
Réalisation : Anthony Maras
Scénario : David Haig et Anthony Maras, d'après la pièce de théâtre de David Haig
Image : Jamie Ramsay
Avec Andrew Scott, Brendan Fraser, Kerry Condon, Chris Messina, Damian Lewis