
De Lukas Dhont à Pedro Almodóvar en passant par Jordan Firstman et Jeanne Herry, ce sont pas moins de 22 films – un record ! – qui abordent cette année des thématiques LGBTQ+ et/ou féministes.
Depuis le 30 avril et l’annonce de la sélection 2026 de la Queer Palm, l’envie de penser que la Croisette compte se mettre aux couleurs de l’arc-en-ciel est grande. Il faut dire que c’est la première fois que le prix se retrouve avec autant de candidats potentiels. Le dernier record remonte en effet à 2024 et ses 17 longs métrages nommés – Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde d’Emanuel Pârvu tirant son épingle du jeu face au Baby de Marcelo Caetano, à Emilia Perez de Jacques Audiard et Marcello mio de Christophe Honoré.

Une Compétition redoutable
Alors cette année, pour continuer à façonner « l’événement queer français le plus médiatisé à l’international » selon son fondateur Franck Finance-Madureira, la Queer Palm a mis les petits plats dans les grands à commencer par une grande première : la co-présidence d’Anna Mouglalis, actrice et musicienne, et de Thomas Jolly, acteur, directeur artistique et metteur en scène. Ils seront accompagnés dans leurs visionnages et leurs délibérations par Raya Martigny, artiste pluridisciplinaire et actrice, Jehnny Beth, musicienne et actrice, ainsi qu’André Fischer, créateur et directeur du Festival MixBrasil.
Il faudra compter sur une compétition forte (et pas juste numérique) pour espérer succéder à La Petite Dernière de Hafsia Herzi.

Du côté de la Sélection officielle, The Man I Love d’Ira Sachs et Coward de Lukas Dhont devraient créer le buzz. Le premier permet en effet à Rami Malek – qui remplace Ben Whishaw – d’incarner un artiste en couple dans le New York de la fin des années 1980. Tandis que le second nous transporte dans les tranchées en 1916 alors que le jeune Pierre fait la connaissance de Francis et qu’avec leurs compagnons d’armes, ils se lancent dans une revue théâtrale.
Ceci dit, la Queer Palm pourrait aller à un film espagnol ! L’Autofiction de Pedro Almodóvar a déjà tout du « mélodrama » à ne pas manquer grâce à Raúl – protagoniste doublement fictif -, un scénariste qui surmonte une panne d’inspiration en allant puiser dans sa vie avec son petit ami Santi et son assistante Monica.

De son côté, « Los Javis » (Javier Ambrossi et Javier Calvo) sont très attendus avec La Bola Negra, adaptation du roman inachevé de Federico Garcia (La Boule noire) qui retrace les vies de trois homosexuels dans l’Espagne de 1932, 1937 et 2017. Les deux cinéastes autrefois en couple et jurés de Drag Race Espagne ont réuni pour l’occasion la star d’Elite Miguel Bernardeau, Pénélope Cruz et Glenn Close (!).
Garance de Jeanne Herry a aussi toutes ses chances avec Adèle Exarchopolous en jeune actrice précaire à l’ambition pulvérisée par son alcoolisme risque de faire le buzz. Autre film français en compétition, La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet qui suit la rencontre inattendue entre une chirurgienne et une romancière.
Des sections et sélections parallèles à l’affût

Du côté d’Un Certain Regard, la comédie d’horreur Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun sur une réalisatrice queer, piégée dans le tournage d’une franchise, va nous donner des sueurs froides tout en rappelant l’utilité d’un genre à la vitalité hautement satisfaisante. D’ailleurs, en parlant de satisfaction, ola rumeur enfle sur Club Kid de Jordan Firstman ! L’acteur-scénariste-réalisateur débarque avec un premier long-métrage (dans lequel il Incarne le rôle principal) en forme de renaissance vertigineuse pour un organisateur de soirées underground qui découvre qu’il a un fils dont il doit s’occuper. Toujours à UCR, le film népalais Les éléphants dans la brume d’Abinash Bikram Shah nous fera découvrir les Kinnar, communauté de personnes du troisième genre (intersexes ou transsexuels).
Le cinéma d’animation n’est pas en reste puisqu’il nous est impossible de ne pas évoquer Jim Queen de Nicolas Athané et Marco Nguyen (en Séance de minuit) qui met en scène la réaction de la communauté LGBTQ+ parisienne lorsque celle-ci est menacée par un virus qui rend les gens hétérosexuels. Avec les voix de François Sagat, Philippe Katerine et La Briochée de Drag Race France, rien que ça !

À la Semaine de la Critique, le sensuel et sensoriel La Gradiva de Marine Atlan fait office de must-see. Peut-être parce que son groupe d’étudiants français en voyage scolaire à Naples où ils succombent à leurs désirs et colères nous rappellera quelques souvenirs.
A l’ACID, le film documentaire Cœur secret de Tom Fontenille va enrager les rageurs. Le cinéaste filme sur plusieurs années, la transition de Lilou, son père de 64 ans, et la manière dont leur famille intègre (ou pas) cela.
Enfin, du côté de la Quinzaine des cinéastes, seul Clarissa de Chuko Esiri et Arie Esiri prétend à la Queer Palm. Le film aborde ainsi comment une femme de la haute société lagosienne se replonge dans ses souvenirs de jeunesse – avec son lot de relations complexes, d’amours passionnées et de désirs cachés.

En Compétition
The Man I Love d’Ira Sachs
Quelques jours à Nagi de Kōji Fukada
Garance de Jeanne Herry
Coward de Lukas Dhont
Autofiction de Pedro Almodóvar
La Bola Negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo
La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet
Un Certain Regard
Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun
Club Kid de Jordan Firstman
Les Éléphants dans la brume d’Abinash Bikram Shah
Séances spéciales
Les Matins merveilleux d’Avril Besson
Tangles de Leah Nelson
Séances de minuit
Jim Queen de Nicolas Athané et Marco Nguyen
Roma Elastica de Bertrand Mandico
Cannes Première
Marie Madeleine de Gessica Généus
Cannes Classics
L’Âge d’or de Bérenger Thouin
La Semaine de la Critique
Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall
La Gradiva de Marine Atlan
Seis Meses en el Edificio Rosa con Azul de Bruno Santamaría Razo
ACID
Cœur secret de Tom Fontenille
Virages de Céline Carridroit et Aline Suter
La Quinzaine des cinéastes
Clarissa de Chuko Esiri et Arie Esiri
