
Une série estivale pour célébrer le centenaire de l’anniversaire de naissance de l’icône Marilyn Monroe, et pour fêter notre trentenaire par la même occasion.
Marilyn chérie – Catherine Deneuve & Sébastien Cauchon (Flammarion)
Deux icônes, un seul écran. « Dès qu’elle apparaît à l’écran, il y a quelque chose qui semble jaillir de l’écran. C’est un tout : la qualité de la peau, le regard, sa voix… une douceur sucrée, une certaine légèreté. » Catherine Deneuve porte un regard libre, tendre et très personnel sur les photographies de celle qu’elle considère comme « la plus belle image jamais vue sur un écran ». À partir d’un ensemble exceptionnel de photographies, dont plusieurs inédites, on devine un portrait sensible de la star : son charme, son intelligence, ses paradoxes, son courage, mais aussi ce mystère que l’image ne peut entièrement saisir. Un dialogue à travers le temps entre deux icônes : Baker devenue Monroe, Dorléac devenue Deneuve, soulignant d’emblée le « côté enfantin de Marilyn qui ne la rendra jamais indécente ».
Catherine Deneuve est l’une des plus grandes actrices françaises, muse de Demy, Truffaut et Buñuel, et n’a jamais caché son admiration pour l’actrice. Sébastien Cauchon, cinéphile et collectionneur spécialiste de Marilyn Monroe, a signé des entretiens avec les grands photographes de la star (Bert Stern, Bob Willoughby, George Barris, Douglas Kirkland). L’alliance des deux auteurs fait de ce beau-livre l’événement du printemps — et peut-être le plus personnel de tous les hommages du centenaire.
Conversations avec Marilyn – W.J. Weatherby (Seghers)
Marilyn en privé. Reno, Nevada, 1960. Le journaliste W.J. Weatherby rencontre Marilyn Monroe sur le plateau des Désaxés, son dernier film. À la fin du tournage, ils décident de se revoir. Leurs entrevues dans un « bar de soiffards » de la Huitième Avenue à New York les amènent à aborder tous les sujets : la littérature, le cinéma, l’enfance, Hollywood. Weatherby retranscrit leurs échanges pratiquement sans commentaires, et excelle ainsi à faire entendre la « voix » de Marilyn.
C’est la première traduction française de ce texte fondateur, rédigé par le journaliste britannique proche d’Arthur Miller. Le regard devient ainsi subjectif, et révélateur d’une star qui n’en pouvait plus de briller : « Mon corps a tendance à « allumer » beaucoup de gens, mais comme le ferait un interrupteur : la plupart du temps sans une seule nuance d’humanité. Marilyn Monroe est devenue – comment dire ? – un fardeau. Je me sentirais tellement plus libre si je n’étais plus célèbre. » Soixante ans après sa mort, ces mots font encore l’effet d’un coup de poing.
La Gouvernante de Marilyn – Laurent Morlet (Charleston)
La chambre d’à côté. 5 août 1962. Dans une lettre destinée à sa sœur, la gouvernante de Marilyn Monroe s’interroge : « Est-ce moi qui l’ai tuée ? » Rien ne prédestinait Eunice Murray, issue d’une famille très pieuse de Chicago, à côtoyer la plus grande star hollywoodienne. Pendant neuf mois, dans l’intimité de l’hacienda d’Helena Drive, les deux femmes s’apprivoisent, jusqu’au matin où Eunice trouve Marilyn inanimée dans son lit. Écrit sous forme de lettres adressées à une sœur défunte, le récit mêle fiction et archives inédites, offrant un regard intime sur deux femmes solitaires liées par leur fragilité.
Le producteur Laurent Morlet signe ce premier roman après avoir mené un vaste travail de recherche mêlant témoignages et archives inédites autour de la maison d’Helena Drive. « Elle avait beaucoup de projets et se sortait un peu de ses addictions. Une femme qui fait ça, c’est une femme qui reprend sa vie en main. Je ne la vois pas se suicider », affirme-t-il, relançant un peu vainement le mystère autour de la mort de Monroe. Un roman qui choisit le personnage le plus silencieux de l’affaire pour en faire enfin sa voix centrale.
Marilyn Monroe : Le livre officiel du centenaire – Collectif (Hugo Image/ACC Art Books)
L’officiel. Édité par ACC Art Books en collaboration avec le Marilyn Monroe Estate, ce livre réunit une sélection du travail des meilleurs photographes ayant collaboré avec Marilyn : Richard Avedon, Cecil Beaton, Eve Arnold, Milton Greene, Cartier-Bresson. C’est le seul livre officiel du centenaire, produit avec l’aval de la succession Monroe. Il se termine par le « dernier shooting » de Bert Stern, avec des images récemment redécouvertes d’une Marilyn radieuse provenant d’un shooting d’Allan Grant pour Life, publiées deux jours avant la mort de la star – une fin de livre qui prend, rétrospectivement, une résonance bouleversante.
L’ouvrage est dirigé par Christian Siriano (designer), Rachel Syme (journaliste au New Yorker), David Wills et Louie Conway, spécialistes des archives visuelles de Monroe. Incontournable pour tout fan de Marilyn Monroe, et l’un des plus beaux livres de la saison.
Légende n°22 : Marilyn Monroe, cent ans de fascination – Éric Fottorino (Lgnd éditions)
Enfin. Le numéro trimestriel de la revue Légende est entièrement consacré à Monroe. « Une sorte de pouvoir immense, fou, qui soudain faisait d’elle le centre de toutes les attentions », un pouvoir qu’elle a progressivement réussi à contrôler, très loin du cliché de la blonde écervelée forgé par la Fox. Derrière les apparitions mythiques comme la robe au-dessus de la bouche d’aération ou le « Happy Birthday » au président Kennedy, on note que la fascination ne s’étiole pas avec le temps.
« Dire que Marilyn aurait eu 100 ans est d’abord un vertige pour l’imagination, tant l’icône est immortalisée sur pellicule dans une éternelle jeunesse qui masque d’insondables tourments. Les mots « courbes », « sensualité », « glamour » semblaient avoir été inventés pour elle, comme l’adjectif « blonde » que choisit l’écrivaine Joyce Carol Oates pour son roman explorant l’âme de la star », explique le directeur de la revue Éric Fottorino, lauréat du Prix Femina 2007 pour Baisers de cinéma. Une façon élégante et exigeante de célébrer le centenaire, loin du bruit.
Marilyn Monroe – Florence Tissot (RMN/Cinémathèque française)
L’actrice plutôt que la star. Le catalogue officiel de l’exposition Marilyn Monroe : 100 ans ! (du 8 avril au 26 juillet 2026 à Paris) propose de redécouvrir Monroe sous un angle nouveau : l’articulation de son talent de comédienne et de son image de star. De la fabrication d’une pin-up à une productrice-actrice bankable. En plus des photographies iconiques, Florence Tissot a sélectionné des photogrammes inédits aux couleurs saisissantes, créés à partir de films en Technicolor des collections de la Cinémathèque. Et si l’on regardait Marilyn Monroe jouer ? D’un film à l’autre, elle ne joue pas la « blonde idiote » de la même façon. Elle pensait ses rôles, les préparait, et a poursuivi sa formation à l’Actors Studio.
Florence Tissot, commissaire de l’expo, a fait contribuéde Richard Dyer, James Naremore et d’autres spécialistes. « Ces images rares offrent un portrait moins univoque de Monroe : celui d’une interprète qui a composé, non sans difficulté ni humour, avec son propre mythe. » Rigoureux et nécessaire.
Iconique Marilyn Monroe : Photographies inédites – Joshua John Miller & Mark A. Fortin d’après Bruno Bernard (Larousse)
Comment devenir une icone? Derrière le cliché mythique de la robe blanche au-dessus de la grille de métro se cache l’histoire de la métamorphose d’une ingénue en femme fatale. Ce livre revisite le parcours de la star à travers l’objectif de Bruno Bernard, ami proche qui contribua à lancer la carrière de Marilyn et conserva ses souvenirs dans des journaux intimes dont il livre ici des extraits inédits. Bernard fut le seul photographe à avoir été le témoin et l’un des artisans de l’arc complet de la métamorphose de Norma Jeane Baker en Marilyn Monroe. En 1999, le Museum of Modern Art a même choisi sa photographie Marilyn in White comme symbole du siècle dernier.
Bernard of Hollywood fut le photographe glamour le plus recherché de l’âge d’or hollywoodien. Joshua John Miller, son petit-fils, est romancier, acteur et réalisateur, cocréateur de la série Queen of the South. Une transmission familiale qui donne au livre une profondeur intime rare.
I’m not M.M. – Daniel Charneux (Arléa)
Engagé. Tout le monde connaît Marilyn Monroe : cheveux blond platine, sourire éclatant, rôles iconiques et destin tragique. Mais que sait-on de la femme qui créa sa propre société de production et dénonça, des décennies avant le mouvement #MeToo, les loups d’Hollywood et la disparité des salaires hommes-femmes. Le titre est tiré d’un agenda italien dans lequel Marilyn écrit en 1955 ces cinq mots, dont un biffé : I’m not M.M. Affirmant et niant à la fois, approuvant et refusant cette identité imposée par le système. Daniel Charneux est un écrivain belge qui avait déjà consacré un roman à Marilyn (Norma, 2006).
Vingt ans après, il livre ici un chant tout en clair-obscur, chronologiquement ordonné, qui descend dans le vécu de l’idole déchirée entre la quête d’un père inconnu et l’enfermement dans la machinerie hollywoodienne. Parmi tous les livres du centenaire, sans doute le plus politique et le plus féministe.
Chère Marilyn — Sam Shaw (Glénat)
Emouvant. Ce beau-livre offre une perspective radicalement différente sur la star : celle d’un ami proche, d’un confident qui l’a connue avant qu’elle ne devienne une icône. Sam Shaw (1912–1999), photographe, journaliste et réalisateur,nous donne ici, c’est l’envers du décor : son journal, ses notes, ses lettres adressées à Marilyn, ainsi que plus de 250 photos inédites prises aussi bien dans les coulisses de ses films que dans la sphère la plus privée de la jeune femme. On y voit Marilyn avec Miller, Wilder, Kazan, amusée, humaine, loin de toute pose. On y voit surtout la femme derrière le mythe.
