Du 25 au 29 septembre, le Pathé Valenciennes accueille la 16e édition du Festival 2 Cinéma, dirigé par l’association Atmosphères. Plus de 50 films, deux compétitions (fictions et documentaires), une brochette d’invités d’honneur, parmi lesquels Robert Guédiguian et Ariane Ascaride, Félix Lefebvre, Françoise Lebrun, Patrick Doyle, Patrick Timsit et Bouli Lanners… À cela s’ajoutent trois masterclasses consacrées aux métiers du cinéma : la version française avec Hervé Icovic, la musique de film avec le compositeur Patrick Doyle, les costumes avec Anaïs Romand. Un choix qui fait écho à la volonté de la région qui, depuis une dizaine d’années, se construit une identité de terre de tournage.
À la présidence du jury fictions, on retrouve Radu Mihaileanu, réalisateur de Va, vis et deviens, Le Concert et La Source des femmes, qui aura, en bonus, une carte blanche. Philippe Béziat (Traviata et nous, Indes galantes, Nous l’Orchestre, Pelléas) préside le jury documentaires avec, lui aussi sa carte blanche. Les deux jurys décerneront leur Grand prix, prix du jury, et pour la fiction les prix d’interprétation. Les étudiants, le public et la critique remettront chacun un prix en fiction et en documentaire.
La sélection : des docus et des fictions
Côté fictions, huit films sont en compétition, dont le film d’ouverture Une femme aujourd’hui de Robert Guédiguian (avec Ariane Ascaride), L’Affaire Marie-Claire d’Yvo Muller et Lauriane Escaffre, projeté à Cannes, Club Kid de Jordan Firstman, récent Grand prix du jury et prix du public à Deauville, ou encore Vesna du Lituanien Rostislav Kirpičenko sur l’Ukraine occupée. Le chant des oliviers, Ce qui nous mène à toi, Les filles d’Abraham, Le faux soir et Du Fioul dans les artères, Queer Palm de la révélation cette année à Cannes, complètent ce programme.
Côté documentaires, huit titres également, parmi lesquels La Petite Classe de Laetitia Carton, le diptyque À vous de jouer / Chacun son tour d’Yves Jeuland sur le Conservatoire national d’art dramatique, ou La Vie extraordinaire de Robert Charlebois de Louis-Philippe Eno. Mais aussi Nos réparations de Jacques Maillot, Irish Travellers, Cœur secret et Popi ou l’état sauvage.
Le Festival a prévi également quelques avant-premières hors compétition (Mon fils président, Congo Boy, Moulin, 15/18, Butterfly jam), et en clôture Les jours d’après de Stéphanie Pillonca, une section famille solidement animée (Mochy, Carmen l’oiseau rebelle, Shaun le mouton, Le corset, …), et des célébrations pour Françoise Lebrun, Patrick Timsit et le lauréat du Prix Jeune Talent, Félix Lefebvre.
Une région de cinéma
La Région Hauts-de-France revendique 850 jours de tournage, 1 258 décors référencés et 1 500 professionnels dans son « guide de l’image » et s’appuie sur ses deux opérateurs : Pictanovo (production, écriture) et l’ACAP (éducation à l’image). Les Festivals de Valenciennes, d’Arras et de Séries Mania à Lille en sont les principales vitrines locales, et, comme dans les autres régions, sont essentielles pour la diffusion des films art et essai et l’éducation à l’image.
Reste que l’économie des festivals (et des collectivités) se fragilisent. Les conventions État-CNC-Régions qui financent la production en région ont reculé de 6 % en 2025, essentiellement parce que les collectivités locales ont réduit leur part de 9 %. Les Hauts-de-France s’en sortent mieux que la moyenne (-2 % en 2025 sur leur budget culture), mais les acteurs du secteur redoutent « un cercle vicieux d’asphyxie progressive« .
Dans un contexte où les financements de la production audiovisuelle (cinéma, télévision) publics comme privés se réduisent (pour cause de recettes en baisse), et où le patrimoine capte une grande partie des investissements culturels, il est urgent de défendre les festivals régionaux de cinéma (tels Valenciennes, Saint-Jean-de-Luz, La Roche-sur-Yon, …), dont l’utilité sociale est plus que jamais essentielle.
