
Cette année encore, le Festival de Cannes en a fait rêver plus d’un ! Le plus grand festival de cinéma au monde a ainsi attiré pas moins de 52 000 festivaliers accrédités (soit une hausse de 3% sur un an), désireux de croiser des stars et éventuellement de danser avec. Mais ça c’est de plus en plus rare : les carrés VIP sont de plus en plus cloisonnés. La soirée cannoise n’est plus ce qu’elle était, désormais concentrée sur les plages privatisées qui se ressemblent toutes, loin des lieux originaux ou des villas sur les hauteurs, servant les mêmes boissons gratuitement ou balaçant les mêmes sons tendance. Alors autant vous dire que pour entrer dans les différentes soirées, cocktails ou événements annexes, il y avait du monde. Sur les plages, près des palaces ou en terrasse de restaurants, voici 10 événements qu’il ne fallait manquer sous aucun prétexte.
Le couac pas queer : La Clôture de la Queer Palm (plage Vilebrequin)

Avec sa toute première co-présidence de l’histoire, on attendait énormément de la cérémonie de clôture mais le verdict du jury fût sans surprise : Silent Voices de Nadine Misong Jina été sacré côté courts métrages ; Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall a reçu le tout premier Prix Découverte et Teenage Sex and Death at Camp Miasma de James Schoenbrun a remporté le Graal et succède ainsi à La Petite Dernière de Hafsia Herzi. C’est du côté de la soirée en elle-même que le bât blesse – et pas qu’un peu… En effet, après la Plage du 3.14 en 2023, la Plage Magnum en 2024 et le Rooftop Plein Soleil en 2025, la cérémonie changeait encore de lieu. Direction la plage Vilebrequin ! L’endroit, spacieux et joliment décoré avait de quoi séduire. Mais après des années à filtrer la liste des invités, le lieu était loin d’être bondé à 23h au moment de l’annonce des lauréats. Plus encore, des problèmes de son ont empêché la DJ Anna la Chocha de proposer un set de qualité. Sa setlist constituait pourtant tout ce que le public de Cannes souhaite entendre en soirée : Madonna, Charli XCX, Rihanna, Cardi B, Aya Nakamura, Britney Spears, etc. Mais ne pouvant pas faire de transition entre les morceaux, elle s’est retrouvée à simplement passer de la musique… La présence d’une équipe technique sur place et la ferveur du public réduit n’ont rien pu faire. C’était une soirée playlist !
Quant à la présence de Gillian Anderson, venue récupérer la Queer Palm… à peine la fête lancée qu’elle avait disparu. De là à croire que nous avons rêvé sa présence, il n’y a qu’un pas ! Clou de la soirée : le bar. Les fêtes cannoises sont connues pour être une successions d’open bar mais les organisateurs de la Queer Palm ont cette fois opté pour un entre-deux un peu particulier. Un bar à champagne était ouvert jusqu’à précisément 23h56. Et l’on s’en souvient car sa fermeture a coïncidé avec le premier problème technique de la DJ ! Quant au bar « traditionnel », on se demande encore qui se paye un verre d’eau à 10€ et quels jeunes festivaliers se sont laissés tenter par les Spritz à 18€, compte-tenu de la queue pour atteindre la caisse (on paye avant) ! À notre départ, ne restaient donc que des festivaliers désireux de profiter de la dernière « grosse soirée » de Cannes jusqu’au bout et des (très) jeunes, éméchés au point de ne pas se rendre compte que Raya Martigny, seule membre du jury désireuse de danser jusque tard, ne pouvait pas se hisser sur le podium par leur faute. De notre désir d’interviewer tous les jurés ce soir-là ne subsiste que le sentiment d’avoir assisté à une fête ratée où même les journalistes de Canal+ et BFMTV venus couvrir l’événement ont été pressés, quand ils n’étaient pas également ignorés.
Wow ouah! : La Clôture de la Palm Dog (Plage du Festival)

Hasard du calendrier, la remise de prix coïncidait avec un trou dans notre planning de projections. Nous nous sommes donc rendus sur place avec beaucoup de curiosité, heureux de pouvoir assister à cet événement dont on entend toujours parler après-coup. Ici, pas d’alcool, pas de petits fours passés entre les invités, mais deux des friandises offertes pour les animaux et un maître de cérémonie absolument iconique. Toby Rose, critique de cinéma pendant plus de vingt ans, a en effet donné de sa personne et fait de son passage sur le podium un must-see. Flamboyant, doté d’excellentes réparties et d’un humour décapant, il a transformé une cérémonie de remise de prix en un événement fun et rigolo. Bref, voilà un MC que l’on aimerait voir plus souvent ! Quant au palmarès, que des évidences. Yuri de La Chienne de Dominga Sotomayor Castillo remporte la Palm Dog ; le Prix du Jury a été attribué à Lola dans Je vois des immeubles tomber comme la foudre de Clio Barnard et le Dogmantarian Award est allé au styliste des stars Brad Goreski. Entre les blagues canines, cette assistance hilare et en demande de plus, des retrouvailles avec des copains et quelques coups de foudre pour des animaux, on est ressorti de cette cérémonie plus que convaincus de l’utilité d’un tel prix et d’une telle cérémonie ! Chapeau bas. En attendant une Cat Palm?
10. Cocktail FestiCiné (L’Atrium)

Voilà un événement qui ne pouvait que nous convaincre. Installé dans le restaurant L’Atrium, ce moment ultra convivial entre programmateurs de festivals était l’occasion de célébrer FestiCiné, logiciel de gestion de festivals de cinéma ou de séries en intégrant sur une seule plateforme la programmation, les inscriptions de films, les accréditations, la billetterie, la gestion des invités, l’hébergement, les transports, les rendez-vous professionnels, etc. Malgré son horaire un peu délicat (17h le mardi d’ouverture du festival), les principaux intéressés étaient au rendez-vous.
Mais plus que ça, l’équipe a compris l’adage « les cinéphiles sont assoiffés. » Vin blanc, rosé, rouge ou des bulles, assiette de charcuterie et de fromage, il n’en fallait pas plus pour faciliter des conversations particulièrement riches et pertinentes sur le poids des trigger warning, la réception publique d’un film jugé « problématique » par les professionnels et les améliorations possibles du logiciel.
Impossible d’être déçu – même par la très brève apparition de Guillaume Calop, co-fondateur de FestiCiné et du festival Les Arcs. Lorsque nous sommes partis – un autre événement requérant notre présence -, l’esprit était plus que bon enfant pour la grande famille du cinéma mondial. De quoi nous donner envie de vite retrouver ce beau monde l’année prochaine !
9. La Clôture de la Semaine de la Critique (Croisette Beach)

Mais quelle soirée étrange… Pour terminer son festival, la Semaine a vu les choses en grand et tenté de réparer les erreurs de l’an dernier à commencer par un accès un peu plus strict. Résultat : une soirée où l’on pouvait se déplacer, papoter sur la plage, fumer en refaisant le monde et/ou se déhancher sur des tubes signées Madonna, Lykke Li, Abba, Carly Rae Jepsen, Whitney Houston, Larusso et Yeah Yeah Yeahs sans oublier les incontournables Bad Bunny, Aya Nakamura et Theodora ! Merci au DJ, l’adorable Baptiste Lagrave.
Tout partait bien mais la fête a perdu de son entrain lorsque le bar intérieur a fermé faute de bières restantes, que le bar à bière a connu un problème de fûts, contraignant une partie le public déjà éméché à se rabattre sur le bar à cocktails avec les risques que cela comporte…
L’autre grand problème de cette soirée se situait dans la gestion catastrophique des toilettes – comment ça le personnel du lieu ne sait pas s’il y a des urinoirs dans les toilettes ? Une soirée idéale pour être vu mais dont le temps sur place était limité par les capacités des vessies de chacun, et surtout de chacune. Bref, peut mieux faire !
8. Fier Gala x Têtu (Vertigo Motel Club)

Depuis 3 ans maintenant, l’esprit festif et convivial du Vertigo Motel Club pose ses bagages dans le club Skyfall le temps du festival.
Et il n’en fallait pas plus pour nous donner envie de revenir. La soirée Fier Gala x Têtu (partenaire de la Queer Palm) était l’occasion idéale. Et nous n’avons pas été déçus ! L’électro de Baptiste Lagrave et Dustin Muchuvitza a une fois de plus plu à des dizaines de festivaliers en quête d’un club pas trop regardant sur les tenues. Quant à la présence de Loa Mercury, un sacré carton !
Le Vertigo Motel Club était donc le bon endroit pour retrouver les camarades distributeurs qui avaient déjà fui les fêtes sur les plages pour un peu plus de discrétion et la possibilité de s’encanailler loin des spots trop forts. Coca ou London Mule, bière ou vodka, il suffisait d’y choisir son poison et de croiser des visages familiers pour y passer une bonne soirée. Une belle rencontre au bar et il n’en fallait pas plus pour que l’événement reste dans les annales.
En définitive, année après année, le Vertigo Motel Club continue de nous surprendre. Il est peut-être loin le temps où le tout-Paris gay se retrouvait au Vertigo de la Rue Rouguière pour se trémousser sur Rihanna, Katy Perry et Beyoncé mais les spectacles de drag nous rappellent que Cannes aura toujours besoin d’un endroit gay(-friendly) !
7. Le Silencio

Voilà un moment que l’on avait décidé de ne pas remettre les pieds au Silencio, convaincu que la grande époque était derrière nous. Puis l’un de nos amis – retrouvé à une autre soirée – nous a conté ses péripéties et il n’en fallait pas plus pour nous donner envie de retenter l’expérience. Et nous avons bien fait !
Car malgré ce que l’on a pu lui reprocher (décoration un peu ringarde, public majoritairement composé de vieux hommes accompagnés de très jeunes femmes), on s’y amusé toujours.
Les DJ sets de Sega Bodega et de Jehnny Beth figurent parmi les immanquables de cette quinzaine, de par la pertinence des samples et l’audace de leurs boucles. C’est aussi au Silencio que l’on a vu Camille Cottin, Thomas Jolly et Vincent Macaigne s’encanailler – séparément hein ! De quoi faire ressortir les fangirls et fanboys qui sommeillent en nous ! Espérons seulement que l’année prochaine, la sécurité sera un peu plus sympa.
6. La Quinzaine en Actions (C Beach)

Parce que la Quinzaine des Cinéastes multiplie les opérations d’accès à la culture et d’éducation à l’image par le biais de la Quinzaine en Actions, nous avions hâte de découvrir cet événement. Et on a bien fait de s’y rendre !
La plage du C Beach on commence à connaître mais voir le lieu investi par autant de jeunes, les yeux brillants à l’idée de vivre leur première soirée cannoise avait de quoi nous émouvoir. Un peu comme la setlist où se sont enchaînés les tubes de Theodora, Bad Bunny et Jul avant et après un concert de Josef Swatt, le grand gagnant de la saison de l’émission de Netflix Nouvelle école. Alcool consommé avec modération, cercles de danse entre amis et cette nouvelle édition de la Quinzaine était officiellement lancée – pour notre plus grand plaisir !
5. Cocktail Wallonie Bruxelles International (Plage du Majestic)

Voilà quelques années que l’on se retrouve sur la Plage du Majestic avec les copains belges, toujours fiers de pouvoir présenter et représenter un cinéma particulièrement foisonnant. Alors si Coward de Lukas Dhont et Notre Salut d’Emmanuel Marre étaient déjà sur toutes les lèvres avant le palmarès, cela n’a empêché personne de passer une excellent moment, assis sur un transat les pieds dans le sable ou près d’un mange-debout, vin et petit four en main. Si l’organisation de ce cocktail ne bouge pas, l’événement de cette année c’était la présence d’Élisabeth Degryse, la ministre-présidente de la Communauté française de Belgique. Cette dernière nous a offert un discours court et concis qui a donc permis de vite se remettre à discuter des cinéastes belges et des coproductions internationales, le tout face au coucher de soleil.
Côté boissons, bien que l’on regrette l’absence de véritables cocktails à un cocktail, on pouvait compter sur des valeurs sûres. Vin blanc, rosé et bière ont ainsi mis tout le monde d’accord ! À l’instar de ces deux bars, idéalement éloignés l’un de l’autre et qui permettaient de ne jamais se sentir agglutiné quelque part. Ne manque plus qu’un fond musical un peu plus prenant et on aura le cocktail dont tout le monde rêve.
4. La Clôture de la Quinzaine des Cinéastes (C Beach)

Chaque année, cette soirée est l’une des plus courues de la Croisette. Et pour cause, c’est toujours là qu’on y boit le plus et qu’on rit le plus. Cette fois encore, les organisateurs ont placé la barre haut afin de nous vendre du rêve.
Et c’était mission accomplie en raison d’une setlist proche de la perfection, mélangeant hip-hop (Eve), pop (Rihanna, Madonna), afro-caribéens (Sean Paul, Shaggy), electro (Kid Cudi, Daft Punk) et plus encore…
Des petits fours pour les petites faims et des alcools à profusion pour les grandes soifs (cocktails, absinthe, champagne, etc.) Seul bémol ce soir-là : le trop petit nombre de boissons sans alcool.
3. Sunset Live Sacem (Jardin Sacem)

En passionnés de musique que nous sommes dans l’équipe, l’invitation de la Sacem est arrivée à point nommé. Et parce que nous étions chanceux, ce n’est pas une mais 3 soirées géniales que l’hôtel Jardin Croisette a abrité pendant ce festival ! Le premier soir, il faut bien dire que nous étions pas mal entassés pour découvrir Yasmine Meddour et Pain&panik. Mais une fois la jauge mise en place et respectée, nous avons a-do-ré les performances d’Adrien Gallo et Reuss (jour 2) et de Yom & Don Turi et Camélia Jordana (jour 3).
Cette dernière, accompagnée des compositeurs Isabelle Laudenbach et Amine Bouhafa nous a offert un moment particulièrement intime, grâce à la découverte de la bande originale du film d’animation Carmen, l’oiseau rebelle. De quoi nous rendre très, très heureux et prêts à enchaîner sur une autre soirée. Le champagne, le bar à huîtres, la tranquillité de l’hôtel Jardin Croisette et la présence des enfants de Danny Boon ont fini de nous convaincre !
2. La soirée Talents Adami Cinéma (Rado Plage)

Il y a des soirées auxquelles on se rend sans attente particulière, sans requête spécifique. C’était le cas pour la soirée Talents Adami Cinéma organisée sur la Rado Plage – louée par Konbini et l’agence Cartel le temps du festival. Et le hasard a plus que bien fait les choses puisque cela demeure l’un de nos meilleurs souvenirs de ces deux semaines !
Une plage spacieuse, un piste de danse bien séparée du coin VIP, des feuillages ici et là pour un peu discrétion ou une discussion privée avec de jeunes comédiens, des serveurs parfaitement formés et nous aurions pu nous arrêter là. Mais ce serait oublier le clou du spectacle : les cocktails venus tout droit de Combat, le génial bar à cocktail du 19e arrondissement de Paris, foncée par la surprenante Margot Lecarpentier !
On vous recommande d’ailleurs l’excellent Goldie (Gin Tanqueray Melon, Vermouth Sec, Verjus de Raisin, Bitter Lavande) – à ne surtout pas enchaîner avec des doubles Gin Tonic évidemment… De quoi nous donner confiance et l’envie de danser jusqu’à la fermeture de la plage – ce que l’on a fait avec grand plaisir ! Il faut dire que le DJ set d’Eloi, spotlights presque tous éteints, était unique et dantesque à la fois. Son remix de « 2 On » de Tinashe résonne encore dans nos oreilles et nos cœurs.
1. L’Ouverture de la Quinzaine des Cinéastes (C Beach)

Quelle dinguerie ! Voilà la manière la plus efficace de résumer ce très beau bordel que la Quinzaine des Cinéastes nous a concocté pour sa deuxième grande soirée (après celle de la Quinzaine en actions).
Après un premier set très inspiré, c’est l’attachée de presse Catherine Giraud qui a pris le contrôle des platines pour notre plus grand plaisir. De Daft Punk à Buraka Som Sistema en passant par Aya Nakamura et Bad Bunny, elle a rendu complètement fou les centaines de festivaliers et professionnels réunis pour fêter ce début d 58e édition de la Quinzaine.
En plus d’un set particulièrement éclectique et fiévreux, force est de reconnaître que c’est l’une des rares DJ de ce festival à avoir su sentir son audience tout au long de son set !
Plage accessible et agréable, bars suffisamment fournis, boissons à volonté, entremets proposés ici et là, il n’en fallait pas plus pour faire de nous des invités heureux et conquis. Une fois de plus, c’est à la Quinzaine que l’on vit certaines des plus belles émotions du festival !
