Cannes 2026 | Alexis Manenti en 4 étapes

Cannes 2026 | Alexis Manenti en 4 étapes

Alexis Manenti a commencé à être acteur, scénariste et réalisateur dans les courts-métrages de la bande Kourtrajme emmenée par Kim Chapiron et Romain Gavras. Ils ont tous fraîchement leurs vingt ans, soit l’âge des possibles. Quelques années plus tard avec le soutien fidèle de Vincent Cassel (à la production et en acteur principal), ils passent aux longs métrages, révélant une nouvelle génération de comédiens.

Les origines

D’origine corse et serbe, sacré mélange, le quadra a mis du temps à décoller. On le croise dans des petits rôles chez Fred Cavayé (Mea Culpa), les sœurs Coulin (Voir du pays, prix du scénario à Un certain regard), Fanny Ardant (Le divan de Staline), Tarek Boudali (Epouse-moi mon pote) et en policier ivre chez Daniel Roby (Dans la brume). Romain Gavras l’enrôle pour être un chauffeur Uber dans Le monde est à toi. On est en 2018.

L’année précédente, il a co-scénarisé un court métrage, Les Misérables, avec son porte Ladj Ly. Ils transforment le film en long. Sélectionné au Festival de Cannes en 2020 (prix du jury), le film fait l’événement, décrochant une nomination à l’Oscar du meilleur film étranger, remportant plusieurs Césars (dont celui du meilleur film) et valant deux nominations pour Alexis Manenti : Meilleur scénario, et Meilleur espoir masculin, qu’il reçoit. Il retrouvera Ladj Ly dans Bâtiment 5 en 2023.

L’envol

Pourtant, en voyant sa filmo, on continue de lui donner plutôt des petits ou seconds rôles (Poissonsexe d’Oliver Babinet, Enquête sur un scandale d’état et À son image (Quinzaine des cinéastes) de Thierry de Peretti, Dalva d’Emmanuelle Nicot, Semaine de la critique). Mais sa gueule et ce mélange de dureté, de vulnérabilité et de sensibilité lui offre des personnages très divers, y compris dans des films plus marquants comme Athéna de Romain Gavras, Diamant brut d’Agathe Riedinger (en coméptition à Cannes), Le ravissement d’Iris Kaltenbaäck (Semaine de la critique) ou le thriller Netflix Ad vitam de Rodlophe Lauga.

L’an dernier, Frédéric Farrucci lui permet de mettre à l’écran son héritage corse avec Le Mohican, un de ses rôles les plus éblouissants, où il incarne un berger corse qui s’oppose à un projet immobilier. Nicole Garcia l’enrôle également pour son nouveau film, Milo, avec Marion Cotillard, Théodore Pellerin et Artus.

Formats divers

Sur les écrans domestiques, Alexis Menentii s’est aussi imposé progressivement comme un acteur polyvalent, capable d’habiter des univers très différents. Il fait ses débuts sur le petit écran en 2015 dans la mini-série Panthers, où il incarne Rajko Popovic avant d’intégrer la distribution des Petits Meurtres d’Agatha Christie dans le rôle de David Krepps, un personnage qu’il reprend de 2015 à 2018. On l’aperçoit aussi au casting de la série Une île en 2019 puis celui de la production Netflix The Eddy en 2020, l’ambitieux projet du réalisateur Damien Chazelle, où il prête ses traits au personnage de Zijvko.

Il continue aussi de participer à de nombreux courts métrages, tel L’Homme qui ne se taisait pas, réalisé par Nebojša Slijepčević (Palme d’or du court-métrage, puis César du meilleur court-métrage de fiction, et nomination à l’Oscar du meilleur court métrage).

Doublé sur la Croisette

Alexis Manenti joue régulièrement dans les premiers films de nouveaux cinéastes. Cette année il est doublement présent au Festival de Cannes avec Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall à La Semaine de la Critique, et L’Espèce explosive de Sarah Arnold à La Quinzaine des Cinéastes. Un grand écart remarqué.

Dans Du fioul dans les artères, il incarne Étienne, un routier solitaire qui, lors de ses nuits sur les aires d’autoroute, cherche des rencontres furtives dans les bois avec d’autres hommes, jusqu’au jour où il croise Bartosz, un routier polonais, et voit naître quelque chose de plus profond. Le film s’inscrit dans une tradition du cinéma social à la française, mais sans pathos ni militantisme, préférant la chaleur humaine à la diatribe, pour livrer ce qui s’annonce comme une romance lumineuse et inattendue.

À la Quinzaine des Cinéastes, dans L’Espèce explosive de Sarah Arnold, il joue Fulda, un gendarme corse (again) muté dans l’Argonne pour raisons disciplinaires. il enquête sur la disparition d’un céréalier en faillite, tandis qu’une guerre entre agriculteurs et chasseurs fait rage autour de sangliers géants surnommés les Attilas. ce faux polar lunaire, quelque part entre comédie gringe et polar rural burlesque, flirte avec le cinéma d’Alain Guiraudie.

Deux rôles contrastés et taillés sur mesure pour l’acteur dans un cinéma indépendant en pleine effervescence.