Du 28 octobre au 7 novembre 2026, le Pink Screens Film Festival créé par l’association Genres d’à côté embrase la capitale belge d’un rose festif et bienvenu. Tout ça le temps d’une édition record avec des films sélectionnés et diffusés dans neuf lieux bruxellois, en plus de Liège et de Mons.

25 ans et toujours pas sages !
Tel est le mot d’ordre de cette édition qui a tout pour surprendre. La formule reste la même : fête d’ouverture, exposition, projections de longs métrages et de courts métrages internationaux, focus thématiques, ateliers et workshops, remises de prix et soirée de clôture. Mais ici et là, quelques nouveautés, à commencer par des trigger warnings ajoutés aux séances au contenu sensible. Car si à Cannes, on débattait déjà du poids de ces trigger warnings entre programmateurs. Pink Screens a tranché.
Sans prendre une ride – ou presque -, le Pink Screens continue ainis de dépasser les attentes des festivaliers et de ses organisateurs puisque la sélection a presque doublé en trois ans ! Passant ainsi d’une centaine de films en 2023, à plus de 150 films en 2025 et plus de 170 cette année. Dans un écosystème en mode survie et alors que les subventions fondent comme neige au soleil, ce festival fait preuve d’une insolence ahurissante.

Bruxelles au centre, la Wallonie en tournée
Preuve s’il en fallait une que ce festival de cinéma queer est devenu un incontournable de la scène culturelle bruxelloise, ces soirées de lancement et de clôture battent des records d’affluence et font vivre et connaître des lieux parfois perçus comme plus confidentiels. LaVallée pour le lancement quand les Halles de Schaerbeek pour la clôture attirent plus de 2.200 clubbeurs de tous bords.
Porté par plus d’une centaine de bénévoles, le Pink Screens s’offre des prolongations cette année. La rétrospective Pink Memories à la Cinematek, visible jusqu’au 30 novembre, est ainsi l’occasion d découvrir un catalogue particulièrement fourni. Avec notamment une vingtaine de classiques des années 1970, la Cinémathèque royale traite le cinéma queer comme une parti intégrante du patrimoine culturelle.
Du Cinéma Nova à l’Aventure en passant par les Galeries, le Palace, le Beursschouwburg, LaVallée, La Bellone, la Cinematek et Halles de Schaerbeek, sans oublier le Queer Market aux Grands Carmes, le Pink Screens occupe tout le centre-ville. Tandis que, dans la foulée, Du fioul dans les artères file au Sauvenière de Liège dès le 1er novembre, et qu’une séance de courts belges au Plaza de Mons aura lieu le 10. D’ici la prochaine édition, la Flandre attendra.

Entre films attendus et pépites dénichées
Sans surprise, ce sont les films qui devraient marquer les esprits. On pense notamment à La Bola Negra de Los Javis, véritable rouleau compresseur de l’année, soit 155 minutes de bonheur et un trigger warning évident : prévoyez les mouchoirs. Mais aussi Club Kid, le premier film de Jordan Firstman ! Les Bruxellois le découvriront le 29 octobre au Palace avant de se rendre à la Club Kid Party qui lancera les Jeudis du Pink à LaVallée. On appelle ça du timing !
Mais ce n’est pas tout puisque Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall, Prix Découverte de la Queer Palm à Cannes, sera projeté pas moins de 3 fois – la « faute » à une demande folle. Les festivaliers auront également le plaisir de voir Iván & Hadoum qui a reçu le Teddy Award du meilleur film à la Berlinale 2026, Feito Pipa, l’Ours de Cristal qui vise les Oscars, Twinless, le chouchou de Sundance ou encore Bouchra de Meriem Bennani et Orian Barki, film d’animation qui a fait craquer les jurys de Toronto à Göteborg. Côté courts métrages, impossible de ne pas mentionner l’hilarant Cockroach de Liliana Padilla et Justice Singleton, porté par un John Cameron Mitchell au sommet de son art comique.
Deux séances d courts Made in Belgium, quatre prix pour les courts dont celui de la Loterie Nationale pour le meilleur court belge et celui de la RTBF pour la fiction belge et voilà une nouvelle occasion de faire briller le cinéma noir jaune rouge. En amont, la RTBF met neuf courts des éditions précédentes en accès gratuit sur Auvio, l’équivalent belge de la plateforme France TV, dont Brûlure douce, prix RTBF 2025. Ajoutez à cela Why Do I See You in Everything? de Rand Abou Fakher, coproduction belgo-syrienne,et la Belgique queer n’aura jamais eu autant d’écrans. Ou comme on aime le dire : place au cinéma belge en vitrine et en streaming !
Vingt six ans après ses débuts, le festival reste ce qu’il a toujours été : l’endroit où Bruxelles se regarde en face, en jaune et fuchsia. Et vu le programme, Pink Screens n’a visiblement aucune intention de rentrer tôt.
Tout le programme du Festival ici.
