Marilyn Monroe | 11 chansons pour célébrer son centenaire

Marilyn Monroe | 11 chansons pour célébrer son centenaire

Marilyn Monroe n’a chanté qu’une trentaine de chansons et pourtant, grâce aux films, elles ont traversé le temps. Mieux, sa discographie constitue un raccourci saisissant de l’âge d’or de la chanson américaine. Un défilé des plus grands auteurs-compositeurs de la variété américaine : Irving Berlin, Cole Porter, George Gershwin, Jule Styne, Harold Arlen, Jerome Kern et le tandem Sammy Cahn / James Van Heusen. Tous des auteurs de standards américains qui ont écrit pour Judy Garland, Frank Sinatra ou Barbra Streisand.

Les Reines du music-hall (Ladies of the Chorus) – 1948

Toutes les chansons du film sont écrites par Allan Roberts et Lester Lee, le duo maison de la Columbia. On doit à Roberts les tubes de Gilda chantés par Rita Hayworth.

Monroe chante trois titres: Ladies of the Chorus, Anyone Can See I Love You, et surtout Every Baby Needs a Da Da Daddy. Ce dernier est le premier tube de l’actrice. Mais aussi son premier succès au cinéma en tant qu’actrice, avec ce second-rôle. Profitant de sa notoriété grandissante, le studio ressort le film en 1952, en plaçant son nom en tête du générique.

Enregistrements studios – 1953

En studio, cette année-là, elle enregistre deux chansons sirupeuses – Do It Again (George Gershwin / Buddy DeSylva) et She Acts Like a Woman Should – et une plus jazzy, A Fine Romance.

Cette dernière est de loin la plus connue. Bing Crosby, Fred Astaire, Count Basie, Louis Armstrong et Ella Fitzgerald, Sammy Davis Jr., Frank Sinatra et Lena Horne l’ont reprise.

Niagara – 1953

Avec sa chanson Kiss dans le film Niagara, sur une musique de Lionel Newman et des paroles de Haven Gillespie, elle obtient un succès notoire. C’est le seul titre chanté du film, et c’est aussi la première chanson « signature » de Marilyn, au point de donner son titre à plusieurs compilations. En cinq ans, l’actrice et chanteuse a su placer sa voix de manière à créer son style, à la fois sensuel et mélancolique.

Les hommes préfèrent les blondes – 1953

Mais en 1953, c’est surtout l’explosion de l’icone Marilyn. La comédie (musicale) la propulse au sommet du box office. Une usine à hits avec Bye Bye Baby, Two Little Girls from Little Rock, et When Love Goes Wrong. Les duos avec Jane Russell font mouche, mais c’est Marilyn qui prend toute la lumière.

D’autant qu’elle a son propre numéro, flamboyant et glamour. Diamonds Are a Girl’s Best Friend est LA chanson emblématique de toute sa carrière. Impossible de séparer l’artiste de cette chanson, la chanson de l’actrice. D’abord créée à Broadway en 1949 par Carol Channing, dans la comédie musicale originale, la version cinéma prend une toute autre dimension avec Marilyn, qui joue de son sex-symbol pour mener tous ses boys qui l’entourent (la chorégraphie a sans doute beaucoup aidé à la postérité du morceau). Emmylou Harris en version country (1983) et le medley Sparkling Diamonds de Nicole Kidman dans Moulin Rouge! (2001) ont fait perdurer le succès. Mais c’est évidemment l’hommage visuel de Madonna dans le clip du hit Material Girl (1985), recréant plan par plan la chorégraphie du film, qui démontre l’impact « pop » de Marilyn, plus de vingt ans après son décès.

Rivière sans retour – 1954

Les quatre chansons du film sont toutes écrites par Lionel Newman et Ken Darby : River of No Return, One Silver Dollar, I’m Gonna File My Claim et Down in the Meadow. Mais c’est bien la chanson titre du film, où Monroe est plus dramatique que jamais, qui a marqué les esprits. Au point de devenir le premier vrai succès discographique de Marilyn, vendu à 75 000 exemplaires. Notons d’ailleurs que la version de Tennessee Ernie Ford, sortie la même année, fut un plus grand succès commercial encore dans les charts américains. La chanson est ensuite devenue un standard.

La Joyeuse Parade (There’s No Business Like Show Business) – 1954

Dans ce film entièrement dédié au répertoire d’Irving Berlin, Marilyn chante Lazy, You’d Be Surprised, Heat Wave, A Man Chases a Girl, After You Get What You Want (You Don’t Want It), et le fameux There’s No Business Like Show Business.
Avec le temps, c’est le singulier Heat Wave qui est resté, sans doute parce qu’il s’agit du numéro le plus torride et le plus commenté du film.

À l’origine, la chanson avait été créée par Ethel Waters en 1933 dans la revue As Thousands Cheer ; et Ella Fitzgerald a enregistré une version bien plus intéressante dans son Irving Berlin Songbook (1958).

Arrêt d’autobus (Bus Stop) – 1956

Une seule chanson mais un gros tube à l’époque. That Old Black Magic est un standard de 1942 de Harold Arlen (musique) et Johnny Mercer (paroles), dont elle livre une version volontairement maladroite et bouleversante, en chanteuse de saloon.

Sa version supplante les précédentes, parmi lesquelles celles de l’orchestre de Glenn Miller (1943), de Sammy Davis Jr. (1955), du duo de Louis Prima et Keely Smith, récompensée par un Grammy en 1959, ou encore de Frank Sinatra, Ella Fitzgerald et Judy Garland.

Le Prince et la Danseuse – 1957

On l’aura compris. Contractuellement, le spectateur attend toujours une chanson de Marilyn dans ses films. Ici, elle en interprète une seule, I Found a Dream, de Richard Addinsell (musique) et Christopher Hassall (paroles). Avec le temps, le morceau est devenu le trésor caché de la discographie de Marilyn. Il faut dire que la chanson, prétexte, est très courte.

Certains l’aiment chaud – 1959

La comédie queer la plus drôle de tous les temps se déroule en 1929 et Marilyn incarne une musicienne/chanteuse. Elle reprend donc des chansons d’époque : Runnin’ Wild (1922), I’m Through With Love (1931), et la chanson titre Some Like It Hot.

Mais on connait surtout et avant tout le le séduisant I Wanna Be Loved by You, standard de 1928 d’Harry Ruby et Herbert Stothart (musique) et Bert Kalmar (paroles), presque sussuré. Son « boop-boop-a-doop » est devenu si légendaire qu’il devient la marque de fabrique de Marilyn. United Artists en fait même un single.

La chanson avait été créée en 1928 par Helen Kane, la chanteuse au « boop-boop-a-doop » qui inspira le personnage de Betty Boop. Marilyn lui rend donc un hommage direct. Mais sa version a tellement éclipsé l’originale que toutes les reprises ultérieures (publicités, films, hommages) imitent Marilyn et non Kane. Ironie du sort, Jane Russell, sa partenaire des Hommes préfèrent les blondes l’avait aussi chanté dans Gentlemen Marry Brunettes, film de 1955 oublié autant que sa version musicale. On entend aussi l’air dans un épisode de The Wednesday Play réalisé par Ken Loach et d’autres séries américaines (Gilligan’s Island, The Brady Bunch, The Golden Hirls, Family Matters). Plus bizarre, la chanson s’invite dans House of 1000 Corpses de Rob Zombie. Et puis Frank Sinatra, Patricia Kaas, Sinead O’Connor et tant d’autres l’ont reprise.

Le Milliardaire (Let’s Make Love) – 1960

Trois chansons originales de Sammy Cahn (paroles) et James Van Heusen (musique) – Let’s Make Love, Specialization, Incurably Romantic – ponctuent cette romance franco-américaine (à l’écran comme en coulisses) avec Yves Montand.

La reprise du classique de Cole Porter, My Heart Belongs to Daddy (1938, créée par Mary Martin pour Leave It to Me! à Broadway), ouvre le film dans une scène d’anthologie.

Ella Fitzgerald la reprend également dans son Cole Porter Songbook (1956), sans oublier la version très féline d’Eartha Kitt. Le sous-entendu sulfureux (et patriarcal) peut surprendre aujourd’hui. Mais après tout, les studios voulaient enfermer Marilyn dans ce rôle d’ingénue, séductrice, et soumise. Tout ce qu’elle n’était pas.

Madison Square Garden – 19 mai 1962

Happy Birthday, Mr. President soit l’adaptation du « Happy Birthday to You » des sœurs Mildred et Patty Hill. Sa dernière performance publique, et sans doute la plus mythique.

Ce moment est devenu un moment culturel, cité et parodié sans fin : des hommages télévisés aux clins d’œil à foison dans diverses créations, jusqu’à Kim Kardashian portant la robe originale au Met Gala 2022. C’est moins une chanson qu’une scène de la pop culture, qui sonne comme un requiem et annonce la mort tragique de la chanteuse comme celle du président.