Annecy 2026 : des courts-métrages plein la tête

Annecy 2026 : des courts-métrages plein la tête

Le festival du film d’animation d’Annecy 2026 est l’occasion, comme chaque année, de découvrir ce qui se fait de mieux en animation dans le monde, et aussi, une opportunité rare de visionner des courts métrages sur grand écran.

Palmarès 2026

Cette année, pas de pays à l’honneur, en raison de l’ouverture de la Cité internationale du cinéma d’animation, mais la programmation mettait en avant des pays de tous les continents avec une forte représentation de l’Europe et de l’Amérique, comme en témoigne le palmarès côté courts métrages.

En effet, la France reçoit 4 prix : Dieu est timide de Jocelyn CHARLES s’empare du prix du Jury ainsi que du prix du Public, Etienne BONNET est quant à lui récompensé du prix Alexeïeff – Parker pour Les Pelures d’Estomac tandis que la co-production France, Norvège, Suède, Finlande pour Please, réalisé par Anna MANTZARIS, obtient le prix Jean-Luc Xiberras de la première œuvre. Le reste des prix se partage ensuite entre les Etats-Unis et l’Allemagne, avec Paper Trail de Don HERTZFELDT qui rafle le Cristal du court métrage, et Core Dump d’Alona RODEH dans le classement des Off-Limits.

Pour ce qui est de la compétition étudiante, c’est un film signé Laurence THERIEN, Ball Face, du Royal College of Arts, qui est récompensé, à juste titre, du Cristal du film de fin d’études. Le prix du jury revient à Léa PULINI, qui nous vient de la Poudrière avec Les Dernières Braises. Enfin, le prix Lotte Reininger est attribué à une étudiante de la FAMU : Jamaica KINDLOVÁ pour Křehce.

Les prix spéciaux récompensent à nouveau Dieu est timide de Jocelyn CHARLES, qui obtient le prix Sacem pour une musique originale dans la catégorie court métrage. Le prix jury junior Canal+ est offert à Piccolo Piccolo de Marta GENNARI, tandis que le prix jeune public récompense Vers la forêt de Antonin NICLASS (qui reprend les marionnettes du long métrage Sauvage de Claude BARRAS).

Sundruð de Fan SISSOKO obtient le prix André Martin pour un court métrage français, Uka-Uka de Henri VEERMÄE reçoit le prix Arte pour un court métrage européen, le prix Vimeo staff Pick est attribué à Création de Belà KLINGL. Dans la compétition Midnight short, c’est Eclosion qui s’impose, You are not part of the cake de Ting-Jui Chen coiffe la compétition WTF et obtient le prix Titmouse, avec une mention du jury pour I have a de Rory Waudby-Tolley. Chez les étudiants, la mention spéciale du prix Warner Bros revient à Le pianiste de 12 pouces. Enfin le prix de la Ville d’Annecy est décerné au court d’Alice EÇA GUIMARÃES, Porque hoje é sábado.

La compétition officielle

Cette édition 2026 ne manquait pas d’aborder des sujets variés, avec des sélections sur des thématiques connues, ce qui n’enlèvre rien à leur intérêt (avec tout de même un regard majoritairement occidental). Il aura donc été question de transformations, de créations, de souvenirs, de changements, ou encore de relations, en conclusion : de la vie.

Une fugue d’Agnès Patron, un coup de cœur qui n’en est pas à son premier coup d’éclat

Après avoir été déjà remarqué dans plusieurs festivals à l’international, Une fugue d’Agnès PATRON continue de briller. Les bleu et vert en peinture s’animent pour conter la relation touchante d’un frère et d’une sœur qui s’évadent pendant la nuit, dans une forêt à l’esthétique fantastiquement poétique. Le lien qui les unit sera mis à l’épreuve lors de la disparition soudaine du frère aîné, laissant sa sœur à sa recherche. Naviguant pour le retrouver jusqu’à l’âge adulte, elle devra aussi trouver ses propres repères. Une belle histoire de fratrie et de disparition à travers le temps.

Les courts et la musique

Il n’est pas rare que le dessin s’allie à la musique en animation et parfois même jusqu’à concentrer toute une narration dans un phrasé musical. Les nombreux clips musicaux présents dans la compétition officielle, sont la preuve que ce genre a toute sa place.

Difficile de ne pas évoquer Danse macabre de Hisko HULSING, sur une musique de Chostakovitch, dont la lapidation publique en raison de son utilisation supposée de l’IA générative dans le processus de production a fait grand bruit pendant le festival. Le film s’est fait huer lors de sa première projection en salle, et une spectatrice très remontée a également insulté les organisateurs du festival qui l’avaient sélectionné. Une polémique qui n’est pas franchement nouvelle à Annecy, mais a pris cette année des proportions d’autant plus délirantes que le film est réalisé en peinture à l’huile (on pouvait découvrir certaines toiles lors d’une exposition organisée par sa société de production Autour de Minuit) et utilise une IA non générative pour créer certains effets – mais qui est révélatrice de l’état d’esprit de nombreux animateurs inquiets de voir leurs postes supprimés au profit de l’IA, alors que le secteur traverse déjà une crise économique importante. Les « scandales » font partie prenante de la vie des festivals, mais il est rarement indispensable de s’en prendre si frontalement aux créateurs.

Ceci étant dit, passons à d’autres courts-métrages musicaux qui méritent une mention particulière pour des qualités qui diffèrent de celles de l’indignation. Similaire narrativement à Please, Balconada d’Iva TOKMAKCHIEVA forge sa caractérisation par un dessin coloré et apaisant, ainsi qu’un final doux, qui nous ramène sans fracas dans un quotidien à nouveau équilibré. Sans trop de risque, à partir d’une idée minimaliste, ce court nous rappelle avec poésie, la difficulté de la vie urbaine de proximité.

De son côté, Adgwa-Ata de Zsuzsanna KREIF nous immerge dans un univers aux couleurs ultra-pop, pour raconter le passage à l’âge adulte des adolescentes. Pour réussir cette épreuve de la vie, elles doivent apprendre à dompter leurs serpents qui représentent à la fois une figure phallique et, dans le même temps, des valeurs de sagesse, de renaissance et de transformation, d’après la réalisatrice dans son interview lors de la Semaine de la critique à Cannes. Au-delà de cette alliance d’idées confuses autour du sujet du rituel de passage, il est surprenant de noter, dans un film qui parle de diktat et de normes sociales imposées aux jeunes filles, l’absence complète des hommes, rendant les « cheffes » du mouvement violent, moins compréhensibles et moins complètes dans leurs intentions. De plus, la représentation de cultures diverses (mélangées sans raisons, ni cohérence apparente) dont le seul but semble être de nourrir une esthétique cliché « exotique » et « sauvage », rappelle des habitudes un peu anciennes chez les Européens en mal de voyage. Cette utilisation des symboles d’autrui dans un décor fourre-tout, au service de problématiques occidentales, niant ainsi leur indissociable tissu culturel, marque un décalage dérangeant, qui rend d’autant plus confuse la lecture du film.

Dans la même thématique, La Madonne au fandango, relecture féministe et chantée de l’Histoire réalisée par Marcy PAGE, met en avant des icônes féminines internationales en mêlant pixilation, stop-motion et peinture sur les fameux azulejos portugais. S’il est toujours intéressant de rappeler les principes et valeurs du féminisme, on peut tout de même s’interroger sur l’absence de représentation claire de figures portugaises dans ce récit presque catalogue de femmes marquantes, alors que le médium semble être un appel aux origines de création du film. Il offre malgré tout un moment très agréable dans cette compétition, alliant pédagogie et musique sur un rythme entraînant.

Une vision cynique

Le festival n’a pas pour habitude de conserver l’idée que l’animation est seulement pour les enfants. La compétition off-limit ou encore WTF peuvent en témoigner, et les officielles ne dérogent pas non plus à la règle.

Certains s’amusent même avec cette frontière, entre le doux et l’amer comme Uka-Uka d’Henri VEERMÄE. À travers le regard d’un enfant très, voire trop curieux, on suit son quotidien : son ennui, sa relation avec ses grands-parents, jusqu’à ce que sa curiosité finisse par lui coûter cher lors d’une partie de cache-cache (Aïe). Un point de vue particulier sur cette qualité qu’on nomme souvent comme un défaut.

Two ice creams please de Jasmine ELSEN, nous emmène dans l’aventure de deux sœurs qui se sont perdues lors d’une balade dans la jungle. Alors que la faim commence à se faire ressentir tant les secours tardent à arriver, des visions glacées accaparent petit à petit l’esprit de l’une des sœurs jusqu’à troubler son discernement de la réalité. Le dialogue très vivant nous fait oublier la dangerosité de la situation, permettant ainsi une discrète montée en tension, tout en gardant le flou sur la résolution finale.

Plus doux mais sûrement plus amer : la guerre ternit nos histoires les plus belles et frustre nos débuts inachevés. Quand la mer était calme de Mamuka TKESHELASHVILI nous raconte avec nostalgie un désir qui n’a jamais eu de conclusion car stoppé par le conflit politique géorgien. Une histoire coupée (trop) court, qui montre la brutalité des absences engendrées par la guerre, sans qu’il ne soit non plus question de tragédie larmoyante.

Quand la mer n’est plus calme, le monde part petit à petit en fumée, voire jusqu’à brûler dans Please d’Anna MANTZARIS. Mais malgré une vision très cynique de la société, ce court inverse petit à petit la tendance pessimiste pour révéler un chaos de libération et d’amour dans un final musical enflammé. Cet éclatement de lâcher-prise lui aura valu de remporter un prix.

Ces films rappellent à quel point la stop-motion reste le médium parfait pour créer une ambiguïté et implanter une ambiance étrange, parfois proche du malaise.

Pour terminer en beauté sur le doux-amer de la compétition et la stop-motion : Paper Trail de Don HERTZFELDT nous raconte par écrit, le récit d’un enfant qui grandit, par ses dessins d’enfants, par ses évaluations scolaires, par ses correspondances. Le film commence par un enchaînement de dessins qui nous laisse dans le flou avant de révéler petit à petit son dessein. On suit une idylle grandissante entre deux adolescents qui deviennent adultes. Leur relation amoureuse sera malheureusement malmenée par la réalité capitaliste, contraignant le protagoniste à une vie lassante de répétitions industrielles fades. Si ce sont des mots et des bruits qui nous guident tout du long, on ne peut s’empêcher de plonger intensément dans l’histoire et de se sentir ému lorsqu’on comprend le dessein qui attend le jeune garçon devenu adulte.

Mention spéciale pour Création de Béla KLINGL 

L’animation est un art avant tout pluridisciplinaire : entre le mouvement, le dessin, la musique, le volume, le digital… Tout semble possiblement réalisable dans cet art si complet. Création est l’exemple parfait de cette particularité qui utilise la toile du peintre comme écran qui se remplit et s’évide de peinture numérique selon le déplacement d’un personnage. Les pleins et le vides s’alternent pour finir par s’entrelacer dans une danse apaisante et enivrante.

Off-limit, une compétition pétante

Une fois n’est pas coutume, la compétition off-limit 2026 n’a rien eu de reposant. Ce qui est particulier avec cette catégorie, c’est qu’elle est toujours inattendue : on ne sait jamais si on va rire, s’émouvoir, être terrifié ou bien électrocuté (ou s’endormir…). Il est clair que ces films ont en tout cas, une écriture très originale, accompagnés d’une ambiance sonore particulièrement intéressante.

Dans le style flicker film, le gagnant 2026 est très probablement XYZ d’Alexandre ALAGÔA qui enchaîne un nombre incalculable de photos. On déambule dans un labyrinthe bureaucratique sans fin, avec une pixilation qui s’intensifie par les bruits de clic qui accompagnent le film. Très vite on se sent enfermé, emprisonné : l’esclavage moderne nous a eus. Les couloirs tournent, les fenêtres tournent, peut-être que c’est nous qui finissons par tourner en rond finalement. C’est un film qui se ressent, d’autant plus en salles, et qui perd à être décrit par des mots.

Merrimundi de Niles ATALLAH est probablement le moment où le mot kidnapping a changé de sens, puisque nous nous sommes fait enlever par des chérubins chantants pendant 21 minutes. Dans un univers très étrange frôlant le malaise, on observe la construction et la déconstruction répétée de poupées fondantes, qui parlent plusieurs langues pour nous emmener dans une fable/karaoké déroutante. Un véritable ovni filmique qui finit par vous saisir malgré vous.

Une compétition étudiante proche de l’enfance

L’enfance est une période aux différentes teintes, dont nous avons tous un souvenir marquant. Que ce soit par la relation que nous entretenons avec nos parents, nos frères et sœurs, notre entourage ou bien l’imaginaire que nous avions, cette partie de nous-mêmes reste présente par la pensée jusqu’à l’âge adulte.

Lorsque nous sommes petits, nous vivons dans un monde avec des règles spontanées et éphémères, qui joue entre le réel et l’imaginaire. Si les plus grands savent faire le discernement du jeu et de la réalité, ce n’est pas forcément le cas des plus jeunes, qui tombent souvent dans les pièges des aînés. Le jour où j’ai léché un caillou de la grande équipe de la Mopa : Flavie ELIÉZER, Chloé BERNUCHON, Goli ATEFI, Maud KOLASA, Nathan JAUZE, Marie PIJOLLET frôle le format documentaire puisqu’on suit, en caméra embarquée, une fratrie qui souhaite briser son ennui avec un goûter. Leur mission est simple : traverser la forêt pour aller à la boulangerie. C’est sans compter sur la présence d’un monstre rôdeur qui les attend dans les bois, ou du moins selon la grande sœur et le grand frère de Pablo…

L’enfance n’est pas que douceur et amusement. C’est aussi pour beaucoup, une confrontation avec ses parents, parfois compliquée, qui s’accentue avec le temps et le passage à l’adolescence ou bien l’âge adulte. Soshite naifu o no shita de Sam Kuwa qui nous vient de la Tokyo University of The Arts nous ramène à ce sentiment de tension, de colère, d’injustice, face aux interdits et aux incompréhensions liées à la jeunesse. Dans ce film, le point de vue subjectif, l’esthétique et le rythme servent à explorer le ressentiment d’un garçon qui grandit, contre son père et ses règles. S’il écoute sans broncher, il ne respecte plus les lois imposées, jusqu’à atteindre un point de non-retour crucial pour son histoire familiale mais aussi personnelle.

Dans le même genre, chez Tama Art University : Slap de Yiling WANG met en opposition les divergences d’opinions d’un père et sa fille (même si on pourrait également penser à un fils au vu des designs des personnages) notamment sur la thématique du sexe. Entre hypocrisie et malaise du passage à l’âge adulte, le film explore la violence du rejet, de l’éducation mais aussi du châtiment physique.

RCA ( Royal College of Art) : une école qui plaît

Parmi les écoles présentes dans les compétitions, une anglaise sort particulièrement du lot : The Royal College of Art. En effet, sur quatre films sélectionnés, deux ont reçu un prix : Ball face de Laurence THÉRIEN et You are not part of the cake de Ting-Jui CHEN, et les autres ne sont pas non plus à laisser de côté. De plus, ces films présentent une diversité technique et narrative très riche pour un seul établissement, qui va de la peinture animée à la 3D en passant par la stop-motion et la 2D digitale.

Parmi les films récompensés, Ball face nous en met plein la vue avec ses déformations colorées et ses effets optiques. Sur un rythme maîtrisé, on suit le cours de sport d’un prof autoritaire et avec des directives précises : toujours rattraper le ballon. Alors quand une élève terrorisée par le sport doit affronter le retour de sa balle, il faut qu’elle fasse preuve d’ingéniosité. Ainsi, nous assistons avec humour à la transformation de l’élève en fleur éclatée, entraînant sa déformation mais solidifiant sa résistance, mais jusqu’où pourra t-elle tout encaisser sans broncher ?

Toujours dans la compétition étudiante, Mis-Angel de Wyatt CARSON en peinture animée et stop-motion allie sujet sociétal actuel : la transidentité, et plus global : le désir et les opportunités manquées. A partir d’un « Et si ? » on découvre l’étendue d’une douce amourette encore utopique, qui alterne métaphores et rêveries, d’une vie banale où le genre n’est pas un obstacle à l’amour.

Dans la compétition WTF, You are not part of the cake de Ting-Jui CHEN séduit par son esthétique à l’encre et en peinture. Autour d’un repas tendu entre une fille et le père homophobe de sa petite amie, les corps se transforment selon le rapport de force qu’exercent les personnages entre eux. Gâteaux, avions, danses et violences s’accordent pour entrer dans un processus de transformation, et de renouveau.

Mention spéciale pour Apprivoiser les phénomènes de Shunyuan YAO et A body without a horse de Lara FUKE

Provenant de l‘ESTONIAN ACADEMY OF ARTS, Apprivoiser les phénomènes étonne par sa forme multiple pour explorer le chaos. Imprévisible, on ne sait jamais quelle image sera la prochaine : le coq va-t-il s’envoler ou bien se métamorphoser en éléphant ? Alliant divers médium et esthétiques, relevant d’une grande technicité, nous sommes à la fois dans la confusion et l’admiration d’une telle imagination qui peut laisser un peu perplexe mais qui n’en captive pas moins notre attention tant le film est hypnotisant.

Dernière mention spéciale pour A body without a horse de Lara FUKE. Si le film est passé inaperçu au palmarès, on ne l’a pourtant pas oublié. Partant du cheval et de ses proches cousins, ce film explore tous les chemins possibles qui existent, plastiquement et narrativement, pour tenter de définir l’essence d’une identité. L’usage du papier et de la photo prend tout son sens dans la narration en se métamorphosant de multiples manières : transformation, pixilation, découpage… Négociant entre absurde et identité visuelle forte, ce court très complet utilise un langage nouveau pour nous parler de nous-mêmes – et c’est réussi !

On ne peut malheureusement pas écrire sur tous les courts ou même sur toutes les compétitions, mais il est primordial de signaler que les sélections Jeunesse, Perspectives ou encore WTF sont toutes aussi riches de propositions originales et intéressantes !

Le cinéma d’animation est un art toujours en mouvement, qui ne cesse de se mouvoir pour mieux évoluer. Chaque année, autour de cet événement, l’animation prend vie plus que jamais, et on aimerait que cette explosion d’animation à chaque coin de rue soit là au quotidien. Malheureusement, le festival d’Annecy ne dure que quelques jours. Cependant, bonne nouvelle malgré tout : de nombreux courts-métrages sont disponibles sur les plateformes (Arte, YouTube, Vimeo…) et beaucoup n’ont pas fini de faire le tour des festivals. On ne peut donc que vous souhaiter d’en voir le plus possible… pour avoir une envie encore plus grande d’en découvrir plein d’autres d’ici la prochaine édition du Festival !

Zoé Mottin