Niu Lai de Yumeng Xin : une histoire de veau qui vaut de l’or

Niu Lai de Yumeng Xin : une histoire de veau qui vaut de l’or

Lorsque l’on commence le visionnage de Niu Lai, la première chose que l’on se demande, c’est quelle drogue a bien pu s’infiltrer dans notre organisme.

Entre les couleurs, les personnages qui se déplacent au ralenti, les dialogues minimalistes et les fondus au noir perpétuels, le film donne l’impression que nous sommes en pleine hallucination psychédélique.

Le scénario ? Il reste au ras des pâquerettes. C’est l’histoire d’un veau plutôt craintif qui apprend à affronter la vie sous la houlette de sa mère, du troupeau et d’un oiseau qui ne vole pas bien haut. Au cours de son périple, il va croiser toute une galerie de personnages : cet oiseau, donc, mais aussi un serpent forcément pas très sympathique et qui a du mordant, ou encore un léopard dont il va se rapprocher, même si ce carnivore représente une menace. Tout cela va le conduire sur la voie du guerrier.

Médiocre et addictif

Copieusement moqué à sa sortie, Niu Lai est devenu une légende qui a fait exploser le box-office chinois et littéralement envoyé le dernier Spider-Man aux oubliettes. Ce film-maison a déjà rapporté 6 millions de dollars au box-office chinois, alors qu’il n’est diffusé que dans 300 salles environ chaque semaine depuis sa sortie début août. Le film n’a même pas coûté 5 000 dollars et n’a bénéficié d’aucune promotion, hormis une affiche. La première semaine, le distributeur ne misait pas un yuan dessus. Il avait raison : seuls 236 Chinois ont payé pour le voir.

Alors pourquoi un tel succès pour un film qui ressemble à un délire entre potes sur Paint 3D ?

D’abord, les réseaux sociaux. Les scènes ont été tellement relayées qu’elles ont attisé la curiosité de la planète entière : des situations loufoques qui virent au comique, des expressions faciales hilarantes… Du navet, on passe au film culte (du veau) en quelques jours.

Ensuite, c’est addictif. Impossible de détacher les yeux de l’écran, même si on s’y ennuie un peu — beaucoup, même. On veut savoir ce qui va arriver à ce veau, à ses amis et à son troupeau. Va-t-il réussir à devenir courageux ?

Le courage, en tout cas, n’a pas manqué à Xin Yumeng et à son fils Sun Lifang. C’est la petite touche attendrissante derrière ce succès : producteurs du long métrage, ils occupent tous les postes. La mère a réalisé, monté et animé le film, tandis que le fils a écrit le scénario et composé la musique. Tous deux assurent les voix. Le tout leur a pris cinq ans.

La bonne nouvelle — ou pas — c’est que ce film d’1h25 pourrait bientôt arriver dans les salles françaises. Les salles de Singapour, elles, sont déjà prêtes pour sa sortie le 1er septembre. Et les fabricants de jouets sont sur les rangs pour décliner ce veau en star du merchandising.

Cynthia