César 2026 : 18 films snobés par l’Académie des ‘professionnels de la profession’

César 2026 : 18 films snobés par l’Académie des ‘professionnels de la profession’

Le premier trimestre de chaque d’année est ponctué par une saison interminable de cérémonies pour couronner les œuvres de l’année précédente par des ‘professionnels de la profession’. Il y a relativement peu de surprises. Les favoris sont désormais connus dès décembre. Cela fait longtemps qu’Ecran Noir ne suit plus ces tapis rouges dénués d’intérêt cinématographique. Les stories sur Instagram suffisent à vous tenir au courant.

Pas de favoris

En France, le nombre de cérémonies est également exponentiel. Prix Louis Delluc, Prix Lumières de la presse internationale, prix du Syndicat français de la critique de cinéma, Paris Film Critics Awards … et enfin la cérémonie des César (par les membres de l’Académie des arts et techniques du cinéma). Ce sera le 26 février, avec Benjamin Lavernhe en MC, Camille Cottin en présidente (et oubliée des nominations pour Les enfants vont bien de Nathan Ambrosioni), et Jim Carrey en César d’honneur (car il faut bien une star américaine à défaut de consacrer un grand talent du cinéma international ou français jamais récompensé).

Cette année il y a beaucoup de différences entre les nominations des uns et des autres. Ce manque de consensus reflète bien l’état des lieux d’un cinéma français qui n’a pas été marquant en 2025. Pour les Lumières L’Étranger de François Ozon était favori avec six nominations (film, mise en scène, scénario, acteur, image, musique). Il est reparti avec le prix de meilleur film. Mektoub, my love: canto due de Abdellatif Kechiche avait trois nominations ( film, mise en scène, révélation féminine). Or, côté César, L’Étranger est certes présent avec quatre nominations mais il est absent des catégories scénario adapté, réalisation et meilleur film ; même punition pour Mektoub, my love: canto due, qui récolte zéro nomination. Ozon et Kéchiche ont été ‘oubliés’ par les César malgré leur ambition proprement cinématographique et leur prise de risque. Tout comme d’autres, tel Tahar Rahim inexplicablement absent de la catégorie meilleur acteur pour son rôle (et sa performance physique) dans Alpha

Le cas de la catégorie Meilleur acteur dans un second rôle

A chacun ses favoris pour les Césars, mais on peut s’interroger au moins sur la catégorie de ‘Meilleur acteur dans un second rôle’. Sur les cinq nominations possibles, trois sont squattées par les acteurs de L’inconnu de la Grande Arche. Ce n’est évidement pas justifié, même si leur talent n’est pas en cause. De quoi reléguer de nombreux prétendants dans d’autres films. Voici par exemple, ce qu’aurait pu être une autre liste. On pourrait aussi ajouter André Marcon (La femme la plus riche du monde), Pierfrancesco Pavino (Enzo) ou Daniel Auteuil (Vie privée).

Meilleur acteur dans un second rôle = la liste officielle
Swann Arlaud dans L’inconnu de la Grande Arche
Xavier Dolan dans L’inconnu de la Grande Arche
Michel Fau dans L’inconnu de la Grande Arche
Pierre Lottin dans L’étranger
Raphaël Personnaz dans La femme la plus riche du monde

Meilleur acteur dans un second rôle = une liste plus méritante
Salim Kechiouche dans Mektoub, my love: canto due
Sergi Lopez dans Le dossier Maldoror
Lyes Salem dans Avignon
Pierre Lottin dans L’étranger
Raphaël Personnaz dans La femme la plus riche du monde

De nombreux films n’ont eu aucune nomination. De nombreux votants n’ont même pas regardé ces films sur la plateforme de visionnage des Césars… Et quand on voit le poids du Festival de Cannes (18 films pour 61 nominations), on comprend bien que les films qui n’y sont pas (dont le Ozon et le Kechiche) ont moins de chance d’être retenus.

Manque d’audace

Ainsi, on se retrouve avec des habitués. Dominique Blanc (4 César au compteur sur 10 nominations), Dominik Moll (4 trophées sur 9 nominations), Isabelle Huppert (2 César sur 17 nominations), Swann Arlaud (3 César sur 5 nominations), Laurent Laffite (4 nominations), Pio Marmaï (7 nominations), Valeria Bruni Tedeschi et Jeanne Balibar (un César pour 7 nominations chacune), Mélanie Thierry (un César pour 5 nominations), Leïla Bekhti (un César pour 6 nominations), Xavier Dolan (3 César sur un total de 8 nominations), Marina Foïs (6 nominations)…

On note aussi que les coproductions étrangères ont dammé le pion à des films français. Nouvelle Vague (10 nominations!) et Un simple accident, de facto d’excellents films, ont raflé la mise avec une citation dans la catégorie reine. Mais alors comment justifier l’absence de l’immense Jafar Panahi dans la catégorie meilleure réalisation? Tout comme on a du mal à comprendre que Jodie Foster n’ait pas été retenue parmi les meilleures actrices…

On voit bien que l’Académie a été tiraillée entre une célébration de son cinéma d’avant (Nouvelle vague) et des films du milieu très sages et peu audacieux. Le geste cinématographique ne compte plus vraiment. La belle histoire suffit. Ou le sujet du film, engagé par définition, l’emporte. Si bien qu’il n’y a plus de place pour des films au formalisme plus aventureux ou des œuvres de genre. En cela, Arco, film d’animation de science-fiction, fait presque figure d’exception avec 4 nominations. D’autant plus que, pour une fois, l’animation est aussi retenue parmi les fictions en prise de vues réelles dans la catégorie ‘premier film’.

Peu de places pour les petits budgets, films de genre et réalisatrices

Take Shelter (France)

18 films absents des Césars sont pourtant à (re)découvrir, parmi lesquels plusieurs sont l’œuvre de femmes réalisatrices : Chloé Barreau, Julia Ducournau, Lucile Hadzihalilovic, Alice Douard ; et plusieurs sont des premiers films: Chloé Barreau et Alice Douard donc, mais aussi Maxime Caperan, Olivier Schneider, Carlos Abascal Peiró… Certains films ont été distribués dans un trop petit nombre de salles pour trouver assez de spectateurs même si les scénarios de certains d’entre eux sont en fait devenus ensuite une réalité dans les médias… D’autres ont souffert de la concurrence sur des thèmes semblables, ou n’ont pas « la carte ». Chacun dans leur couloir, ils n’ont pourtant pas démérité et aurait mérité être distingué dans une catégorie, artistique ou technique. De nombreuses injustices sont frappantes : L’engloutie (une seule nomination), les films de Valentine Cadic et Sophie Letourneur snobés, Météors et Indomptables zappés… Ils auraient pu être dans la liste.

Le dossier Maldoror, de Fabrice Du Welz

avec Anthony Bajon, Alba Gaïa Bellugi, Alexis Manenti, Sergi López, Laurent Lucas, Lubna Azabal, Jackie Berroyer, Félix Maritaud, David Murgia, Béatrice Dalle, Mélanie Doutey

C’est l’enquête tortueuse de policiers à propos de fillettes disparues. Autour du principal suspect, il y a de multiples ramifications avec la pédophilie et l’implication de divers notables. Le film est directement inspiré par l’affaire Dutroux en Belgique. Depuis novembre 2025, les ‘dossiers’ Epstein sont progressivement divulgués et rappellent que pédophilie et implication d’hommes et de femmes influents font partie d’un système qui va bien au-delà du fait divers.

Les Bottes de la nuit, de Pierre-Luc Granjon

avec (voix) Bernard Bouillon et Brieuc Laudet

Gros carton en festival : à Annecy 2025, le film remporte à la fois le Cristal du court métrage, le Prix du public (donc un vrai plébiscite spectateurs) et le Prix André-Martin. La beauté et la finesse émotionnelle du film, ainsi que sa technique rare à l’écran d’épingles auraient mérité d’être distingué dans la catégorie ‘court métrage d’animation’. Gros oubli.

Un monde violent, de Maxime Caperan

avec Kacey Mottet-Klein, Félix Maritaud, Olivia Côte, Bonnie Duvauchelle, Lola Rebière, Éric Caravaca

Une histoire de fratrie qui va être mise à l’épreuve avec le braquage d’un camion qui tourne mal. Le réalisateur, inspiré par James Gray et Jacques Audiard, ne manque pas d’ambition. Sorti dans trop peu de salles, c’est l’un des films invisibilisés de l’année, avec moins de 10 000 spectateurs.

Je le jure, de Samuel Theis

avec Julien Ernwein, Marie Masala, Marina Foïs, Louise Bourgoin, Souleymane Cissé, Sophie Guillemin, Micha Lescot, Emmanuel Salinger, Eva Huault

Le cinéma français n’a pas grand-chose à envier au cinéma américain en terme de ‘film de procès’ avec les succès récents de La fille au bracelet de Stéphane Demoustier, Saint Omer d’Alice Diop, Le procès Goldman de Cédric Kahn, ou Anatomie d’une chute de Justine Triet. Ici Samuel Theis rassemble comédiens débutants et stars dans un procès qui se concentre en particulier sur les débats à huis-clos des jurés, et où le sujet n’est pas celui de la coupabilité mais la décision de condamner avec quelle peine plus ou moins sévère et pourquoi… Un scandale #metoo à l’encontre de son réalisateur a clairement desservi le film.

Fragments d’un parcours amoureux, de Chloé Barreau

avec Rebecca Zlotowski, Anna Mouglalis, Anne Berest, Jeane Rosa...

C’est un documentaire sorti en 2025 mais qui avait été sélectionné au Festival de Venise l’année d’avant. Le film rassemble images vidéos du passés et témoignages du présent dans une forme de journal intime ouvert à essayer de redéfinir le désir amoureux. Une proposition novatrice et passionnante.

Rapaces, de Peter Dourountzis

avec Sami Bouajila, Mallory Wanecque, Jean-Pierre Darroussin, Valérie Donzelli, Andréa Bescond, Stefan Crepon, Gilles Cohen, Samuel Jouy, Paul Hamy

L’enquête d’un journaliste à propos du meurtre sordide d’une jeune fille va permettre de faire des liens avec d’autres crimes non résolus. En arrière-plan, le film dénonce un masculinisme toxique détestable et même l’esprit de clan de quelques néo-nazis. Le polar va éclairer de nombreux actes de violences cachés… et cela fait évidemment écho à la situation actuelle de la société française.

Enzo, de Robin Campillo et Laurent Cantet

avec Eloy Pohu, Maksym Slivinskyi, Élodie Bouchez, Pierfrancesco Favino…

Enzo, 16 ans, fils de bourgeois, déroute tout le monde en quittant la voie “royale” qu’on attend de lui pour devenir apprenti maçon. Sur le chantier, il se rapproche de Vlad, ouvrier ukrainien, et cette rencontre fait exploser ses certitudes (classe sociale, désir, avenir). Présenté en ouverture de la Quinzaine des cinéastes à Cannes 2025, le film a été très bien accueilli par la critique et a aussi trouvé son public “cinéphile” avec près de 200 000 entrées. Sensible et lumineux, les votants ont manqué l’occasion de rendre une dernier hommage à Laurent Cantet, et passe une fois de plus à côté d’un beau film de Robin Campillo, pourtant tous deux césarisés.

Les orphelins, de Olivier Schneider

avec Alban Lenoir, Dali Benssalah, Sonia Faidi, Suzanne Clément, Anouk Grinberg

Les Césars 2016 sont passés à côté de Alban Lenoir en tant que meilleur acteur (il n’avait été que présélectionné dans la liste des révélations) pour Un français de Diastème puis de Gueule d’ange de Vanessa Filho. L’acteur français est devenu entre temps le numéro 1 des films d’action sur Netflix (la trilogie Balle perdue, AKA) dont il est à la fois héros, scénariste et cascadeur. Olivier Schneider, responsable des cascades des films avec Liam Neeson (Taken et Sans identité) et ceux de James Bond (Spectre et Mourir peut attendre) fait équipe avec lui pour une comédie d’action made in France. Au menu combats rapprochés et voitures qui voltigent pour les duo Lenoir et Benssalah qui viennent en aide à une jeune fille dont l’un des deux serait peut-être le père (en fait la trame de Une chance sur deux avec Vanessa Paradis avec le duo Belmondo et Delon). Mais les films d’action tout comme les comédies sont en général des genres zappés aux Césars. À noter qu’à partir de 2028, il y aura une nouvelle catégorie aux Oscars pour récompenser les cascades.

Alpha, de Julia Ducournau

avec Golshifteh Farahani, Tahar Rahim, Mellissa Boros, Emma Mackey...

Après sa Palme d’or pour Titane, Julia Ducournau était attendue. Alpha a beaucoup divisé. Reste une performance phénoménale de Tahar Rahim, oublié des votants. Aucune nomination non plus en catégorie meilleure musique pour Jim Williams ou dans les catégories techniques de la meilleure photographie pour Ruben Impens et du meilleur son pour Stéphane Thiébaut, alors qu’ils avaient reçu le ‘prix CST de l’artiste technicien’ lors du dernier Festival de Cannes. Pas plus de citation pour Golshifteh Farhani, malgré un jeu sensible et un rôle mémorable.

Fils de, de Carlos Abascal Peiró

avec Jean Chevalier, François Cluzet, Karin Viard, Sawsan Abès, Alex Lutz, Nathalie Richard

Un scandale provoque un changement de gouvernement, il faut trouver un nouveau premier ministre, et les partis politiques font des tractations entre eux, sous la pression des médias. Les comédies qui racontent les arcanes de la communication en politique ne sont pas si nombreuses (Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier ou Second Tour de Albert Dupontel). Avec ce premier long-métrage, magnifiquement interprété, Carlos Abascal Peiró s’amuse des stratégies d’alliance et de trahison des uns et des autres. Le hasard a fait que Fils de est sorti en salles en septembre : justement au moment où la France observait une valse de Premiers Ministres. Quand la fiction n’est pas si loin de la réalité…

Dites lui que je l’aime, de Romane Bohringer

avec Romane Bohringer, Clémentine Autain, Éva Yelmani, Josiane Stoléru…

Pour sa première réalisation en solo, Romane Bohringer adapte le livre autobiographique de Clémentine Autain consacré à sa mère (l’actrice Dominique Laffin). Le projet la force à rouvrir sa propre histoire, dans un dispositif de mise en abyme (film sur la fabrication du film et souvenirs de deux femmes qui se télescopent). Présenté à Cannes 2025 en séance spéciale, ces fragments d’un parcours douloureux avaient toute leur place en premier film ou en documentaire. Sans doute, l’hybridation l’a desservi.

Connemara, de Alex Lutz

avec Mélanie Thierry, Bastien Bouillon, Jacques Gamblin, Clémentine Célarié

C’est la troisième adaptation d’un livre de Nicolas Mathieu après Aux animaux la guerre (devenu une série télé avec Roschdy Zem, Olivia Bonamy, Rod Paradot) et Leurs enfants après eux (avec un film avec Paul Kircher, Ludivine Sagnier, Gilles Lellouche, Angelina Woreth). Connemara aurait pu amener une nomination de meilleur acteur à Bastien Bouillon (il a eu pour un rôle semblable pour le film Partir un jour) et une nomination de meilleure actrice à Mélanie Thierry (elle l’a eu mais pour le film La chambre de Mariana, et elle est favorite).

La tour de glace, de Lucile Hadzihalilovic

avec Marion Cotillard, Clara Pacini, August Diehl…

Chacun des longs-métrages de Lucile Hadzihalilovic rencontre plus de succès à l’étranger dans d’autres pays que en France. La même malédiction s’est abattue sur La tour de glace. Elle raconte à la fois la fascination pour un tournage de film et l’emprise dangereuse d’une grande actrice admirée… La tour de glace avait été primé d’un Ours d’argent au Festival de Berlin. Sorti dans trop peu de salles, le film a été un flop avec moins de 10 000 spectateurs, malgré la présence de Marion Cotillard.

Des preuves d’amour, de Alice Douard

avec Ella Rumpf, Monia Chokri, Noémie Lvovsky

Au Festival de Cannes on avait entendu “Vive les lesbiennes !” quand avait été cité au palmarès La petite dernière de Hafsia Herzi, qui cumule d’ailleurs 8 nominations aux Césars. 2025 a donné un peu plus de visibilité avec des personnages de mamans homosexuelles aux situations compliquées (obtenir la garde d’un enfant après un divorce, recueillir des enfants abandonnés, faire naître un enfant). Tous ont été zappés par la conservatrice Académie. Love me tender d’Anna Cazenave Cambet (rien pour Vicky Krieps), Les enfants vont bien de Nathan Ambrosioni (rien pour Camille Cottin), et donc Des preuves d’amour de Alice Douard. Le scénario est le prolongement de son court-métrage L’attente qui avait pourtant reçu le César du meilleur court-métrage en 2024.

Mektoub my love: canto due, de Abdellatif Kechiche

avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche, Jessica Pennington, André Jacobs, Lou Luttiau, Alexia Chardard, Dany Martial, Hafsia Herzi…

Le tournage a été compliqué (et les méthodes de Kéchiche contestées), la sortie est longtemps restée suspendue, le montage a été titanesque (avec environ 1000 heures de rush), et enfin l’annonce d’une première mondiale au Festival de Locarno a soulagé tous les fans. Une nomination au César du meilleur montage pour Luc Seugé et Alexis Goyard aurait été logique (ainsi que pour l’acteur Salim Kechiouche). La presse internationale pour les prix Lumières a reconnu le film dans trois catégories : meilleur film, meilleure mise en scène, révélation féminine pour Jessica Pennington. Cette suite trop attendue a rassemblé hélas trois fois moins de spectateurs que le début de l’histoire en 2018 : même si il reste de la matière pour encore une éventuelle autre suite c’est peu probable que ça arrive.

Soclum et moi, de Jean-François Laguionie

avec (voix) Elias Hauter, Grégory Gadebois, Coraly Zahonero, André Marcon

Un garçon voit ses parents se lancer dans la construction d’un bateau, réplique du voilier du marin Joshua Slocum. Au fil des années, le récit suit son passage à l’âge adulte, entre tendresse familiale, désir d’aventure, mer et dessin. C’est l’un des plus beaux films d’animation français de ces derniers mois. Sélectionné à Annecy en 2024, il a subit la cruelle règle des César : seulement trois films nommés dans la catégorie ‘long métrage d’animation’. Il est temps que ça change tant la french touch mérite davantage de considération.

Oui, de Nadiv Lapid

avec Ariel Bronz, Efrat Dor, Naama Preis, Alexeï Serebriakov

À Tel-Aviv, un musicien et sa femme survivent en “vendant” leur art à l’élite d’un pays sidéré après le 7 octobre 2023, jusqu’à accepter une commande symbolique : mettre en musique un nouvel hymne national aux paroles belliqueuses. Politique, assurément. Le film a été présenté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes 2025 et s’est retrouvé dans de nombreuses listes et palmarès de fin d’année. pas suffisant pour que cette coprod soit citée aux César malgré sa mise en scène formidable. Rappelons que le film est majoritairement produit par la France.

Lumière ! l’aventure continue, de Thierry Frémaux

Etonnant, non? Un film unique sur les origines du cinéma, réalisé par le fervent défenseur des frères Lumière et « patron » de Cannes, qui se retrouve ignoré par les votants (qui lui doivent tant). Documentaire construit comme un montage de 120 “vues Lumière” restaurées, commentées en voix off, pour replonger dans les débuts du cinéma (1895-1905) et ses trouvailles de mise en scène. Sortie en salles le 19 mars 2025 (date anniversaire des 130 ans du premier film), le film-mémoire a donc été snobé, malgré un excellent accueil critique et public, comme le premier opus, Lumière ! l’aventure commence il y a presque dix ans.